Autres dossiers 2025
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L’avenir du pôle de croissance Montfort – lac Saint-Victor – lac Notre-Dame
La présente note vise à qualifier la nature du pôle de croissance formé autour des lacs Saint-François-Xavier (district 5), Saint-Victor et Notre-Dame (district 6), et à proposer une lecture cohérente de son évolution probable en matière de services, afin d’éclairer les choix futurs de planification territoriale et d’investissements publics. Elle ne constitue ni un plan d’aménagement ni un projet de développement commercial, mais un cadre d’orientation permettant d’anticiper les effets de la croissance résidentielle observée.
Nature du pôle, trajectoire de développement et enjeux de services
A) Un pôle en croissance, fortement dépendant de l’extérieur
Les données disponibles (projets acceptés au PIIA, rôle d’évaluation foncière, dynamique résidentielle récente) montrent que ce secteur constitue actuellement le principal moteur de croissance résidentielle de Wentworth-Nord.
Toutefois, cette croissance :
- s’est développée sans noyau commercial structurant ;
- demeure fortement dépendante de pôles externes (Montréal, Saint-Sauveur, Morin-Heights) pour l’approvisionnement, les services et l’emploi ;
- repose sur une population composée de villégiateurs, de résidents bi-ancrés et de nouveaux résidents permanents, dont les habitudes de consommation sont largement extraterritoriales.
👉 La valeur résidentielle est importée, mais la dépense quotidienne fuit le territoire. C’est typique d’un territoire résidentiel de destination, pas d’un village-centre.
L’absence de commerces privés locaux n’est donc pas un échec du développement, mais une conséquence logique d’un modèle résidentiel encore incomplet sur le plan fonctionnel.
B) Une croissance réelle… mais spatialement diffuse
Le développement se fait :
- autour de trois lacs distincts,
- par grappes résidentielles,
- avec des usages saisonniers encore significatifs.
👉 Cela retarde mécaniquement l’émergence spontanée de commerces privés.
Un pôle résidentiel satellitaire
Au regard de ses caractéristiques, le pôle Montfort – lac Saint-Victor – lac Notre-Dame s’apparente à un pôle résidentiel satellitaire, dont les services émergent avec décalage par rapport à la croissance démographique.
Ce type de pôle se caractérise par :
- une croissance résidentielle rapide, mais diffuse ;
- une importation de capital résidentiel (ménages, valeur foncière) ;
- une demande locale en services réelle, mais fragmentée ;
- une émergence tardive et progressive de services de proximité, souvent hybrides.
Un seuil critique encore incomplet
Même avec :
- ~116 nouveaux résidents (2021-2025),
- un projet de 40+ unités locatives à l’orée du secteur,
on reste probablement sous le seuil nécessaire pour :
- un dépanneur de chaîne viable à l’année,
- une clinique privée permanente,
- une offre commerciale diversifiée.
👉 La croissance est suffisante pour créer de la pression, mais pas encore pour créer un marché local captif.
Trajectoire probable de développement des services
Sur la base de modèles comparables observés ailleurs, l’évolution du pôle peut être envisagée selon trois phases successives.
Phase 1 – Résidentielle dominante (phase actuelle)
- Accent sur la construction résidentielle.
- Pression croissante sur la voirie, la sécurité et les équipements communautaires.
- Dépendance quasi totale aux services externes.
- Absence de seuil critique pour des commerces permanents.
Phase 2 – Services opportunistes et hybrides (moyen terme)
- Apparition possible de services de proximité à vocation multiple :
- dépanneur de petite taille,
- café-comptoir ou point de rencontre,
- services privés partiels (santé, bien-être),
- relais de services (colis, essence minimale, services saisonniers).
- Ces services sont généralement :
- portés par des acteurs externes ou coopératifs,
- sensibles à la population permanente plutôt qu’aux seuls villégiateurs.
Phase 3 – Micro-centralité planifiée (long terme, conditionnelle)
- Possible seulement si :
- un secteur précis est reconnu comme lieu de services,
- le zonage et les usages y sont adaptés,
- la municipalité assume une vision minimale de structuration.
- Il ne s’agit pas d’un centre commercial classique, mais d’un nœud fonctionnel local, à faible intensité.
Localisation probable des services : un décalage par rapport au noyau historique
L’analyse spatiale suggère que les services privés, s’ils émergent, ne s’implanteront pas prioritairement dans le village de Montfort :
- Montfort est déjà identifié comme pôle communautaire, pas économique;
- l’espace y est contraint;
- la croissance se fait surtout autour des lacs Saint-Victor et Notre-Dame;
- le réseau routier et la fréquentation sont plus favorables autour de ces derniers.
- à proximité des secteurs où la croissance résidentielle est la plus soutenue,
- autour des lacs Saint-Victor et Notre-Dame,
- le long des axes de circulation les plus fréquentés.
Ce décalage entre le pôle communautaire historique (Montfort) et une éventuelle centralité de services constitue un enjeu important de cohérence territoriale à anticiper.
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Enjeux pour la planification municipale
Sans orientation explicite, la municipalité risque :
- de subir une croissance résidentielle sans structuration fonctionnelle ;
- de multiplier les pressions sur les équipements publics sans relais privés ;
- de voir émerger, de manière opportuniste, des usages non planifiés.
- d’ajuster les outils de planification sans promouvoir une urbanisation intensive ;
- de distinguer clairement les fonctions communautaires et économiques ;
- de préparer l’émergence graduelle de services compatibles avec le caractère du territoire.
Par ChatGPT, inspiré de Carl Chapdelaine
Croissance résidentielle et priorités d’investissement à Wentworth-Nord
Note : La statistique officielle, celle du Recensement du Canada ou de Statistique Québec, calcule ou estime des chiffres de population, i.e. les résidents permanents du territoire désigné. Dans les Pays-d’en-Haut, et particulièrement à Wentworth-Nord, où le nombre de villégiateurs dépasse celui des résidents permanents, appliquer cette statistique à l’attribution de divers programmes gouvernementaux, à des analyses démographiques, à l’évaluation des infrastructures adéquates ou autre, comporte un biais majeur. Il importe donc de substituer le nombre de résidents, permanents ou villégiateurs, à celui de la population, ce que tente notre approche et qui devrait guider les autorités publiques. L’évolution de la construction résidentielle est l’élément majeur qui nous permet une telle démarche.
L’intelligence artificielle, celle ici de ChatGPT, s’offre comme un outil de calcul, d’analyse, de projection, inestimable. Elle ne peut toutefois s’exécuter qu’en fonction des données dont elle dispose. Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de juger de la justesse de son raisonnement, de ses analyses, de ses conclusions. Dans notre article, nous nous sommes permis d’ajuster ou de retrancher certains apports de ChatGPT jugés hasardeux, sans que, à regret, le lecteur ne puisse identifier l’auteur de l’un ou l’autre argument. Notre démonstration mériterait donc d’être reprise par les autorités compétentes.
Des données claires, des choix à assumer
Depuis 2021, Wentworth-Nord connaît une croissance résidentielle réelle, mesurable et déjà engagée, notamment par l’acceptation de projets de construction dans le cadre du Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA). Cette croissance ne relève pas de projections théoriques : elle découle d’autorisations accordées et reflète une dynamique effective de développement.
L’analyse croisée de ces trois sources — Plan d’urbanisme, projets PIIA et rôle foncier — permet de dépasser les lectures partielles. Le Plan d’urbanisme fixe un cadre et des orientations; les PIIA révèlent la dynamique réelle du développement autorisé; le rôle d’évaluation en mesure les effets fiscaux concrets. Pris ensemble, ces documents dessinent une trajectoire territoriale déjà engagée.
Entre 2021 et 2025, environ 128 projets de nouvelles habitations ont été acceptés. En retenant une hypothèse prudente et transparente de deux résidents par habitation, cette période annonce une augmentation estimée d’environ 256 nouveaux résidents à l’échelle de la municipalité. Ce nombre pourrait être plus élevé si ces ménages, plus jeunes que la moyenne dans Wentworth-Nord, comportaient des enfants. Dans un territoire faiblement peuplé comme Wentworth-Nord, un tel apport représente un changement structurel à court terme.
Cette croissance est toutefois différenciée selon les secteurs.
• Le secteur de Montfort se démarque nettement. Avec environ 58 projets acceptés, correspondant à près de 116 résidents additionnels, pour un nombre de résidents de référence d’environ 1 220 en 2021, la croissance projetée atteint près de 9,5 % en quatre ans.
• Le secteur de Saint-Michel suit avec environ 47 projets, soit près de 94 résidents additionnels, pour un nombre de résidents de référence d’environ 1 495 personnes.
• Le secteur de Laurel, plus stable, compte environ 23 projets, soit près de 46 résidents additionnels, pour un nombre de résidents de référence comparable à celui de Montfort.
Secteur Croissance estimée 2021–2025
Montfort +9,5 %
Saint-Michel +6,3 %
Laurel +3,8 %
Note : Ces projets ne se réaliseront pas tous pendant la période 2021-2025, mais d’autres, annoncés avant, se seront alors concrétisés. Le taux de croissance assumé souffre donc d’un certain décalage dans le temps et contient une marge d’erreur conséquente. Toutefois, les données du PIIA pour 2020 confirment déjà la prédominance du secteur de Montfort.
Ces écarts traduisent une réalité territoriale claire : Montfort connaît une intensité de croissance supérieure, Saint-Michel une croissance modérée, et Laurel une croissance plus limitée. Il s’agit d’une dynamique observée et non d’un scénario hypothétique. Ces écarts ne sont pas anecdotiques. Ils se traduisent par des pressions inégales sur la voirie locale, la gestion du territoire et les équipements collectifs.
Parallèlement, cette croissance génère un effet souvent sous-estimé dans le débat public : l’augmentation de l’évaluation foncière. Les nouvelles constructions, principalement résidentielles, contribuent à élargir l’assiette fiscale municipale et à accroître, à moyen terme, les revenus de taxation. Et, on est loin ici du petit chalet saisonnier sur pilotis. La croissance n’est donc pas seulement un facteur de coûts ; elle constitue aussi une capacité de financement future, variable selon les secteurs.
Le Plan d’urbanisme, consolidé en septembre 2024, reconnaît plusieurs de ces enjeux. Il confirme la vocation résidentielle de certains secteurs, encadre le développement autour des lacs, maintient une faible densité globale et identifie des pôles communautaires à consolider, notamment dans le secteur de Montfort. Il s’agit toutefois d’un document d’orientation. Le Plan ne fixe ni priorités budgétaires, ni calendrier d’investissements, ni arbitrage financier entre les secteurs.
C’est à ce niveau qu’un décalage devient visible. Le Budget municipal et le Programme triennal d’immobilisations (PTI) traduisent principalement des contraintes à court terme, dominées par des dépenses incompressibles, en particulier en voirie. Ils intègrent peu explicitement la croissance différenciée des secteurs et ses effets prévisibles à moyen terme. L’absence d’inscription claire de certains équipements communautaires, même à l’étape des études, donne l’impression que des décisions structurantes sont reportées plutôt que planifiées.
L’enjeu n’est pas de favoriser un secteur au détriment des autres. L’équité territoriale ne signifie pas que chaque secteur puisse recevoir la même chose, mais que les décisions doivent reposer sur des critères transparents et cohérents : population de résidents actuelle, croissance observée, pression sur les services, capacité fiscale générée et état des équipements existants.
Dans cette perspective, il apparaît raisonnable et responsable que la municipalité reconnaisse officiellement la croissance différenciée de ses secteurs dans ses outils de planification, tel le PTI.
Comment le conseil devrait établir budget et PTI à la lumière de ces constats (par ChatGPT)
Principe fondamental : dissocier fonctionnement et rattrapage structurel
Deux réalités incontournables :
• la voirie absorbe ≈ 50 % du budget,
• les pavillons communautaires sont des passifs différés majeurs.
Le conseil devrait donc raisonner sur trois enveloppes distinctes :
1. Services de base et entretien courant
→ répartition surtout liée :
o au nombre actuel de résidents,
o à la superficie et à l’état du réseau routier.
2. Pression de croissance (nouvelle demande)
→ liée à :
o l’augmentation du nombre de résidents,
o l’intensité des nouveaux usages.
3. Rattrapage patrimonial et communautaire
→ logique différente :
o état physique des bâtiments,
o rôle social,
o capacité de mobilisation locale.
C’est une erreur fréquente de vouloir tout financer avec la même clé de répartition.
Planifier la croissance, c’est précisément éviter qu’elle devienne une contrainte imprévue. À Wentworth-Nord, les données sont disponibles, les tendances sont claires et documentées. Il appartient aux instances municipales de traduire cette réalité dans une planification cohérente, prudente et équitable pour l’ensemble du territoire.
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🔍 Encadré méthodologique — D’où viennent les chiffres ?
L’analyse repose sur les projets de construction résidentielle acceptés par la municipalité dans le cadre des Plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) entre 2021 et 2025. Ces projets constituent des décisions municipales déjà prises et reflètent une intention réelle de développement.
Pour estimer l’impact démographique, une hypothèse prudente et transparente de deux résidents (= un ménage) par nouvelle habitation a été retenue. Les résultats sont ensuite analysés par secteur (Montfort, Saint-Michel et Laurel) et rapportés au nombre de ménages de référence issu des données du recensement de 2021, afin de mesurer l’intensité relative de la croissance plutôt que de simples volumes bruts.
Scénarios illustratifs à l’horizon 2035 (par secteur)
À partir des rythmes observés entre 2021 et 2025, des scénarios extrapolatifs prudents ont été élaborés jusqu’en 2035. Ces scénarios ne constituent pas des prévisions démographiques, mais des outils de réflexion permettant d’évaluer la robustesse des infrastructures et la cohérence des investissements à moyen terme.
Cf. Tableau annexé
Note sur le tableau annexé : La répartition des résidents par secteur est estimée à partir de la distribution des électeurs en 2021 et extrapolée dans le temps, selon les pourcentages de la croissance 2021–2025 indiqués plus haut.
À dynamique comparable :
• Montfort demeurerait le principal moteur de croissance résidentielle, avec une augmentation cumulative de 37% en 2035, par rapport à 2021, accentuant la pression sur les équipements communautaires existants.
• Saint-Michel, avec une augmentation cumulative de ≈ +24 %, poursuivrait une croissance modérée, compatible avec un rôle de pôle établi, mais nécessitant des ajustements ciblés.
• Laurel, avec une augmentation cumulative de ≈ +14 %, conserverait un profil plus stable, avec des besoins principalement liés à l’entretien plutôt qu’à l’expansion.
Montfort n’est pas un secteur à croissance modérée, mais bien celui dont la croissance relative est la plus forte à l’horizon 2035, même s’il demeure derrière Saint-Michel en volume absolu.
Ces scénarios confirment que, même sans accélération supplémentaire, la croissance déjà autorisée suffit à créer des déséquilibres si elle n’est pas intégrée à la planification.
Document: L’Énoncé de vision stratégique – 2035 de la MRC, en matière d’Aménagement du territoire.
Analyse de ChatGPT, restructurée par Carl Chapdelaine
Construction De Maisons À Wentworth-Nord, PIIA vs rôle, Par Année Et District
Constructions recensées : rôle d’évaluation et PIIA
« Depuis 2019, nous (Évimbec) avons porté au rôle 151 nouvelles constructions à Wentworth-Nord » (Planche 15) Le décompte semble s’arrêter en cours d’année 2025. De leur côté, les données du PIIA totalisent 150 projets de construction de bâtiments principaux acceptés entre 2020 et 2025. Malgré le léger décalage temporel entre projets autorisés et constructions réalisées, les ordres de grandeur sont remarquablement cohérents.
(Tableau et graphique ci-haut)
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Valeur foncière et limites des comparaisons
Évimbec publie également le prix médian des propriétés construites par secteur pour la période 2019–2024. En 2024, ce prix est le plus bas dans le secteur de Saint Michel (310 k$), mais en forte progression. Il est le plus élevé à Montfort (500 k$), avec une croissance plus modérée. À Laurel, le prix médian atteint 365 k$, après une forte hausse observée en 2023.
Il serait théoriquement possible d’associer une valeur foncière à chaque projet PIIA afin de suivre l’évolution des prix, mais une telle analyse exigerait d’attendre la réalisation complète de chaque projet. De plus, les révisions périodiques du rôle d’évaluation compliquent les comparaisons longitudinales, ce qui limite la portée analytique d’un tel exercice.
Répartition de la population par district : méthode d’estimation
Évimbec ne disposant pas de données démographiques détaillées par secteur, certaines variables — notamment l’accroissement de la population — ne sont disponibles qu’au niveau municipal (+19,9 % de 2019 à 2024) ou à celui de la MRC.
Il y aurait sans doute lieu, pour les autorités municipales et supramunicipales, d’établir les six districts comme secteurs statistiques de référence, de les regrouper ensuite en trois secteurs (Saint Michel, Laurel et Montfort), comme dans le Plan d’urbanisme, et de leur attribuer systématiquement les statistiques disponibles. À l’heure actuelle, le Plan reconnaît des caractéristiques propres à chacun des trois secteurs; mais il ne fait aucune mention des six districts électoraux.
Le nombre de nouvelles constructions réalisées (selon le rôle d’évaluation) ou projetées (selon le PIIA) constitue un indicateur pertinent pour estimer l’augmentation du nombre de ménages à Wentworth-Nord. En appliquant la taille moyenne des ménages observée au Recensement de 2021 — près de deux personnes par ménage —, on peut en déduire une approximation du nombre de résidents supplémentaires, qu’ils soient permanents ou villégiateurs.
Ainsi, les 151 nouvelles constructions recensées de 2019 à 2024 correspondraient à environ 302 résidents additionnels (151 × 2 ≈ 302), sous réserve d’un ajustement à la baisse lié à l’abandon éventuel de certains bâtiments existants.
Base de répartition spatiale : clé électorale
Le règlement 2016-464-1, relatif à la carte électorale de Wentworth-Nord, fournit la répartition suivante des électeurs par district (probablement fondée sur le décret de population publié le 26 décembre 2019) :
• District 1 : 360 électeurs (18 %)
• District 2 : 402 (20 %)
• District 3 : 305 (15 %)
• District 4 : 309 (16 %)
• District 5 : 302 (15 %)
• District 6 : 312 (16 %)
Total : 1 990 électeurs (100 %)
Nous supposerons ici que la répartition des résidents de Wentworth-Nord par district correspond à celle de ses électeurs; ce qui est plus que probable. Appliquées à ses 1 968 logements (= ménages) recensés en 2021 (dont 896 occupés par des résidents habituels), c’est-à-dire à environ 3 936 résidents (permanents ou villégiateurs), ces proportions permettent d’estimer leur répartition comme suit :
• District 1 : ~708 résidents
• District 2 : ~787
• District 3 : ~590
• District 4 : ~630
• District 5 : ~590
• District 6 : ~630
• Total : ~3 936
Accroissement résidentiel estimé (2021–2025)
Selon le PIIA, 128 projets de construction ont été acceptés entre 2021 et 2025 (période de quatre ans). Toujours en supposant deux résidents par projet (= par ménage), cela correspond à environ 256 résidents additionnels à Wentworth-Nord. Toujours malgré le décalage temporel entre projets autorisés et constructions réalisées, on peut émettre que, en prenant comme référence le nombre de 3936 résidents dans la municipalité en 2021, ce sera une augmentation, de 6,5%, en quatre ans.
Selon les estimations de l’Institut de la statistique du Québec, la population de la municipalité aurait, pour sa part, crû de 6,9%, de 2021 à 2025. Tout en appuyant notre hypothèse sur l’évolution du nombre de ses résidents, c’est une forte correction à la baisse par rapport à la période de 2019 à 2024, citée par Évimbec, avec un accroissement estimé de 19,9% de sa population. (L’épidémie de Covid 19, le télétravail et la conversion de résidences secondaires en résidences permanentes ont été associés comme principaux facteurs à l’origine de cette fluctuation.)
Par secteur géographique
Wentworth-Nord
Projets 2021–2025 : 128→ ~256 résidents
Population de référence (2021) : ~3 936 résidents
Croissance estimée : +6,5 % en quatre ans
Nb de résidents en 2025 : ~4 192
Secteur Montfort (districts 5 et 6)
Projets 2021–2025 : 58 → ~116 résidents
Population de référence (2021) : ~1 220 résidents
Croissance estimée : +9,5 % en quatre ans
Nb de résidents en 2025 : ~1 336
Secteur Saint Michel (districts 1 et 2)
Projets 2021–2025 : 47 → ~94 résidents
Population de référence (2021) : ~1 495 résidents
Croissance estimée : +6,3 % en quatre ans
Nb de résidents en 2025 : ~1 589
Secteur Laurel (districts 3 et 4)
Projets 2021–2025 : 23 → ~46 résidents
Population de référence (2021) : ~1 220 résidents
Croissance estimée : +3,8 % en quatre ans
Nb de résidents en 2025 : ~1 266
Ces résultats suggèrent une intensité de croissance nettement plus élevée à Montfort, suivie de Saint Michel, puis de Laurel.
Scénarios illustratifs à moyen et long terme (limite 2035) (Corrections)
Les extrapolations à long terme doivent être interprétées avec prudence. Elles ne constituent pas des prévisions, mais des scénarios théoriques à rythme constant, construits uniquement à des fins illustratives.
Dans cette optique, il est proposé de limiter l’horizon d’extrapolation à l’année 2035, soit une dizaine d’années au delà de la période d’observation récente. Cette limite réduit les risques d’interprétation abusive et demeure compatible avec les horizons usuels de planification municipale.
En prolongeant les rythmes observés entre 2021 et 2025 jusqu’en 2035, on obtient les ordres de grandeur suivants :
• le secteur Montfort atteindrait environ 1 496 résidents vers 2030 et 1 676 résidents vers 2035, soit une hausse d’environ +22 % par rapport à 2021 ;
• le secteur Saint-Michel atteindrait environ 1 715 résidents en 2030 et 1 851 résidents en 2035 ;
• le secteur Laurel atteindrait environ 1 327 résidents en 2030 et 1 390 résidents en 2035.
À l’échelle de Wentworth-Nord, la population combinée passerait d’environ 3 935 résidents en 2021 à près de 4 917 résidents en 2035, selon le même exercice illustratif.
Ordres de grandeur comparatifs
Appliquée de manière purement mécanique, une telle dynamique conduirait à une croissance beaucoup plus rapide que celle anticipée par les scénarios de l’Institut de la statistique du Québec pour la population de l’ensemble de la MRC des Pays d’en Haut (≈ +16 % sur 30 ans). Cet écart confirme qu’il serait irréaliste de prolonger indéfiniment les tendances récentes.
Des considérations structurelles viennent naturellement freiner ces extrapolations :
• saturation progressive des domaines en développement ;
• dépendance à l’ouverture de nouvelles routes et à la disponibilité foncière ;
• déplacement possible de l’activité des promoteurs vers d’autres secteurs ;
• projets destinés à la location à court terme, sans augmentation correspondante du nombre de résidents.
En effet, une bonne proportion des projets approuvés dans le cadre du PIIA relève de promoteurs développant des « domaines, ou profitant de la construction d’une nouvelle route ( Domaine du Trappeur ou de La Musarde à Saint-Michel, Domaine Lac St-Victor ou Domaine du Mont et chemin du Lac-Thurson à Montfort, etc.) Ces domaines seront éventuellement saturés; les promoteurs regarderont alors ailleurs; mais toujours en fonction des possibilités sur le terrain et de leur localisation.
En revanche, par exemple, la densification des zones en développement justifiera une amélioration de leur infrastructure, ce qui contribuerait à leur permettre de maintenir leur rythme de croissance.
Par ailleurs, les projets visant la location à court terme ne devraient pas accroître le nombre de résidents; mais, ils ajouteront tout de même une population itinérante à celle de ces derniers.
Compte tenu de ces facteurs, toute projection au delà de 2035 deviendrait hautement spéculative.
Conclusion
Le nombre de nouvelles constructions réalisées (rôle d’évaluation) ou autorisées (PIIA) constitue un indicateur robuste pour estimer l’augmentation du nombre de ménages à Wentworth Nord. Sur la période 2021–2025, les projets acceptés pourraient correspondre à environ 256 nouveaux résidents, avec une concentration marquée dans le secteur de Montfort.
Ces constats soulignent l’importance d’anticiper les effets de la croissance résidentielle sur la planification du territoire, les infrastructures et les services municipaux, tout en tenant compte des disparités spatiales observées entre les secteurs et des limites inhérentes aux extrapolations.
Par Carl Chapdelaine
Mise en forme, vérifications et ajouts méthodologiques : ChatGPT, 16 décembre 2025
Note méthodologique (résumé)
• Chaque projet PIIA est assimilé à un ménage additionnel.
• Taille moyenne : 2 personnes par ménage (Recensement 2021).
• Répartition spatiale fondée sur la clé électorale (règlement 2016 464 1).
• Les résultats expriment des ordres de grandeur, non des prévisions officielles.
<Construction De Maisons À Wentworth-Nord, Selon PIIA (Cartes)
Construction de maisons à Wentworth-Nord, selon PIIA (cartes)
(Cliquer sur + ou – pour zoomer ou réduire. Cliquer sur la légende pour se guider dans la carte. Cocher ou décocher les cases des différentes « couches » pour voir les données par district. Cliquer sur chaque entrée de la légende ou icône de la carte pour le détail du bâtiment.)
Où est le Plan pour Wentworth-Nord?
Le Plan d'urbanisme de Wentworth-Nord, d’octobre 2017, élaboré sous la direction de M. Emmanuel Farmer, urbaniste, et consolidé en septembre 2024, est-il toujours d’actualité? Sous le mandat du précédent conseil de la municipalité et de sa mairesse, feue Danielle Desjardins, ainsi que l’imposition d’un moratoire dans le secteur du développement immobilier, ce plan a vu se greffer des ajustements nécessités par l’évolution rapide dans ce secteur.
Dans la lignée du Plan, c’est l’aménagement du territoire qui est privilégié; c’est-à-dire que l’on y cherche, entre autres, à encadrer le développement immobilier avec une réglementation et un zonage qui vont contraindre les promoteurs à se plier à des normes applicables à leurs projets. Ces dernières visent à protéger l’environnement, autant que le milieu social établi; à rentabiliser l’infrastructure existante et les autres ressources municipales sollicitées; etc.
Ce plan d’urbanisme n’est cependant pas un plan de développement et il n’est peut-être pas suffisamment prospectif. On semble vouloir mettre la table pour un développement harmonieux, mais limité, de la municipalité, sans savoir vraiment vers quelle direction il évoluera. En effet, dans notre économie libérale, les forces qui guident le développement du territoire ne se limitent pas à la volonté de ses citoyens et de leurs dirigeants; ils peuvent même prendre une tout autre orientation.
La pression d’un accroissement rapide de la population dans les Laurentides et des infrastructures qu’elle implique à divers niveaux; l’attrait d’un territoire encore presque vierge à Wentworth-Nord; son besoin de ressources financières accrues, ou la nécessité de fournir plus de services à ses citoyens, notamment au niveau de la voirie, sont autant de variables qui entrent ici en jeu. Mais ces facteurs reçoivent-ils l’attention nécessaire de nos élus?
Que nous réserve l’avenir? Qui le sait? Quelle surprise d’apprendre qu’un projet immobilier d’importance majeure, comme celui de la Montée Sainte-Marie, voudrait se concrétiser à deux pas du petit village de Montfort? Ne faut-il pas que le nouveau conseil municipal, qui se veut dans la continuité du précédent, se donne le mandat de percer le brouillard dans lequel s’engage le train du développement?
L’actualité ici, dans le domaine municipal, nous dévoile la conception de grands projets, comme ceux du développement de nos trois pavillons sociocommunautaires. Mais si, comme dans un bilan, la colonne des dépenses se déroule librement mais que celle des revenus ne suit pas, comment saura-t-on équilibrer l’ensemble et avancer d’un pas mesuré?
Environ 22 PIIA, pour des projets de construction d’un bâtiment principal, ont été acceptés à Wentworth-Nord, lors des séances municipales de 2020; c’était environ 31 en 2021 et plus d’une quarantaine en 2022. Leur nombre tombait à environ 26 en 2023. Il n’y en aurait que 17 en 2024 et, de même, en date du 19 novembre 2025, seulement 18 PIIA avaient été accordés. (Cf. carte interactive)
L’évolution des projets immobiliers est particulièrement impressionnante autour du village de Montfort, à cheval sur deux municipalités, avec maisons individuelles, et de plus en plus dans d’imposants projets intégrés. Selon les projets acceptés du PIIA, les nouvelles constructions d'un bâtiment principal, de 2020 à aujourd’hui, seraient plus nombreuses dans les districts 5 et 6. Avec probablement une moyenne de deux adultes par maison, elles entraîneraient un accroissement proportionnel de leurs résidents, permanents ou villégiateurs. Cet accroissement pourrait justifier un redécoupage de leur délimitation; à moins que ceux des autres districts de Wentworth-Nord ne suivent le mouvement. La délimitation des districts électoraux doit, en effet, respecter un pourcentage de représentation de ses résidents.
En effet, l’augmentation dans les districts 5 et 6 justifierait alors la création d’un 7e, avec une nouvelle délimitation pour les trois. Leurs conseillers, bientôt choisis par une majorité de propriétaires non riverains, n’auraient d’autre choix que de mettre de l’avant leurs revendications probables, à l’effet de favoriser l’accès public aux lacs voisins.
Besoin de prospection, donc, aussi au niveau de nos lacs, un enjeu majeur de l’aménagement de notre territoire. Limiter la construction, surveiller l’affluence, en réduisant les places de stationnement ou l’accès public, protéger leur environnement, etc.; mais toujours sans vraiment connaître leur capacité de support. Quel sera l’impact sur le lac Saint-François-Xavier du développement des Villas du lac, du projet de Montée Sainte-Marie? On le juge aux promesses de leurs promoteurs, comme en temps d’élection, et sans outil de mesure. N’est-il pas prescrit, dans une municipalité de lacs, de s’attaquer au problème; d’effectuer les analyses nécessaires?
Et la voirie? Le véhicule d’aujourd’hui a subi une transformation radicale, axée sur les nouvelles technologies; sa conduite devient de plus en plus autonome. Mais pourra-t-il, demain, s’accommoder de nos routes non conformes, en gravier ou terre battue, difficilement entretenues, non dotées de signalisation adéquate et trop souvent non accessible à la téléphonie mobile ou à la géolocalisation? À quoi servira chez nous l’instrumentation sophistiquée dont les fabricants ont muni notre voiture, guidée par ordinateur, avec ses capteurs visuels et autres innovations? Et, à date, les bornes d’alimentation du futur parc automobile électrique sont aussi visibles que nos stations d’essence… Si le rail conventionnel a remplacé, jadis et à grands frais, celui de la voie ferrée du train de colonisation de Montfort, ne faut-il pas prévoir, aujourd’hui, pareille adaptation de nos routes?
Il nous faut donc maintenant un plan prospectif; porteur d’un mandat qui explore l’avenir avec les instruments les plus adéquats. Il s’alignera sur les tendances qui se dessinent dans le secteur immobilier, dans le comportement des résidents, dans la révolution qui transforme nos véhicules et qui obligera la voirie à d’énormes ajustements, etc. S’ils jugent trop hasardeux de miser sur un accroissement des effectifs internes de nos services d’urbanisme pour le réaliser, nos édiles devront probablement faire appel à une firme spécialisée pour y parvenir.
La municipalité pourrait sans doute compter sur les orientations prises par la MRC dans son Plan stratégique économique 2025 – 2030. Une application de son schéma d’aménagement devrait être adaptée à la situation particulière de Wentworth-Nord. Cette dernière pourra aussi profiter des leçons apprises dans les autres municipalités, plus avancées dans leur développement et confrontées aux mêmes défis qui la guettent.
Plusieurs applications de l’intelligence artificielle sont maintenant fonctionnelles et ne demandent qu’à être utilisées. Le gain de productivité, de précision, d’analyse qu’elles introduisent les rendent indispensables. Tous les services de la municipalité devront apprendre à les utiliser et à les mettre à profit. Elles pourront sensiblement, par exemple, accroître l’ajustement de la réglementation par les Services d’urbanisme et la capacité de ces derniers à explorer la voie qui s’ouvre au développement harmonieux de Wentworth-Nord.
Par Carl Chapdelaine
Coop De Solidarité Santé Wentworth-Nord
Le démarrage de ce projet revient à la chambre de commerce de Wentworth-Nord. « C’est à l’été 2022 que la Chambre de commerce et développement durable de Wentworth-Nord (CCD2WN) réalisa l’importance de mettre sur pied un service de santé de proximité. Elle considérait la situation précaire des services de santé disponibles localement dans le contexte d’une population vieillissante et d’un besoin d’attraction de nouvelles familles et de nouveaux commerces. » wentworth-nord.ca
À la séance du conseil de Wentworth-Nord, du 19 Juillet 2023, la mairesse, feue Danielle Desjardins, annonçait que l’on était à mettre sur pied une première coopérative de santé à Wentworth-Nord, du côté de Saint-Michel.
Puis, à la séance du 20 septembre de la même année, une aide financière en lien avec cette initiative était accordée. La mairesse indiquait alors : « On travaille avec des gens chevronnés pour mettre cela sur pied. » Une subvention de 10 000 $ pour, entre autres, l’embauche d’un coordonnateur attitré, était accordée d’abord à la Chambre, en un premier versement de 5 000 $; puis en un deuxième à la Coopérative santé, en 2024, pour son fonctionnement. Fin 2023, la Coop, n’étant pas encore incorporée, le deuxième versement irait cependant encore à la chambre de commerce.
À la séance extraordinaire, du 11 octobre, 2023 pourtant, un résident aurait indiqué qu’il fallait un minimum de résidents pour justifier la formation d’une coop santé, et demandé quel était le chiffre de population de Wentworth-Nord. Mme Desjardins lui avait répondu que ce minimum était de 7 000 personnes; mais, quoique le projet ait été pour Saint-Michel, qui n’a qu’une petite population, la coop desservirait aussi les villages plus populeux des municipalités voisines de Brownsburg-Chatham et Grenville, car il n’y avait pas de tels services plus près de Lachute.
Le projet se développait. « Le samedi, 15 juin 2024 avait lieu une rencontre d’information à l’église St-Michel. Nous souhaitons remercier les 118 citoyens présents. C’est avec GRAND enthousiasme que l’équipe fondatrice de la coop de solidarité santé Wentworth-Nord a rencontré et informé les participants sur la création de la coop santé. Les échanges ont été nombreux et fructueux. À ce jour, plus de 150 membres sont inscrits. » wentworth-nord.ca
Le 21 août 2024, le conseil de Wentworth-Nord accordait une nouvelle subvention à la Coop, afin de la soutenir dans ses projets. 20 000 $ lui étaient ainsi attribués, soit par un versement de 10 000 $ en janvier 2025, et un deuxième à venir; le tout conditionnel à la présentation de rapports d’évolution desdits projets.
La présidente du Comité plein air, sentier et vie communautaire, Mme Chapados, annonçait les repas-bénéfices que tenait la Coop. C’est d’ailleurs lors de celui du le 31 mai 2025 que Mme Karine Dostie faisait part de sa mise en candidature à la mairie, pour les élections municipales du début novembre.
À la séance du Conseil du 19 novembre 2025, la nouvelle mairesse indiquait que la Coopérative était à la recherche d’un administrateur pour son CA, ainsi que d’un médecin à temps partiel; le local était prêt. Tout intéressé pouvait contacter M. Richard Daoust, le « président fondateur, (retraité, ex-gestionnaire du réseau de la santé, président fondateur de la Coop Santé de Saint-Adolphe & Morin-Heights) ». Le vice-président était M. David Levine, maintenant résident de Wentworth-Nord « (retraité, ex haut dirigeant du réseau de la Santé Québec, artiste, président de la coop de Laurel et administrateur de la CCD2WN ». wentworth-nord.ca. En réponse à une question, Mme Dostie expliquait alors que, pour que la Coop soit reconnue par le réseau public, ses services devaient être chapeautés par un médecin.
Aujourd’hui, 26 novembre 2025, le journal Accès titre un article de Luc Robert : « Wentworth-Nord : une nouvelle Coop Santé prête à ouvrir » L’article, qui met en relief l’action de David Levine dans cette réalisation, rapporte le bref historique de ce projet, les appuis obtenus et le modèle de la Clinique Médicale Mères et Monde, une clinique d’urgence médicale à Prévost.
Nous trouvions que ce projet de clinique médicale à Saint-Michel, comme d’ailleurs celui qui devrait accompagner la mise sur pied d’un centre polyvalent avec le pavillon Montfort, relevait pratiquement de l’utopie. Force-nous est de constater que, avec les ressources humaines que l’on retrouve aux quatre coins de Wentworth-Nord, jumelées à la détermination qui les anime, on peut ici relever de grands défis. Défis qui ne sont pas encore à terme pour la Coopérative de solidarité santé, puisqu’il faut encore impérativement compter sur la venue d’un médecin et d’une infirmière qualifiée…
Par Carl Chapdelaine
Quelle stratégie économique pour Wentworh-Nord?
La MRC a récemment dévoilé son Plan stratégique économique 2025 – 2030. « Les fondements de cette stratégie reposent sur une analyse approfondie des données socio-économiques, d’un portrait détaillé de la MRC et des ateliers collaboratifs. » Le préfet, M. André Genest, tenait d’ailleurs, en mot d’ouverture, « à souligner le travail exceptionnel des comités, des partenaires et des élus qui ont contribué à cette démarche. » Il concluait qu’il fallait « consolider nos générateurs d’emplois et de richesses ».
Le Plan situe d’abord le contexte socio-économique dans lequel il s’insère :
- Une population (résidents permanents) de 49 456 habitants en 2024; en croissance soutenue de depuis 2001. « Cette croissance est largement attribuable à la migration interrégionale, principalement en provenance de Montréal et des Laurentides ». Wentworth-Nord connaît de même un taux de croissance supérieur à la moyenne québécoise, et l’on prévoit que sa population sera passée de 1686 habitants en 2021, à 1898 en 2041, soit une augmentation de 12,6%. Projection de population
- Avec un âge moyen de 50,5 ans, cette population est des plus âgées; avec un taux, pour les +65 ans, de 32,1% en 2024, parmi les plus élevés du Québec. Panorama des régions du Québec Édition 2025 Indicateurs socio-économiques
- Main-d’œuvre. « Une baisse de l’indice de remplacement de la main-d’œuvre limite la disponibilité des travailleurs et le dynamisme économique… »
- Infrastructure. « …infrastructures vieillissantes, manque de logements, alternatives de transport limitées… »
- Habitation. « … manque de diversité dans les types de logements, avec une forte dominance de l’unifamilial. »
- Économie. « dépendance économique à certains secteurs saisonniers. »
- « Forces : patrimoine naturel attractif, localisation stratégique, tourisme développé. »
- « Occasions : développement touristique intégré, mise en valeur des arts et de la culture, commerces de proximité. »
Le Plan mise sur trois axes :
- Maximiser le potentiel économique local.
- Mobiliser les talents pour bâtir une économie durable et résiliente.
- Développer un leadership territorial et une intelligence collective.
Attardons-nous au premier axe. Il vise donc à « renforcer les secteurs phares de la MRC, notamment le tourisme quatre saisons ». On y retrouve cependant peu d’actions précises. Mais, cette avenue n’a guère d’écho à Wentworth-Nord, où une majorité de résidents craignent, avec raison sans doute, que le tourisme ne vienne menacer l’environnement, principalement celui des lacs, et la qualité de vie à laquelle ils sont attachés. Aussi, du fait de sa position, trop à l’écart de l’axe Montréal – Mont-Tremblant, ses attraits restent encore à découvrir.
À Montfort, la grogne n’a-t-elle pas amené le conseil municipal à racheter le Pavillon; à y cesser l’accueil et la location d’équipement de navigation ou de randonnée; à facturer les visiteurs, à leur limiter le stationnement; et la MRC à s’interroger sur la promotion du Corridor aérobique, du sentier des Orphelins ou de l’accès au lac Saint-François-Xavier, de forts atouts touristiques?
Comment pourtant la municipalité pourra-t-elle échapper à l’activité économique motrice des Pays-d’en-Haut? Et surtout, que pourra-t-elle lui substituer? Les projets industriels novateurs, dans lesquels nos gouvernements sont parfois prêts à investir des millions, usines de batteries ou autre, comportent une grande part d’incertitude. Il est beaucoup plus prudent de miser sur des valeurs sûres, bien identifiées dans la région; surtout lorsqu’elles possèdent un potentiel de croissance.
Grâce à son environnement, sa principale source d’attraction, le tourisme, la villégiature et le développement immobilier sont assurément de ces valeurs-là dans les Pays-d’en-Haut, y compris pour Wentworth-Nord. En plus d’un apport initial à l’économie, elles induisent des retombées pour la main-d’œuvre et les entrepreneurs locaux (construction, aménagement, etc.). Encore faut-il ici que les autorités municipales, ou la chambre de commerce, identifient les besoins associés à ce mouvement, et que, déjà, les promoteurs immobiliers offrent le type de logement qui convienne à ces migrants régionaux.
La collectivité de Wentworth-Nord nous semble pourtant maintenir son orientation en municipalité-dortoir. Cette situation entraîne des déplacements pendulaires, nuisibles, entre elle et les villes, voire la métropole, où l’on trouve travail et services. Aucune entreprise ici pour répondre à la majorité de ces besoins; pas de commerce; pas d’école, pas de clinique. Sans moteur de développement économique, sans ressources, comment peut-on aspirer au développement de ces services; à créer des villages vivants et autonomes?
Les autorités municipales misent-elles trop sur les services accessoires à la population, comme cette dernière le demande : trois pavillons multifonctionnels entre autres, mais qui, assurément, draineront une partie du budget disponible? La priorité insurmontable est pourtant au maintien de l’infrastructure routière.
Un autre axe de développement économique s’est récemment manifesté dans nos Pays-d’en-Haut; c’est l’apport du télétravail, initié par le développement de la couverture internet ou cellulaire et le confinement imposé par la Covid 19. Cette nouvelle variable, associée à celles de la villégiature et du développement immobilier, combine l’attrait d’une population active, d’un rajeunissement de la pyramide d’âge, d’une main-d’œuvre aux qualifications diversifiées, de ménages aux revenus intéressants, d’une économie de déplacements, etc.
Consolider les axes de développement, ne serait-ce pas, par exemple, d’instaurer des mesures pour inciter et faciliter les villégiateurs à convertir leur résidence secondaire, souvent un chalet d’été, en habitation principale, et devenir ainsi des Nord-Wentwortois à part entière. La difficulté d’accès routier ou l’entretien hivernal de la voirie, la recherche d’entrepreneurs, le respect de la conformité avec les normes d’urbanisme, étant parfois des obstacles majeurs, voilà peut-être un champ d’action à considérer pour une telle intervention. Mais, son aboutissement se traduirait plus par une surcharge de services municipaux que de revenus de taxation.
Dans la recherche de l’équilibre budgétaire municipal, les projets qui se classent dans la colonne des dépenses doivent trouver leur contrepartie dans ceux qui génèrent les revenus. Mais, la vision qui nous guidera vers les choix qui s’imposent et qui évitera à la municipalité de plomber son trésor reste à développer. On semble sur le point de mettre du concret et des chiffres dans les projets de rénovation des trois pavillons de la municipalité. Où sont les chiffres qui correspondront aux revenus nécessaires pour les soutenir? Peut-on planifier les dépenses sans planifier les revenus, et mettre la charrue devant les bœufs?
Y a-t-il d’autre choix, pour Wentworth-Nord, que d’établir une stratégie qui puisse combiner promotion de la villégiature, du développement immobilier et du tourisme, toujours assortie de la protection de notre environnement et de notre qualité de vie, comme cherchent à l’établir les villes des Pays-d’en-Haut qui se sont grandement développées grâce à ces ressources?
Par Carl Chapdelaine
Rétablir la connexion?
C’était samedi, le 13 septembre, une journée magnifique à Montfort, au lac Saint-François-Xavier, et nous attendions l’arrivée de la visite de cousins de France sur l’heure du midi.
Évidemment, il n’y a pas de stationnement pour nous ou nos visiteurs sur le Corridor aérobique, par lequel nous accédons à notre chalet, puisque nous sommes résidents sans accès routier de la « rue » Mount. Et la MRC ne permet pas que le petit terrain acheté sur cette voie partagée puisse être utilisé comme tel, vu que nous n’y habitons pas. Bon, la force constabulaire de Wentworth-Nord ou la Sureté du Québec (Qui peut savoir de quelle autorité relève ce service?) ne patrouillent pas souvent dans le coin, et nos voisins sont assez charitables pour nous permettre, à l’occasion, d’utiliser leur petit espace de stationnement.
Après les embrassades, nous empruntons le sentier Mount qui mène à notre chalet d’été. Il est le premier d’une vingtaine de vieilles maisons également reliées au monde par ce cordon ombilical. Mais, chacun de nos voisins accède plutôt à sa propriété en traversant le lac par hors-bord, lorsque le temps le permet.
Ah! la forêt, le calme, des lacs partout, la nature à l’infini; nos visiteurs parisiens, même avec un pied à terre en Bretagne, en sont éblouis. Eh oui, pas un bruit, pas un chat; ni même Magalie, la jeune femelle orignal.
Après un repas qui nous avance déjà dans l’après-midi, il faut décider du choix du programme. Entre la montée au Belvédère, un tour en chaloupe, la baignade dans une eau bien froide, ou une promenade le long du lac, les jeunes choisissent la barque. Ils n’ont jamais mis les mains sur une paire d’avirons et le rameur s’installera tout naturellement face au-devant de l’embarcation... L’essentiel est qu’ils aient leur veste de sauvetage. Ils iront jusqu’à l’Île aux Corbeaux, à la tête du lac, pendant que les adultes emprunteront le Corridor aérobique pour longer le superbe cours d’eau. La baignade, pour les plus braves, sera au retour.
Toujours pas un chat; personne en promenade, sur les quais ou sur les balcons: trop frais pour s’y laisser bronzer. Mais on peut apercevoir deux planchistes dans le bassin de Newaygo et, finalement, une valeureuse dame, d’un certain âge, en train d’exécuter quelques brasses. Ah! il y a quand même des cyclistes; comment sont-ils parvenus jusqu’ici?
Nous arrivons au pont de Newaygo, clôturé; enfin à ce qu’il en reste. Les gigantesques blocs de béton qui barrent son accès n’ont pas été déplacés. Pourchassé par un constable ou un policier, un automobiliste contrevenant ne risquera pas de plonger dans le lac… De l’autre côté, deux cyclistes et quelques marcheurs se sont butés à la clôture. Nous commençons à échanger : « Et quand la circulation pourra-t-elle reprendre? » La fameuse question …sans réponse! En sortant de ce cul-de-sac, miracle, un groupe d’Asiatiques apparaît au croisement du chemin de Newaygo et de la deuxième section de la rue du Chemin-de-fer; en admiration devant ce majestueux lac, pourtant si peu ouvert aux visiteurs. Nous les saluons de la tête.
Venons-en au fait : Il n’y a pas que le pont qui soit coupé. Cette coupure est, en fait, la conséquence de celle des communications entre les différents intéressés. Dans nos relations communautaires, trop de partis ici sont dans la même situation. Aux conseils de la municipalité, de la MRC, au sein de l’administration de nos associations, la démocratie salue l’opposition; mais si elle résulte en affrontement, elle est destructrice.
Le conseiller municipal n’a aucun pouvoir individuel; il est lié au conseil, et il n’a pas le droit de s’adresser à l’administration. Il est souvent tenu au secret. Les comités consultatifs ne le sont que pour les autorités municipales. Sauf pour le CCU peut-être, la majorité des résidents n’en soupçonnent pas même l’existence. Le manque de participation citoyenne est structurel. À l’hôtel de ville ou aux parlements, on administre sans vraiment nous accorder droit de regard. Dans un mouvement déjà amorcé sous la pression populaire, le futur conseil de la MRC saura-t-il mieux communiquer?
À propos de l’administration, c’est sur celle du pavillon Montfort que nous trouvons ici à redire. C’est que notre projet de présentation sur la pollution lumineuse, par un « astronome », avec observation au télescope d’un ciel étoilé, lors des prochaines fins de semaine de la nouvelle lune de septembre ou d’octobre, soit à l’avant-dernière semaine de ces mois, a pris du plomb dans l’aile. Quelle souffrance, pour un particulier, de connaître la disponibilité du Pavillon et la possibilité d’y organiser quelque événement.
Nous empruntons la bretelle qui y monte à chaque arrivée de Montréal au lac pendant la belle saison. Sur sa façade, cette année, bien cachée derrière un arbuste, la pancarte qui indique qu’il est fermé est presque toujours là, en semaine comme en fin de semaine. Il est toujours fermé, …mais rarement disponible! De mémoire, ce n’était pas comme ça lorsqu’il était propriété et sous administration de la MRC. Il faut certes l’acharnement d’une Diane Jegou ou des dirigeants de la Galerie d’art Montfort, des groupes reconnus, pour y organiser un événement.
Ah! les beaux projets d’un pavillon multifonctionnel; avec puits artésien, coin cuisine, coin santé, coin restauration, galerie d’art, salle de réunions, de potlucks, de spectacles, ouverts même aux non-résidents, avec permission spéciale d’accès au stationnement réservé; refuge en cas de catastrophe, et que sais-je d’autre. En fait, je n’en sais rien; pas plus que de ce qu’en a proposé le Comité aviseur, auquel nul n’a eu accès ou de ce qu’en aurait esquissé l’architecte retenu.
Mais, quand les généreux gouvernements nous auront payé, à 80% semble-t-il, cette merveille, sera-t-elle sans préposé à l’accueil, ou encore, le plus souvent fermée et non disponible? Et si la gestion en est confiée à notre Maison du citoyen, croyez-vous vraiment que la diligence de son administration sera à la hauteur? Devra-t-on voir à faire sortir son portier attitré de son sommeil éternel pour, ne serait-ce que de nous en permettre l’accès?
Malgré les promesses électorales qui ont déjà commencé à pleuvoir, il sera difficile de connecter élus, administrateurs et citoyens. Pour certains maires, les conseillers, qu’ils ont souvent eux-mêmes parrainés, représentent bien, à eux seuls, leur secteur. On vote à tous les quatre ans pour celui dont les promesses sont les plus mirobolantes; puis on s’en remet totalement à son bon vouloir et à son administration. Mais, à ce jeu de serpents et échelles, le parti porté aux nues, s’il n’a pas résolu les problèmes insolubles et sous les appels au changement, amorcera une fatale glissade.
Le citoyen qui se présente pour la première fois à une séance de son conseil municipal, pour souligner son incompréhension à la vue de la hausse vertigineuse de son compte de taxe, et qui n’a jamais entendu parler des consultations annoncées, ramène le débat sur l’ampleur des défis financiers, et pas seulement, affrontés par Wentworth-Nord, une petite municipalité dans un grand territoire. Malgré le protocole, un laborieux échange s’amorce alors entre le citoyen et les élus qui lui expliquent la situation à laquelle ils doivent faire face et leur impuissance à y remédier. Mais, si une vingtaine de résidents seulement assistent à cette séance, même avec ceux qui en auront des échos, il faut croire que les moyens de communication de la municipalité ne suffisent pas.
Cafés-rencontres avec les membres du conseil? Bravo; encore faudra-t-il qu’il y ait plus de résidents qui y participent, et, peut-être, au moins un administrateur… Et qu’ils viennent à nous, comme les futurs élus le font bien durant leur campagne électorale.
Nous avons pourtant de bons exemples d’avancement et de réalisations menées par nos associations, quand ce n’est pas par de simples bénévoles. Le Fonds environnemental du lac Saint-François-Xavier a actuellement le vent dans les voiles et accomplit des merveilles; tandis que l’association du lac tente d’emboîter le pas. Les Leblanc-Perrier ont pu lancer en croisade les résidents de la rue du Chemin-de-fer. Les administrateurs de la Galerie d’art Montfort ou Diana Jegou, avec son Groupe Café, maintiennent en vie le pavillon Montfort. Mais, c’est grâce à l’implication de leurs membres, et de résidents, comme avec la collaboration éventuelle de la municipalité ou de la MRC que leurs projets se réalisent.
Sans ces relations, sans l’information, la communication et la participation, la stagnation minerait l’avenir de notre collectivité. Espérons que nos futures autorités municipales, si elles ont misé sur ces valeurs, maintiendront le cap.
Par Carl Chapdelaine
Damnés mulots
Je suis né à Montréal, et y ai demeuré presque toute ma vie. Dans le cocon familial de ma jeunesse, je ne me souviens pas d’avoir entendu parler de souris ou de rats dans la maison. Ce dernier terme ne s’attribuait qu’à de vraiment mauvais personnages. Mais, notre père nous avait bien dit de ne pas laisser la porte de la cave ouverte; une recommandation que je n’ai jamais oubliée. Nous n’avions jamais eu de chat; seulement des chiens.
Il m’aura fallu acheter ce chalet pour enfin connaître les droits de la faune locale. Et je devais, par moi-même, découvrir qu’elle pouvait s’inviter dans mon espace vital; car le sujet, comme plusieurs autres ici, semblait tabou.
C’est en entrant dans ma cuisine que j’en fis la découverte; une insolente petite bête qui s’était permise de se promener sur le comptoir. Horreur! C’est à coup de balai que je tentai d’assommer mon premier campagnol des champs, dit mulot. Il se réfugia derrière l’un de mes électro-ménagers. Mais, il était toujours là. La hantise de revivre un tel événement allait s’installer en moi pour de bon, tandis que j’allais à la course aux armes.
Faire appel à mistigri? Non, nos natures sont incompatibles. Le poison? Visa le noir, tua le blanc; trop risqué. Et si le mulot empoisonné allait agoniser dans un endroit inaccessible, il pourrait causer des problèmes d’odeur et d’insectes. Je m’y étais risqué quand même, avec des capsules de graines, dont je pourrais surveiller la popularité. Les petits quadrupèdes semblèrent en raffoler, mais sans en être affectés. Nous misâmes sur la souricière. La petite bête aurait droit au repas du condamné, une petite boulette de beurre d’arachide. Et la cuisine s’avéra être la pièce à privilégier.
Un mulot, était-ce le premier, s’y prit la patte. Avec quelle répugnance allions-nous approcher notre capture. Nous ne pouvions pourtant imaginer de l’occire de sang-froid. Elle fut introduite dans une boîte et libérée loin du chalet. Une nouvelle sorte de souricière s’avérerait plus efficace; peu de mulots échapperaient à son assommoir. Et la vue du cadavre était bien supportable. Un coin de notre terrain fut désigné cimetière à mulot. Le condamné n’avait même jamais le temps d’avaler la friandise convoitée; elle attirerait le suivant.
Notre appréhension d’avoir à croiser un mulot, la noirceur arrivée et lorsque nous en soupçonnions la présence, nous poussait parfois à nous réfugier à l’étage. Nous espérions alors entendre le clic de la trappe en action et pouvoir entamer notre sommeil à poings fermés.
Les pièges étaient garnis et le chalet fermé; la belle saison était terminée. C’est au printemps que le carnaval reprenait. Il ne restait que des carcasses dans les trappes; visiblement ces bestioles ne se souciaient guère du respect de la dépouille de leurs congénères. Mais, nous découvririons que certaines avait squatté notre résidence secondaire, et leurs excréments montraient bien qu’elles avaient fait le tour du propriétaire.
À chaque nouvelle visite à notre chalet, notre premier coup-d’œil était pour les souricières, la recherche d’excréments sur le comptoir de la cuisine et son nettoyage forcé. Le cimetière allait-il s’enrichir d’un nouvel arrivant? Des années semblaient moins propices aux visites nocturnes de ces intrus; d’autres, comme la présente, paraissaient leur être favorables.
Avec l’épidémie de Covid 19 et les problèmes de stationnement toujours plus accentués, les visiteurs s’étaient faits moins nombreux. Cet été, nos amis avaient enfin annoncé venir passer une longue fin de semaine au lac. Il y aurait trois jeunes enfants; une occasion rare de voir le lit superposé sortir de son sommeil. Nous l’avions jadis équipé de couvre-matelas, de protège-oreillers, de draps, de couvertures, et paré de couvre-lits aux motifs enfantins. Tout semblait encore neuf. Rien n’avait bougé. Un autre lit d’invité avait reçu les mêmes soins.
La conjointe de notre ami et grand-mère de deux des marmots attendus, nous avait invité à aérer les draps, si tant était qu’ils avaient passé l’hiver là. C’est en nous exécutant que nous découvririons que chacun des trois lits avait discrètement hébergé des mulots. Des draps et couvre-matelas étaient tachés, des couvertures et des protège-oreillers déchirés. Tout allait être ramassé et rapporté en ville pour le nettoyage; tandis que la visite apporterait ses draps et des sacs de couchage pour les enfants. Suffisamment protégés, les matelas avaient heureusement été épargnés. Mais, comment protéger les lits de ces envahisseurs, alors que la porte de la chambre nous semblait pourtant scellée pour l’hiver?
Il fallait aussi sortir le beau linge à vaisselle, tout neuf, et qui allait faire bon effet devant la visite. En ouvrant le tiroir de la commode qui contenait aussi les nappes, nous ne pouvions que constater qu’un mulot s’y était également installé. Il manquait un coin à notre beau torchon; des nappes étaient déchirées; et le tout était parsemé d’excréments. Les mulots, malgré les pertes subies, avaient-ils pris le dessus dans la guerre qui nous opposait? Grâce à quelques planches bien placées, le bas de la commode est maintenant inaccessible aux mulots. Nos souvenirs de voyage préférés, pour leur commodité de transport et leur usage, linges à vaisselle aux couleurs locales ou nappes de campagne, devraient désormais y être à l’abri.
Par Carl Chapdelaine
Passer à l’action pour la collectivité
Avez-vous un problème auquel vous ne trouvez pas de solution; ou pour lequel vous ne savez pas auprès de qui obtenir de l’aide? Allez-vous frapper à la porte de votre conseiller(ère) municipal(e); celle de votre association de lac? Celle d’une entreprise privée?
Wentworth-Nord est une petite municipalité, non par son étendue, mais par son nombre de résidents et leur éparpillement, son manque de services, son manque de ressources en général. La plupart des services de base nécessaires à la vie de la collectivité y relèvent de l’administration publique, surtout municipale. Il faut y ajouter les grandes entreprises qui offrent l’électricité, les télécommunications, etc.
L’administration municipale, guidée par son conseil des élus, doit affronter une lourde tâche; non seulement pour sa propre gestion, pour répondre aux besoins courants dans les services de voirie, d’urbanisme, de sécurité, de loisir, d’environnement, etc., mais aussi pour planifier leur développement.
Vous êtes aux prises avec l’entretien et le déneigement d’un chemin privé, ou vous n’avez pour tout chemin que la voie d’eau; vous n’avez pas accès à de l’eau potable; votre lac est envahi par les plantes aquatiques; votre propriété s’est retrouvée devant une voie devenue trop passante; la cohabitation entre autos, vélos et piétons pose un problème; vous ne savez plus où stationner; votre chalet est à l’abandon; et la municipalité ne peut guère vous aider.
Heureusement, il y a les associations de lac; comment pourrions-nous-nous en passer? Mais, leur champ d’action est limité. Elles permettent, entre autres, de rassembler résidents permanents et villégiateurs sur des enjeux communs, non seulement au niveau d’un seul lac, mais à l’échelle de la municipalité. L’actuel conseil voulait s’en faire des partenaires. En plus d’événements relevant des associations de lac, il y a aussi des initiatives bénévoles : le succès de la Galerie d’art Montfort, et même les joyeuses rencontres du Groupe Café. Certains comités paramunicipaux, comme pour les sentiers, avec La Société de plein air des Pays-d’en-Haut (SOPAIR), ou autre, complètent le tableau. Mais, les groupes ou clubs qui puissent réunir plusieurs résidents ayant des intérêts communs ne sont-ils pas moins nombreux qu’avant?
Ce ne sont donc pas les causes qui manquent; chaque village, chaque secteur, chaque lac ne devrait-il pas pouvoir compter sur des bénévoles pour voir à son embellissement, à la surveillance, à l’entraide, à l’information, aux loisirs, à la culture, aux problèmes locaux, etc. En fait, il y a tant à faire, et tellement de citoyens prêts à participer; mais comment passer à l’action, comment mobiliser les volontaires?
À la veille de chaque élection municipale revient l’enjeu de la concertation, voire de la participation du citoyen. C’était dans les cartes de notre défunte mairesse; mais, il y avait bien trop d’autres chevaux de bataille pour pouvoir y déléguer quelque escadron de cavalerie. Nous imaginions une sorte de conseil local; auquel puisse participer tout résident désireux de s’y impliquer. Sans une sensibilisation auprès de la collectivité pourtant, sans un coup de pouce de la municipalité, on voit mal ce qui pourrait lancer une telle entreprise. Cette organisation locale serait-elle la réponse aux critiques qui donnent le secteur de Montfort comme étant délaissé par les autorités?
Ce conseil devrait forcément établir ses priorités, basées sur les principaux problèmes de son secteur; mais son champ d’action ne serait pas limité pour autant. Ce serait un organisme reconnu par la municipalité, mais indépendant. Il chercherait, entre autres, à profiter des aptitudes ou des connaissances de ses participants. Frappant à la porte des divers paliers d’autorité, ses prises de position sauraient influencer le cours des choses. À défaut de pouvoir initier ce genre d’instance locale, le(la) conseiller(ère ) pourrait s’entourer d’un comité consultatif chargé de le(la) guider dans le suivi des dossiers ou les requêtes de ses commettants.
Par Carl Chapdelaine
Surenchère immobilière
Par Laurianne Croteau
19 juin 2025
"La pause aura été de courte durée. Le marché immobilier reprend de la vigueur un peu partout au Québec cette année, après un ralentissement forcé par la flambée des taux d’intérêt en 2022-2023. Et qui dit hausse des ventes dit aussi compétition, offres multiples et maux de tête pour les acheteurs."
"les acheteurs, la situation implique de miser à l’aveugle : ils connaissent le nombre d'offres déposées, mais pas le montant de celles-ci. Pour y voir plus clair, Radio-Canada a créé un outil interactif à partir des ventes compilées par la plateforme Centris."
Starlink : volte-face
Le 28 mai, il n’y a que deux semaines, nous recevions un courriel de la Direction générale de l’Internet haute vitesse et des projets spéciaux de connectivité, nous annonçant la fin, pour le 15 juin, non seulement de l’admissibilité au programme de subvention à l’internet satellitaire de Starlink, tel que prévue, mais la fin de la subvention mensuelle de 40 $ sur le tarif de 140 $ de la compagnie. Nous n’avions guère eu le temps d’en profiter.
Mais voilà que la même direction nous fait part, à deux jours de l’échéance de l’offre de subvention, que : « Le rabais mensuel de 40$ à votre compte sera maintenu et ce jusqu’au 31 mars 2026. Pour bénéficier du rabais, votre compte doit demeurer actif. Toute résiliation ou suspension de votre abonnement au service satellitaire entrainera votre exclusion définitive de la subvention gouvernementale dans le foyer concerné par celle-ci. »
Ce n’est, bien sûr, pas de refus. Quant à profiter du rabais jusqu’au 31 mars 2026 en gardant notre compte actif, inutile, puisque notre chalet hibernera bien au-delà de cette nouvelle échéance. Nous voilà tout de même réconcilié avec nos élus, qui peuvent prétendre avoir finalement tenu leur promesse…
Par Carl Chapdelaine
La MRC et le préfet
« C’est dans la vague des réformes administratives et politiques qui font suite aux rébellions de 1837-1838 que s’enracine le régime municipal québécois actuel comprenant la municipalité de comté, l’ancêtre en quelque sorte de la municipalité régionale de comté. »1 Mais, cet ancêtre, amené à gérer les affaires qui débordaient du cadre de la simple municipalité n’avait que des pouvoirs limités. Plutôt que de diriger de la capitale tout ce qui pouvait concerner les régions, le gouvernement vit, dans la MRC, un regroupement de municipalités, le moyen d’en rapprocher l’administration et le pouvoir politique.
« L’élaboration d’un schéma d’aménagement constitua la première et principale responsabilité confiée à la MRC par le gouvernement québécois en 1979. ... Une fois adopté, le schéma général d’aménagement est approuvé par le gouvernement qui se garde un droit de désaveu. »1 L’élaboration d’un schéma d’aménagement est toujours parmi les attributions de la MRC. Avec les années, Québec a transféré de plus en plus de responsabilités aux MRC. Mais, comme on le constate avec les litiges concernant la voie partagée du Corridor aérobique, à Montfort, la MRC doit toujours composer avec les directions régionales des ministères, alors que la municipalité se voit ainsi, dans plusieurs domaines, soumise à une double administration.
Chargée d’uniformiser souvent la réglementation entre ses municipalités constituantes et de répartir une enveloppe budgétaire suivant des critères contestables, la MRC est devenue, pour une majorité de citoyens de Wentworth-Nord sans doute, un arbitre partial et mal au fait des priorités de la municipalité. Le manque d’information et de contact avec la population provenant de ce corps municipal; la méconnaissance de son rôle et de ses compétences, qui amène certains à la voir éliminée, ou l’incompréhension face aux positions qui l’opposent trop souvent à celles de la municipalité et de ses citoyens ne font rien pour améliorer les choses. En cette année électorale, à laquelle est également soumise la MRC des Pays-d’en-Haut, une volonté de changement est donc à prévoir.
Le préfet de notre MRC, contrairement à la grande majorité de ces organismes, est soumis à l’élection qui servira également à élire un candidat à la mairie de chacune de ses municipalités constituantes. M. Genest, élu préfet après avoir occupé ce poste comme préfet suppléant, en remplacement de M. Charles Garnier, et fort d’une longue expérience en ce milieu municipal, ne se représente pas. Il aura présidé les rares échanges au conseil des maires avec la sobriété qu’exige cette fonction. Sur quels critères les électeurs choisiront-ils son successeur?
À notre connaissance, au moins trois candidats se sont déjà présentés : M. Martin Nadon, maire de Piedmont, avocat, qui était déjà candidat à ce poste en 2017; Mme Catherine Hamé, mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs, juriste de formation, une « fille de la région », et M. Richard Darveau, citoyen de Sainte-Adèle, qui dit avoir une formation en relations de travail, journalisme et sociologie, mais qui ne semble pas être connu du public ici. L’ancien directeur général de la MRC des Pays-d’en-Haut et chroniqueur dans les pages du journal Accès, M. Philippe Leclerc, était aussi perçu comme un candidat probable, mais il regarde plutôt vers l’élection suivante.
Par le passé, Messieurs Leclerc et Nadon n’ont pas manqué de critiquer outrancièrement M. Genest, exigeant plus d’action et de vision pour la MRC. Cette dernière a pourtant réagi aux critiques, en dressant d’abord un survol de ses réalisations, puis en lançant quelques initiatives sur son site internet, comme un compte-rendu des faits saillants des séances de son conseil, ou en prévoyant y introduire une vitrine d’information présentant le profil et les propositions de campagne des personnes candidates à la préfecture.
L’élection universelle d’un préfet est-elle préférable à celle d’un maire élevé à ce poste par ses pairs? La démocratie prêche pour la première méthode; mais, élire un candidat que l’on ne connaît pas, sur la seule base de son programme et de ses promesses, plutôt que de laisser les maires, chacun porté au pouvoir dans sa municipalité, faire ce choix ne demeure-t-il pas quelque peu hasardeux? Osons alors espérer que les électeurs chercheront à connaître l’expérience, les actions antérieures ou positions prises par les candidats en présence, et à analyser le bien-fondé de leur programme et promesses avant de mettre la croix sur le bulletin.
Par Carl Chapdelaine
Starlink, le piège
Nous ajoutions une note à notre dernier article, pour avertir tout résident qualifié et intéressé, de la date limite pour s’inscrire au programme de subvention de la Direction générale de l’Internet haute vitesse et des projets spéciaux de connectivité. Nous n’avions cependant pas compris toute la portée de cette date de la fin du programme. Dans sa présentation, on indiquait que « l’offre » était en vigueur jusqu’au 15 juin 2025; mais rien de précis sur la durée de la subvention mensuelle.
Mais, voilà que le courriel, que nous venons de recevoir de l’organisme gouvernemental, nous l’a fait comprendre : « Dans le cadre de l’Opération haute vitesse, le gouvernement du Québec a pris l’engagement de rendre accessible le service Internet à haut débit pour l’ensemble des foyers admissibles … La présente est pour vous rappeler que le programme satellitaire subventionné se termine le 15 juin 2025. À cette date, seul le rabais mensuel de 40$ cessera de s’appliquer à la facture mensuelle. L’équipement prévu dans le cadre de la subvention demeurera au foyer et pourra être utilisé pour accéder au service satellitaire, au tarif prévu par la compagnie SpaceX Canada (Starlink). »
Abonné à la veille de la fermeture saisonnière de notre chalet, pour pouvoir apprécier ce service satellitaire et la qualité de l’installation de notre antenne parabolique, nous n’en avions alors profité qu’une seule journée; tandis que la facture mensuelle, réduite à 100 $, s’appliquait pour un mois entier. Réabonné à l’ouverture du chalet, à la mi-mai, nous allons profiter d’un deuxième et dernier mois réduit de 40 $; pour un total de 80 $. Et combien de temps SpaceX maintiendra-t-il son tarif régulier, à 140 $/mois depuis déjà quelques années?
Mais, on nous laisse l’équipement, dont nous ne pouvons cependant pas disposer. Une valeur de 749 $, était-il spécifié. Pourtant, la compagnie l’offre aujourd’hui à bien meilleur compte : « La trousse Standard est 0 $ 499 $ avec un forfait Résidentiel de 12 mois dans certaines zones (pas pu déterminer lesquelles.). » Alors, à quoi bon toutes ces promesses d’accessibilité à un service subventionné? Le Québec est peut-être enfin couvert; mais l’abonné devra, à l’avenir, en payer seul le prix. Et s’il n’avait pas prévu la dépense supplémentaires dans son budget, peut-être devra-t-il renoncer à cette couverture. L’antenne parabolique inutilisée continuera de trôner sur le toit, comme le font des millions de soucoupes de Bell et autres serveurs désactivées.
Si vous désiriez-vous abonner avant le 15 juin, choisiriez-vous l’offre subventionnée ou celle de la compagnie, si elle s’applique bien dans votre zone? Préfériez-vous solliciter le contribuable québécois; passer par le processus d’authentification gouvernemental et autre procédure; encourager le maintien du personnel de la DGIHVPSC; ou faire affaire directement avec la compagnie d’Elon Musk?
Ne peut-on en croire que la vraie gagnante dans cette grande largesse gouvernementale, aux dépens des contribuables québécois, soit la compagnie? Allait-il de soi que l’annonce de la fin du programme mette aussi fin à la subvention mensuelle? Si oui, pourquoi nous faire aujourd’hui parvenir un courriel qui le stipule aussi clairement, plutôt que lors de l’annonce de la subvention? Bien sûr, une fois le poisson attrapé, il est superflu de cacher l’hameçon…
Par Carl Chapdelaine
Couverture cellulaire à Montfort
Nous sommes mardi, le 27 mai 2025. À notre arrivée au chalet dimanche, après avoir traversé un barrage de mouches noires dans le sentier Mount qui nous relie au reste de la planète, notre premier geste est de consulter le répondeur téléphonique dont la lumière rouge clignote. C’est le reste d’un message d’Hydro-Québec qui parle de rupture de courant, mais sans nous donner plus de précision. Comme le répondeur et tout ce qui se nourrit à l’électricité fonctionne, nous ne prenons pas la peine de retrouver le début du message; c’est certainement chose du passé…
Mais, ce matin, après l’arôme du café et un déjeuner tout à fait normal, bang, plus d’électricité! Ça ne devrait pas durer; on y est habitué. Puis, au fur et à mesure du temps qui s’écoule, toujours rien. L’heure du dîner approche, et nos ailes de poulet Buffalo attendent pour aller au four. Ce sera plutôt la boite de sardines, une précaution que nous avons gardée depuis la première ouverture du chalet. Pas question d’ouvrir la porte du réfrigérateur; les craquelins et quelques fruits frais accompagneront notre plat de petits poissons. La tasse de thé sera selon la bonne volonté d’Hydro-Québec. Ce n’est finalement qu’à la veille du souper, après un programme de la journée chamboulé, qu’au moins quatre poulets perdront définitivement leurs ailes.
Être sans réseau mobile et, en plus, privé d’électricité à la Bien cachée, c’est aussi ne pas avoir accès à l’internet, et donc à notre cellulaire qui passe automatiquement à ce mode de service, via le wifi, lorsque disponible. Pas de télévision du web, pas de radio, pas de nouvelles… On a beau être maintenant avec Starlink, on reste totalement coupé du monde si l’on n’a pas gardé, comme c’est notre cas, la ligne téléphonique de Bell, avec un bon vieux téléphone de table; une espèce en voie d’extinction et inconnue des nouvelles générations. Sans ce téléphone, quel serait notre recours en cas d’urgence? Faudrait-il, comme nous l’évoquions déjà dans le passé, avoir quelque pigeon voyageur à notre disposition, pour un appel à l’aide?
Sommes-nous trop exigent; le cellulaire, n’est-il pas utilisé même dans les pays sous-développés et n’est-il pas devenu souvent indispensable? Certaines de ses fameuses applications, comme dans le domaine de l’automobile, nécessitent la connectivité. Comme l’internet, la téléphonie cellulaire est devenue une condition parfois essentielle au développement. Mais, l’internet et la couverture cellulaire risquent pourtant de faire double emploi, pour une facture en double; à moins que chacun ne soit facturé à l’utilisation?
Pour la Fédération québécoise des municipalités, qui souligne l’insuffisante de la couverture actuelle : « (Des) services cellulaires fiables sont indispensables pour garantir I'accès à I'information, aux services de santé, et aux interventions de sécurité publique, et (une) couverture déficiente compromet la sécurité des personnes dans les zones à couverture limitée ou en itinérance, notamment en cas d'urgence nécessitant une intervention rapide des premiers répondants. »1
Québec nous a, soi-disant, subventionné l’accès à l’internet satellitaire, et maintenant nous lorgnions vers le même effort du côté de la couverture cellulaire. Eh bien, nos élus avaient déjà été sollicités avant notre questionnement. Le gouvernement s’est engagé à offrir la couverture cellulaire à tout son territoire avant octobre 2026; mais sans que l’on sache vraiment définir cet engagement ou qui en défrayera le coût.2,3 Nous en sommes à la phase 2 de son plan; elle est chiffrée dans son budget de mars 2024, mais le détail n’y est pas. Pourtant, sur les 700 antennes nécessaires, on ne parle encore que d’une centaine pour la phase 2, et, parmi ces dernières, l’on n’en prévoit aucune dans notre secteur.
Pour notre circonscription d’Argenteuil, on a choisi Grenville-sur-la-Rouge, Harrington et Brownsburg-Chatham.4 Sur la carte interactive3 indiquant le niveau de couverture par secteur, celui de Montfort est indiqué à faible couverture. Dans Bertrand, le choix s’est arrêté sur Val-des-Lacs, Sainte-Agathe-des-Monts et Sainte-Lucie-des-Laurentides. 5
Dans son plan, comme pour la disponibilité de l’internet, notre gouvernement agit par le moyen de subventions. Pour la couverture cellulaire, c’est aux serveurs, comme Bell ou Vidéotron, qu’elles s’adressent. L’enveloppe réservée au budget de 2024-2025 était de 25,0 millions de dollars pour l’année financière 2025-2026; somme qui s’ajoutait à celles déjà annoncées lors des précédents budgets.6 Celle inscrite à celui de mars dernier est du même ordre; la définition de son utilisation prête cependant à diverses interprétations : « Afin de poursuivre le financement nécessaire au déploiement de nouveaux sites cellulaires ainsi que d’autres initiatives de connectivité, le gouvernement prévoit, dans le cadre du budget 2025-2026, une enveloppe de 74,1 millions de dollars sur trois ans. » 7
Depuis deux ans à peine, alors que nous nous sommes mis à la page avec l’achat de notre premier téléphone cellulaire, nous cherchons les endroits au lac Saint-François-Xavier et sur le Corridor aérobique qui le traverse, où notre appareil arrive à capter un signal. Pour cela, il nous faudrait escalader l’une des collines qui nous entourent où naviguer au large dans ce grand lac. Qui établira pour nous la carte des zones allumées des environs, où l’on peut espérer pouvoir se connecter au monde avec ce bidule devenu aussi indispensable que notre portefeuille, prendre de ses nouvelles et lui faire part des nôtres?
Mais, la couverture cellulaire, comme pour celle de l’internet, ne viendra-t-elle pas aussi du ciel? Avec Starlink, comme, avant lui, Globalstar pour Apple ou Iridium pour Samsung, et peut-être Terrestar, une entreprise montréalaise, pour différents fournisseurs, on peut avoir la communication satellitaire avec son cellulaire.8 C’est pourvu qu’il soit de la toute dernière génération, et compatible avec ce service, là où il est disponible, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et même au Canada pour Starlink.9« Les gouvernements poussent pour développer la capacité des cellulaires à accéder aux satellites. Il n’est plus économiquement faisable d’étendre la couverture cellulaire en mettant de nouvelles tours », explique M. Leduc, le président de Terrestar.
- Réunion du conseil d'administration de la Fédération québécoise des municipalités tenue le 5 décembre 2024
- Opération couverture cellulaire – État de la situation
- Opération couverture cellulaire : Carte interactive
- Argenteuil : Couverture cellulaire bonifiée pour plus de 4 000 foyers
- Amélioration de la couverture cellulaire dans Bertrand
- Budget 2024 : 25 millions $ serviront à la couverture cellulaire du Québec
- Budget 2025-2026 - Pour un Québec fort
- Utiliser son cellulaire quand il n’y a pas de réseau
- Starlink Direct to Cell : la plus grande révolution depuis le GSM vient d'arriver
Par Carl Chapdelaine
Starlink au rendez-vous!
Nous communiquons avec Bell, procédure maintes fois répétée par le passé. Après près d’une demi-heure de palabres et d’attente, la préposée, avouant son incapacité à nous dépanner, nous transféra enfin au spécialiste. Il nous fallut des palabres supplémentaires, de la part d’un technicien peu courtois, pour apprendre que notre vieux modem avait, soi-disant, rendu l’âme, et que l’on nous en fournirait un autre. Nous en étions déjà à notre deuxième. Non, merci; avec Bell internet, c’en est fini!
C’est chez notre voisin de la rue du Chemin-de-fer, Karl Guillotte, que nous arrivons à communiquer avec Starlink; mais, sans avoir sous la main le numéro de série, etc., pour réactiver notre compte, suivant l’une des deux procédures trouvées sur leur site. Nous devons nous contenter de leur transmettre une demande d’aide; personne à rejoindre par téléphone dans le satellite, nous faut-il avouer…
Ce n’est que le lendemain que nous reprenions contact avec Starlink, en possession de tous les numéros requis; mais, une première procédure, toute simple, s’offre à nouveau à nous. Pas besoin de tous ces numéros, mais en y cliquant sur le lien disponible pour la réactivation, on nous indique que nous modifions notre forfait; ce qui nous avait retenu, la veille, de compléter l’opération. Pourtant, c’est bien indiqué qu’il s’agit d’un forfait à 100$ par mois, au lieu du tarif normal à 140$. Nous risquons alors d’aller dans cette voie.
Notre connexion est immédiatement réactivée et l’internet à nouveau disponible: les courriels entrent et la réponse à notre demande d’aide à Starlink, maintenant superflue, arrive enfin; notre cellulaire fonctionne sur le wifi; la télé du web est aussi au rendez-vous. Quelle merveille! Et surtout, nous profitons toujours, semble-t-il, de la subvention de Québec*.
Bell ne veut pourtant plus nous lâcher, et se contenter de nous offrir la ligne téléphonique que nous gardons, malgré les grésillements devenus insupportables l’été dernier. Promotions, garanties d’excellents service, etc., nous sont proposées. Non merci; plus jamais! Habitué à la disponibilité et à l’amabilité du personnel de Vidéotron, ce n’est pas avec de belles paroles que l’on va nous ramener en enfer, alors que le ciel nous ouvre ses portes.
*Attention : L’inscription au programme doit être présentée avant le 15 juin 2025, fin de l’offre; mais Starlink semble avoir grandement diminué le coût de l’équipement. Mobo
Par Carl Chapdelaine
Vitalité des territoires
L’Indicateur de l’occupation et de la vitalité des territoires présente le pourcentage de la population du Québec (ou d’une MRC) vivant dans une municipalité (localité) qui appartient au dernier groupe, le plus défavorisé, parmi cinq groupes égaux, ou quintiles, de municipalités de la province (ou d’une MRC), selon l’Indice de vitalité économique (IVÉ). L’IVÉ combine « le taux de travailleurs de 25 à 64 ans, le revenu médian avant impôt des particuliers de 18 ans et plus et le taux d’accroissement annuel moyen (TAAM) de la population sur 5 ans ».
Selon la plus récente fiche de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), l’indicateur, ou ce pourcentage, était d’environ 3%, en moyenne et pour l’ensemble du Québec, de 2014 à 2022. Alors que toutes les municipalités (100%), dans plusieurs MRC de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, étaient dans ce dernier quintile, aucune (0%) ne s’y retrouvait encore, en 2022, dans la MRC des Pays-d’en-Haut; visiblement ni Lac-des-Seize-îles, ni Wentworth-Nord, sauf erreur d’interprétation de notre part*. L’amélioration de leur position relative avait été graduelle, de 3,69% en 2016 à 0,41% en 2018, à 0,38% en 2020, et à 0,00% en 2022. (Tableau détaillé)
Cela ne signifie pas forcément que les municipalités de la MRC se soient améliorées; c’est plutôt que d’autres se soient détériorées, notamment Shawinigan, et aient affecté tout le classement. Mais, si des programmes gouvernementaux utilisent cet indicateur dans l’octroi d’aides, cela peut tout de même nous affecter.
Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a précisément conçu l’indice de vitalité économique et cet indicateur pour ses besoins. Ainsi, le volet 3 – Vitalisation, du Fonds régions et ruralité (FRR), du même ministère, s’adressait « aux MRC du cinquième quintile (Q5) de l’indice de vitalité économique le plus récent ».
En passant, ce Fonds, dans lequel puisent les municipalités de la MRC des Pays-d’en-Haut, a été renouvelé en 2025; avec un accent mis sur le soutien aux projets de coopération et de mise en commun intermunicipales. Le conseil de Wentworth-Nord doit voir d’un bon œil cette volonté, si l’on se rapporte, par exemple, à ce qu’expliquait sa mairesse lors de la présentation du Budget 2025, soit que l’on négociait des ententes avec nos voisines pour mieux faire face aux nouvelles exigences et au coût de la protection contre les incendies.
Alors que certains des projets-phares de la municipalité de Wentworth-Nord, comptent sur ces programmes pour une majeure partie de leur financement, l’amélioration de son classement, dans un contexte de restrictions budgétaires à Québec, ne risque-t-elle pas alors de détourner leurs fonds vers d’autres localités?
*Cet indicateur nous semble assez compliqué à comprendre et à en évaluer la portée; il faut probablement être impliqué en politique municipale pour en apprécier toute la valeur. Il semble, en tout cas, constituer un outil pratique et objectif, entre les mains du gouvernement, pour procéder à une redistribution ciblée de ses aides. Nous espérons ne pas en avoir dénaturé la signification et ses implications.
Par Carl Chapdelaine
Profil socio-économique de la MRC des Pays-d’en-Haut 2025 (Extraits et notes)
Le Profil comprend sept chapitres :
1. Géographie et aménagement du territoire
2. Démographie
3. Économie
4. Logement
5. Tourisme et villégiateurs
6. Environnement et social
7. Santé et bien-être
Note : Le Profil a été produit par le Service de développement économique de la MRC. Il devrait constituer le précieux cadre régional de l’action à venir des autorités municipales et de leurs revendications auprès des gouvernements.
La majorité des données datent du Recensement de 2021, et leur évolution les compare avec celles de celui de 2016. Alors que la situation a pu encore évoluer, et que le prochain recensement aura déjà lieu à l’été 2026, et ses données peut-être disponibles l’année suivante, ne serait-il pas préférable que l’opération soit, à l’avenir, synchronisée avec ce dernier? L’impact de l’épidémie de Covid 19, entre autres, n’est déjà presque plus d’actualité; alors l’administration aux États-Unis prend une nouvelle direction; ce qui pourrait avoir un effet significatif sur les variables économiques.
Comme introduction à la consultation de cet imposant document, un petit questionnaire, très pertinent, invite le lecteur à y chercher les réponses. Pour livrer rapidement un maximum d’information, le Profil offre aussi tableaux et graphiques. On n’y met cependant pas à profit la cartographie, un instrument encore plus performant pour la saisie visuelle et globale de l’information. De courtes synthèses accompagnent également chaque chapitre, nous permettant d’en relever les points marquants.
Nos brefs extraits et résumés du Profil mettent l’accent sur Wentworth-Nord, lorsque disponible, mais ne constituent nullement une présentation représentative du document. Nous invitons le lecteur à le consulter, à s’en inspirer, et à apprécier le travail, comme le professionnalisme, de ses auteurs.
Dans Géographie et aménagement du territoire, nous relevons, comme évolution, que :
• Entre 2018 et 2022, il y a eu augmentation du débit de circulation journalière, « particulièrement marquée sur l’autoroute 15, à la hauteur de Sainte-Adèle, avec une augmentation de 13 % entre 2018 et 2022 »; ainsi que sur les routes 117 et 364.
• Wentworth-Nord a vu sa richesse foncière uniformisée croître de 51 % entre les deux dernières révisions de son rôle foncier.
• Pour l’année la plus récente disponible, la valeur foncière résidentielle uniformisée par personne est de 264 463 $ pour la MRC des Pays-d’en-Haut, contre 142 236 $ pour l’ensemble du Québec.
Le Profil constate que « Lac-des-Seize-Îles et Wentworth-Nord possèdent les plus grandes proportions de bâtiments construits avant 1980, avec respectivement 87 % et 62 % ».
À Wentworth-Nord, comme à Saint-Adolphe-d'Howard, Lac-des-Seize-Îles et Estérel, seulement 3 ou 4% des immeubles ont plus d’un logement.
Dans Démographie, nous retenons particulièrement que :
• La population de la MRC des Pays-d’en-Haut a augmenté de plus de 100% entre 1991 et 2021. « Par comparaison, pour la même période, on remarque une augmentation de 67 % pour la région des Laurentides et de 23 % pour la province de Québec. »
• « Comparativement à la province de Québec et à la région des Laurentides, la population de la MRC des Pays-d’en-Haut se distingue par sa plus faible proportion de personnes de moins de 25 ans et une plus grande portion de population âgée de 45 ans et plus. »
• L’âge médian était de 59,6 à Wentworh-Nord, en 2021, alors qu’il se situait à 56 (entre 53,2 et 62,4) dans l’ensemble de la MRC, et à 43,2 au Québec; une population donc nettement plus âgée. Et cela relève du fait que le proportion de familles de recensement avec enfants, dans la MRC, y est de seulement 39 %, contre 54% dans la région des Laurentides et 55% dans la province de Québec.
• Moins de 10% de la population de la MRC parlent le plus souvent l’anglais à la maison.
• « La migration interrégionale explique presque la totalité de l'accroissement total de la MRC des Pays-d'en-Haut entre 2016 et 2021. »
• « Les 45 à 64 ans représentent près de 60 % de ce total. Remarquons la stagnation du solde migratoire des 15-24 ans durant la période. »
Dans Économie, on voit bien que :
• Selon l’indice de vitalité économique, qui classe les municipalités les unes par rapport aux autres, Wentworth-Nord traîne de la patte, avec -3,6 en 2020, contre une moyenne de 2,5 dans la MRC, devant Lac-des-Seize-Îles, qui plombe l’indice, avec un score de -13,4. Mais, la situation de Wentworth-Nord s’était légèrement améliorée depuis 2016.
• « L'accroissement des revenus médians et moyens d'emploi, ainsi que du revenu personnel et après impôt par habitant, de la MRC des Pays-d'en-Haut a été supérieur à ceux du Québec et de la région des Laurentides entre 2016 et 2021. »
• Le Profil constate que : « Bien que le taux de travailleurs* (75,5 %) ait augmenté depuis 2016, il reste inférieur à celui de la région des Laurentides et de la province de Québec. » *De 25 à 64 ans?
• « Plusieurs municipalités ont une proportion de personnes sans certificat ou diplôme supérieure à la moyenne du Québec, telles que les municipalités de Lac-des-Seize-Îles, Saint-Adolphe-d'Howard, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Wentworth-Nord. »
• « Le secteur tertiaire domine largement le tissu économique local : près de trois entreprises sur quatre y sont actives, principalement dans les services professionnels et le commerce de détail. » La répartition dans les services est certes différente à Wentworth-Nord.
Dans Logement, parmi les faits saillants :
• « Entre 2015 et 2023, les investissements résidentiels (inclut les nouvelles constructions et les rénovations) dans la région des Laurentides croissent à un rythme annuel plus lent que dans la province de Québec (3,5 % contre 4,6 %). »
• « La croissance annuelle des investissements en construction de résidences multifamiliales dans la région des Laurentides a atteint seulement 3,6 % entre 2015 et 2023, contre 7,9 % pour l’ensemble de la province. »
Pour Tourisme et villégiatures :
• « La région des Laurentides recense le quatrième plus grand nombre d'entreprises et d’emplois associés au tourisme au Québec. »
• La proportion de villégiateurs a diminué par rapport à celle des résidents permanents; la transformation de résidences secondaires en permanentes nous semble avoir fait partie de l’explication.
• « 83 % des villégiateurs de la MRC des Pays-d’en-Haut proviennent du Grand Montréal. »
• « La moitié des villégiateurs de la MRC des Pays-d’en-Haut travaillent de leur résidence secondaire et un tiers sont retraités. »
• Wentworth-Nord compte un impressionnant pourcentage des propriétés de villégiatures de toute la MRC, soit 1 072 en 2021, ou 14%.
Dans Environnement et social, peut-on croire que le premier se dégrade, alors que le second se relève?:
• En transport et en récupération de matières résiduelles, on se désole; mais on se soulage en se comparant aux autres.
• « Entre 2016 et 2021, on note une diminution de 3,6 % des personnes à faible revenu dans la MRC des Pays-d’en-Haut. »
• « Entre 2016 et 2021, on observe une réduction de l’écart salarial entre les hommes et les femmes (40 % contre 46 % en 2016). »
• « La MRC des Pays-d’en-Haut détient l’une des plus fortes proportions de personnes âgées de 65 ans et plus dans la région des Laurentides (environ 30 % en 2021). »
• Wentworth-Nord montre l’une des plus forte proportion de personnes à faible revenu (18,4 contre 12,0 dans la MRC); mais cette proportion a légèrement diminué entre 2016 et 2021.
Santé et bien-être
Des tableaux montrent la situation de chaque MRC et municipalité quant aux services de garde éducatifs à l’enfance. D’autres comparent les taux et types d’infraction au code criminel, par MRC. Ainsi, parmi les types d’infractions : contre la personne, contre la propriété et autres, « on remarque … moins d'infractions contre la personne dans la MRC (33% en % du total des infractions) comparativement à la province de Québec (37 %) ou la région des Laurentides (41 %) ».
Par Carl Chapdelaine
Carte glaciaire du Québec
Les géomorphologues du glaciaire et autres spécialistes nous avaient déjà appris qu’une immense calotte de glace couvrait le nord de notre hémisphère. L’inlandsis laurentidien est la section de cette calotte qui occupait une partie de l'Amérique du Nord, à l’est des Rocheuses. Il s’étendait jusqu’au rebord méridional du Bouclier canadien et comprenait la chaîne des Laurentides.
L’alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, ainsi que la dernière déglaciation, il n’y a qu’une dizaine de milliers d’années, ont grandement façonné la morphologie de cette région. L’érosion provoquée par le passage du glacier, chargé de graviers et autres matières abrasives, le transport par la glace de blocs détachés à la roche-mère, ou les débris charriés par les rivières sous-glaciaires, ont parsemé le relief de dépôts considérables.
Ces dépôts ont souvent pris la forme des mouvements qui les ont créés : les rivières, sinuant sous les glaciers, charriant sable et graviers, puis faisant surface à la fonte de la glace, ont accumulé ces sédiments en alignements devenus des eskers, et qui serpentent toujours en surface dans nos Laurentides.
La fonte de la calotte glaciaire a alimenté les océans qui ont pu envahir les parties les plus basses du relief, créant, entre autres, la mer de Champlain, dont fait maintenant partie la plaine du Saint-Laurent. Cet ennoiement a pu, à son tour, remodeler les moraines déposées par les glaciers; ce qui a rendu d’autant plus compliquée l’étude de la genèse du relief actuel.
Tous ces phénomènes ont fait l’objet de recherches, depuis la colonisation en fait; mais, il s’agissait surtout de répondre à des impératifs économiques ou autres, comme la recherche de terres agricoles, la prospection minière ou forestière. Les géomorphologues, les géologues, les géographes ont aussi approfondi leur connaissance de ce milieu pour faire évoluer la science. De simples plongeurs, comme notre Jean-Louis Courteau, y ont contribué en explorant le fond de nos lacs.1
Parallèlement, les chercheurs ont mis à profit la cartographie pour situer les phénomènes analysés. L'imagerie satellitaire ou l’utilisation de la détection et estimation de la distance par la lumière ou par laser, LIDAR « laser imaging detection and ranging », ont grandement accéléré le rendu de leurs découvertes. À quand la cartographie automatique du fond des lacs à l’aide de sondeurs venus du ciel, en remplacement du travail sur le terrain et des extrapolations auxquelles nous paraissent encore soumises les analyses bathymétriques?
On peut imaginer que cet éventail de recherches et de données soit grandement disparate, d’où la difficulté d’en tirer une Carte glaciaire du Québec. Il aura fallu élaborer un établir un modèle de traitement de l’information; uniformiser les données, les échelles de grandeur, les unités d’évaluation; etc. Les auteurs de la carte ont choisi de diviser le Québec couvert en six régions, dont les Laurentides. Mais, l’étude à laquelle nous nous référons ici nous dresse aussi un tableau fascinant, quant au relief, de l’évolution de cette dernière partie du Quaternaire, soumis à un climat froid, et qui allait se réchauffer pour devenir celui d’aujourd’hui.2 Ils ont réussi à cartographier ce phénomène de la déglaciation de l’inlandsis laurentidien et des traces gravées sur le relief terrestre.
Ce nouvel outil, auquel pourra se greffer l’intelligence artificielle, nous semble donc être une avancée majeure pour l’exploitation de notre sous-sol. Il faudra cependant que l’on puisse agrandir l’échelle de cette cartographie et la rendre interactive; déjà pour en accroître l’intérêt visuel, et pour qu’elle puisse nous livrer une connaissance du terrain, propre à une utilisation pour la construction, l’identification des zones humides, la prévention des glissements de terrain et des inondations, la teneur du sol des bassins-versants, etc. On pourrait faire une comparaison avec le chirurgien qui, grâce à sa connaissance précise du corps humain, peut pratiquer de délicates interventions sur les différents systèmes qui le composent.
Par Carl Chapdelaine
La circonscription électorale des Pays-d'en-Haut
On peut voir sur la carte ci-jointe que la partie ouest de la nouvelle circonscription a été retranchée de l’ancienne et vaste circonscription d’Argenteuil – La Petite-Nation. Elle regroupe maintenant l’ensemble des municipalités de la MRC des Pays-d’en-Haut, dont certaines relevaient du comté de Laurentides-Labelle. S’y ajoutent les villes de Prévost, Saint-Colomban, Saint-Hippolyte, du comté de la Rivière-du-Nord; des municipalités des MRC d'Argenteuil (Mille-Isles, cantons de Gore et de Wentworth); une partie de la MRC de Matawinie (Chertsey et Entrelacs); ainsi que Saint-Calixte, dans la MRC de Montcalm.
On peut évidemment questionner ce redécoupage, qui doit forcément déborder du cadre territorial d’une seule MRC; mais, celle des Pays-d’en-Haut en retire une voix plus forte à Ottawa. Wentworth-Nord en obtient-elle quelque avantage pour autant? Ne demeure-t-elle pas, par ses caractéristiques socio-économiques, aussi isolée, géographiquement et économiquement, dans la MRC des Pays-d’en-Haut, dont l’économie relève avant tout du secteur récréotouristique, que dans l’ancienne circonscription d’Argenteuil – La Petite-Nation?
Dans la perspective de projets de dépenses accrues en infrastructures, de la part du fédéral, ne moussera-t-on pas, par exemple, le développement des noyaux urbains, privilégié dans le Projet d’énoncé de vision stratégique de la MRC en matière d’Aménagement du territoire, ou l’amélioration des grandes voies de communication de la région, plutôt que l‘aide indispensable à la coûteuse voirie de Wentworth-Nord? Des mesures pour aider à la disponibilité de logements abordables seraient-elles adéquates pour notre municipalité où prime la maison unifamiliale?
Nouvelles constructions à Wentworth-Nord, de 2020 à 2022
(Cliquer our carte interactive*)
En 2020, selon les PIIA présentés aux séances municipales, il y a eu environ deux douzaines de projets de nouvelles constructions de maisons acceptés. En 2021, comme en 2022, c’était une trentaine.
« Le début de l’année 2020 marque l’arrivée de la pandémie au Canada et provoque une contraction importante sur le marché immobilier. Les mesures gouvernementales adoptées pour ralentir la propagation du virus ainsi que l’incertitude et la peur des citoyens pendant les premiers mois ont influencé le marché de l’immobilier au Québec. … Toutefois, ce phénomène de contraction a été très bref et nous avons assisté à un revirement de situation spectaculaire dès l’année qui a suivi (2021). » Le marché immobilier 2021 et la Covid-19
En 2022, les « prix médians record des propriétés et la hausse des taux hypothécaires … sont (pourtant) venus ralentir les ventes immobilières ». Le marché immobilier au Québec en 2022 et ses perspectives pour 2023
En 2020, on note des concentrations de projets domiciliaires dans le district 5, dans le Domaine du lac St-Victor, ainsi que, en 2021 et 2022, sur les chemins Jackson et du Lac-Noiret. En 2022, s’ajoutent le sud du lac Wentworth, dans le district 2, et une zone au nord-est de Saint-Michel, dans le district 1, avec les Cabanes du Trappeur et le Domaine Nouvelle France.
En 2020 et 2021, les nouveaux projets sont plus éparpillés dans les districts 4 et 5. À Laurel, dans le district 3, les projets sont plus rares.
On peut émettre l’hypothèse qu’une pénétration du territoire continue de s’exercer, en provenance de Morin-Heights, et possiblement de Lachute. Les grands lacs, Saint-François-Xavier, Saint-Victor, Notre-Dame et Wentworth, faciles d’accès, sont les favoris de cette engouement. Par contre, le développement immobilier de Laurel se fait attendre.
Par Carl Chapdelaine
Nouvelles maisons à Wentworth-Nord
(Mise à jour en cours)
Inventaire sur carte interactive, selon les inscriptions annoncées au Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA), depuis 2020.
Carte interactive: cliquer sur Google My Maps (Décocher des cases pour isoler une année.)
[ : 2020 et 2021 (orange/jaune), 2022 (bleu), 2023 (violet), 2024 (rouge vin)]
Nouvelles constructions en 2022 (Selon les PIIA annoncés et la valeur du bâtiment au rôle d’évaluation, pour les exercices financiers 2023 à 2025, sur GeoCentralis.):
Nombre de PIIA : 30 évalués + 15 non évalués.
Par district électoral (visualisés approximativement sur la carte interactive):
- 14
- 8
- 3
- 1
- 13
- 6
Valeur moyenne (30 unités) : 573 000 $
Valeur médiane (30 unités) : 469 500 $ (La médiane est le point milieu d’un jeu de données, de sorte que 50 % des unités ont une valeur inférieure ou égale à la médiane et 50 % des unités ont une valeur supérieure ou égale. Statistiques Canada)
(Calculs de Copilot)
La valeur la plus élevée atteint 2 M$; le bâtiment est situé sur le chemin des Berges-du-Nord, au lac Saint-Victor. On retrouve d'ailleurs une concentration de nouvelles maisons luxueuses au Domaines lac St-Victor.
Par Carl Chapdelaine
Indicateurs pour la MRC des Pays-d’en-Haut : analyse
La population continue d’augmenter rapidement dans les Pays-d’en-Haut, de 2023 à 2024, après un ralentissement de 2022 à 2023, et devrait atteindre 50 000 habitants en 2025. Il faudrait cependant connaître l’évolution du nombre de villégiateurs pour avoir le tableau de la situation pour l’ensemble des résidents des Pays-d’en-Haut.
À 53%, le pourcentage de la catégorie des 20 à 64 ans, porteuse de la population active, continue de diminuer au profit des plus jeunes et des plus vieux. Les 65 ans et plus constituent maintenant 32% de la population. Le nombre de travailleurs de 25 à 64 ans était pourtant toujours en hausse, car, entre autres, le taux de travailleurs avait aussi crû.
Le solde migratoire, toujours positif, a repris son élan, de 2022 à 2023, après un fort ralentissement, de 2021 à 2022. Vers la fin de la période de 2019 à 2020, l’épidémie de Covid 19 avait amené un exode de la métropole au profit des Laurentides et des autres régions périphériques de Montréal. Selon les prévisions jusqu’à l’an 2041 et à l’image du solde migratoire de l’ensemble de la région des Laurentides, on peut estimer que celui des Pays-d’en-Haut continuera d’être largement positif.
Le revenu d’emploi médian avait continué d’augmenter entre 2022 et 2023, et s’y situait à 54 000$.
Par Carl Chapdelaine
Projection de population, Wentworth-Nord & Pays-d'en-Haut, de 2021 à 2041
Selon cette projection, la population (permanente) de Wentworth-Nord sera passée de 1686 habitants en 2021, à 1898 en 2041, soit une augmentation de 12,6%. La carte représentant la position des municipalités du Québec, sur neuf catégories de pourcentage de variation, indique que Wentworth-Nord aurait un pourcentage d’accroissement supérieur à la moyenne de l’ensemble du Québec, y compris par rapport à ses voisines, Saint-Adolphe-d’Howard ou Lac-des-Seize-Îles.
Mais, la méthodologie utilisée dans cette projection, qui intègre l’évolution de la pyramide d’âge, tient-elle compte de certains facteurs qui peuvent affecter l’accroissement de la population, comme la situation géographique, l’économie ou l’impact de la villégiature sur le développement de la municipalité?
Par Carl Chapdelaine
Laurel demain?
(Résumé avec Copilot suit)
Nous avions déjà constaté que le développement immobilier privilégiait actuellement le secteur de Montfort et constituait un moteur économique pour l’ensemble de la municipalité; mais sur quoi sera basé le développement de Laurel ou de Saint-Michel?
En intervenant dans l’aménagement du territoire, l’administration de Wentworth-Nord peut tenter de rétablir un certain équilibre spatial à ce chapitre. Ainsi, elle pourra chercher à contrebalancer la formation naturelle d’un pôle de développement, comme actuellement du côté de Montfort, par la consolidation de la vocation administrative du secteur de Laurel; de même pour l’affermissement des activités touristiques ou forestières du secteur de Saint-Michel, si celles-ci se prêtent à l’Intervention publique. Aménagement du territoire et environnement Mais ces consolidations ne suffiront pas à assurer le développement souhaité de ces secteurs.
L’histoire de plus d’un siècle a fixé nos trois villages là où ils sont toujours. La naissance de Montfort fut associée à celle de son orphelinat; alors que l’industrie forestière ajoutait à la prospérité du village. À la fermeture de l’orphelinat, doublée de la disparition de l’exploitation de la forêt, la villégiature, déjà présente, a pu assumer la relève.
La croissance de Saint-Michel a aussi profité de son industrie forestière. Balado découverte Cyril Gagné, le dernier vrai exploitant forestier de Wentworth-Nord, y possédait une scierie qui cessa sa production de bois d'œuvre en 1958. Cette scierie produisait principalement des dormants de chemin de fer en pruche, nous apprend son petit-fils, Pierre Gagné.
On y œuvrait aussi à l’exploitation forestière pour la scierie Carrière, de Lachute. La foresterie est toujours une activité économique à Saint-Michel. La villégiature et la construction qu’elle engendre ont cependant dû prendre la relève économique dans le village; tout en s’étendant vers Laurel. Mais, elle ne pourra peut-être pas, seule, assurer le développement du secteur. Les maisons y sont cependant moins huppées, en général, que dans le Domaine Lac-St-Victor.
Situé à mi-chemin entre Saint-Michel et Montfort, le hameau de Laurel, terre de colons associant agriculture et exploitation de la forêt, a profité de cette situation géographique et aussi de la richesse de son sous-sol pour se développer et devenir le centre administratif de la région.1 Ce sous-sol regorge, en effet, de diopside, graphite, calcite, mica, kaolin et feldspath. « Pas étonnant qu’entre 1899 et 1923, plusieurs mines y aient été exploitées commercialement » Le hameau de Laurel Mais, ces exploitations ont cessé, faute de rentabilité, tandis que, aujourd’hui, la chasse aux claims miniers a amené les autorités municipales à bannir toute exploitation minière éventuelle à Wentworth-Nord.
La vocation de Laurel comme centre administratif de la municipalité s’est consolidée. En même temps, le développement hâtif de la villégiature autour de ses lacs, comme à Montfort, lui procure encore une base économique stable. Mais, ces ressources n’ont pu assurer le maintien d’un niveau économique acceptable à ses résidents permanents, dont une partie importante est à l’âge de la retraite. Nombre profitent alors des régimes de pension ou doivent faire appel aux autres aides gouvernementales. Et rien ne pointe à l’horizon pour rajeunir ces ménages ou améliorer leur situation.
Le Recensement du Canada nous donne l’emploi de la population active de Wentworth-Nord. Il faut cependant faire appel à d’autres sources d’information, souvent non quantifiables, pour y répartir les données selon l’un ou l’autre des secteurs de la municipalité. En 2021, sur 770 résidents permanents de Wentworth-Nord à l’emploi, la construction en prenait le plus grand nombre, soit 100, ou 21,3%. Suivaient les soins de santé et l’assistance sociale, avec 95; le commerce de détail avec 85; les services professionnels, scientifiques et techniques, exæquo avec la fabrication, avec 80 chacun; et les services d'hébergement et de restauration, avec 60.
Environ 58% de ces résidents rejoignaient un lieu habituel de travail; mais, ce lieu n’était à Wentworth-Nord que pour moins de 15% d’entre eux. Les emplois sont donc en majorité en dehors de la municipalité. Il faut alors s’attarder au danger de voir leurs titulaires quitter la municipalité pour celle qui leur procure leur emploi; aussi bien que de ne pas les voir remplacés par une nouvelle main-d’œuvre, pour la même raison.
Ces chiffres ne nous permettent cependant guère d’identifier clairement les catégories d’emploi propres à Wentworth-Nord. L’importance de la construction laisse pourtant supposer qu’elle soit une source majeure d’emploi local.
Pour un centre éloigné comme Laurel, le télétravail peut servir à contrer les effets négatifs de ce facteur sur l’attrait de la main-d’œuvre, et pas seulement. Depuis la pandémie de Covid et le maintien à domicile conséquent, une proportion des résidences secondaires de la municipalité, comme vu au lac Saint-François-Xavier, et surtout lors d’un changement de propriétaire, sont devenues des maisons principales. Si le secteur de la villégiature peut sembler se restreindre en raison de ce phénomène, on y gagne pourtant en population permanente et en impact économique potentiel.
Pour le village, l’enjeu ne consiste-t-il pas alors à fournir les services essentiels qui puissent permettre à un ménage, branché sur le télétravail, de jouir d’un environnement répondant à ses besoins? Laurel pourrait ici prendre de l’avance sur la concurrence en attirant les télétravailleurs et les propriétaires de véhicules électriques, ou leurs futurs adeptes, pour profiter d’une mise en place accélérée de bornes de recharge, qui leur permette encore plus d’autonomie. Hydro-Québec devrait parallèlement pouvoir offrir des tarifs avantageux pour leur installation ou leur utilisation. La course à la station d’essence n’étant plus le facteur négatif dont souffre particulièrement notre chef-lieu, courtiser particulièrement cette collectivité de télétravailleurs devrait porter fruits.
Après une analyse du type d’occupation qui caractérise ces derniers ménages, on pourrait peut-être ajuster les services publics ou autres qui leur conviennent. Si le ménage comporte des enfants d’âge scolaire, le défi est cependant de taille; et le transport à Saint-Sauveur, pour les plus petits, doit leur être présenté comme une routine acceptable. En effet, le retour de l’école primaire dans le voisinage ne semble pas être dans les cartons des autorités supérieures.
Le secteur de la villégiature joue toujours un rôle important dans le secteur de Laurel. Offre-t-il, en soi, une possibilité d’expansion? Le village étant presqu’au pied de l’immense lac Des-Seize-Îles, un joyau incomparable, ne profite pourtant guère de ce prestigieux atout sur le plan touristique ou de villégiature. N’y a-t-il pas là place pour un hébergement hôtelier, qui entraînerait le développement de services attenants à Laurel? Vu son immensité, sa capacité de support, c’est-à-dire la pression maximale qui peut être exercée sur son écosystème sans porter atteinte à son intégrité, ne devrait pas poser problème. Le fait que l’on tombe dans le territoire d’une autre municipalité empêche-t-il de voir grand de ce côté-là?
Contrairement au secteur de Montfort, celui de Laurel ne nous semble pas réfractaire au développement touristique. Pour favoriser son développement, comme au pied du lac Des-Seize-Îles peut-être, la municipalité, ici en collaboration avec celle de Lac-des-Seize-Îles, devrait compter sur la participation de la MRC. Cette dernière s’est vu confier plus de pouvoir d’intervention dans le domaine du développement territorial, via la mise à profit de programmes adressés aux municipalités défavorisées, comme celui du Fonds régions et ruralité.2
La MRC des Pays-d’en-Haut a ainsi, parmi ses enjeux, celui de miser sur le potentiel récréotouristique régional et les attraits naturels de son territoire. Wentworth-Nord pourrait aussi faire appel aux ministères provinciaux, puisqu’ils ont reçu comme directives de pouvoir adapter leurs programmes au profit de cette stratégie.
Si l’avenir de Laurel dépend d’abord de la consolidation de ses secteurs profitables, l’implication des autorités municipales, comme des organisations locales, dont les coopératives, devra en être le point de départ. L’appel à l’aide gouvernementale, pour laquelle nos gouvernements privilégient les municipalités victimes de la dévitalisation ou proches de l’être, comme mentionné précédemment, doit alors être mis de l’avant.
Il existe de remarquables exemples québécois de villages dévitalisés qui ont pu se sortir de leur sous-développement; aux confins de l’Abitibi-Témiscamingue, Moffet, est de ceux-là. « Moffet avait perdu son école, son magasin général, sa caisse populaire, sa pompe à essence... » Dix années plus tard, après avoir tout misé sur le développement de services de proximité, « …le village regorge de services, attire des familles, a augmenté sa population de 27%... » 3
Autre option de développement, envisagée par l’ex-maire, qui affirmait pouvoir jouer dans la cour des grands : la mise sur pied d’un fonds en immobilisations pour le développement économique, dont l’achat d’un terrain à Laurel, aux fins d’accueil industriel.4 Un ambitieux projet, qu’il dut écarter devant l’opposition de membres du conseil et de leurs commettants, inquiets sur le bien-fondé de cette initiative et du risque de devoir éventuellement y investir une part significative du maigre budget municipal. Une telle entreprise, de la part d’une municipalité éloignée de tout service, ne serait pas perçue moins hasardeuse aujourd’hui. Toutefois, cette avenue demeurait toujours à l’étude en 2024, dans le projet de Plan d’urbanisme modifié.5
Pour sa part, la mise sur pied de la Chambre de commerce et de développement durable de Wentworth-Nord pourra y favoriser le regroupement des entrepreneurs; une démarche essentielle, puisque la consolidation et l’expansion des secteurs dans lesquels ils opèrent ne va pas s’opérer sans leur collaboration.6
Par ailleurs, la réalisation du mandat, concernant l’offre de logements abordables, que vient de lui octroyer la municipalité, devrait faire augmenter l’offre d’unités d’habitation. Elle favoriserait, entre autres, le maintien des ménages de travailleurs dans leur collectivité, plutôt que de les voir s’expatrier vers leur lieu de travail. Elle pourrait aussi permettre aux propriétaires, âgés ou démunis, de vendre leur résidences à des ménages plus jeunes et fortunés, tout en continuant d'habiter dans leur patelin respectif.
Par Carl Chapdelaine
Copilote (Microsoft) analyse « Laurel demain »
J'ai parcouru les informations sur la page et voici quelques faits intéressants :
1. **Projections de population** : Selon les projections, la population de Wentworth-Nord devrait passer de 1686 habitants en 2021 à 1898 en 2041, ce qui représente une augmentation de 12,6 %.
2. **Évolution démographique** : La population des Pays-d’en-Haut continue d'augmenter rapidement, et on prévoit qu'elle atteindra 50 000 habitants en 2025. Cependant, la proportion des personnes âgées de 20 à 64 ans, représentant la population active, diminue au profit des plus jeunes et des plus vieux.
3. **Développement de Laurel et Saint-Michel** : Le développement immobilier privilégie actuellement le secteur de Montfort, mais la municipalité de Wentworth-Nord peut intervenir pour équilibrer le développement spatial en consolidant les vocations administratives et touristiques des secteurs de Laurel et Saint-Michel.
4. **Emploi et économie locale** : En 2021, la construction était la principale source d'emploi à Wentworth-Nord, suivie des soins de santé, du commerce de détail et des services professionnels.
5. **Feux de forêt** : Les feux de forêt représentent un risque important pour la région, et des mesures concrètes comme l'utilisation de matériaux de construction résistants au feu et la création de zones tampons autour des maisons peuvent aider à limiter l'impact.
6. **Vie sociale et clubs** : La création de clubs locaux peut renforcer les liens communautaires et le sentiment d'appartenance parmi les résidents, en s'inspirant des modèles existants comme le Réseau FADOQ.
Feux de forêt vs habitat
Des quartiers de Los Angeles ravagés par des feux de forêt; cela ne nous rappelle-t-il pas que la perturbation des éléments naturels causée par le développement de notre habitat peut avoir des conséquences néfastes majeures? 2023 n’a-t-il pas été marquée par des feux de forêt qui ont forcé l’évacuation de 220 000 foyers à travers le Canada?1 Le Québec a d’ailleurs été la province la plus touchée. La fumée et l’odeur du bois brûlé ont même enveloppé la métropole, pourtant lointaine.
La construction de maisons dans les Laurentides, de chalets, en dehors des centres urbains, répond à des critères spécifiques qui les différencient des résidences de la ville. Le parement de bois est privilégié, pour son côté naturel et esthétique. La toiture de bardeaux d’asphalte peut rappeler celle en bardeaux de cèdre, alors que ce matériau, qui a un impact écologique, nécessite un coût initial moindre que le toit en métal.
L’équilibre entre privilégier l’apparence, un investissement plus abordable, et la sécurité de notre habitat, ne doit-il pas être recalculé? Avec la nouvelle règle de favoriser la densité de ce dernier; avec l’implantation de l’ère des projets intégrés; avec une protection de plus en plus restrictive de notre couvert forestier; ne nous mettons-nous pas plus à risque de faire face à l’éventualité de feux de forêt dans nos Pays-d’en-Haut? Ne suffirait-il pas d’un hiver moins enneigé et d’un printemps sans précipitation, par exemple, pour qu’une étincelle puisse déclencher la catastrophe?
Des « Stratégies concrètes pour préparer les résidences et les collectivités aux feux de forêt »2 existent pourtant pour limiter l’impact d’une telle éventualité. Les critères de nos PIIA intègrent-ils le choix recommandé des matériaux de construction, de l’emplacement de la maison et de ses bâtiments accessoires dans leur environnement topographique, de l’établissement d’une zone tampon au pourtour de la maison, de la sélection de feuillus plutôt que de résineux, de l’aménagement paysager ou d’autre mesure de protection contre les feux de forêt?
« Intelli-feu Canada » nous présente des croquis et tableaux pour illustrer ses recommandations sur « la zone d’inflammabilité résidentielle », sur « la maison intelli-feu », sur l’entretien des lieux, sur l’élagage des arbres, etc., ou sur l’abordabilité des différentes mesures.2 Il nous présente même l’application « FireSmart® Begins at Home » pour notre cellulaire, capable de nous indiquer les actions spécifiques à entreprendre sur notre propriété afin de réduire les risques d'incendie.
« Intelli-feu Canada offre aussi un « Programme d’évaluation résidentielle », « lancé en 2022 à Paradise, en Californie, une ville qui a subi de graves dommages durant le Camp Fire de 2018 », et soutenu par les assurances. Mais, si ces mesures s’adressent directement aux propriétaires, elles doivent avant tout miser sur l’appui des collectivités; MRC et municipalités sont donc appelées à être maîtres d’œuvre de leur mise en place.
Par Carl Chapdelaine
1. Protégez votre maison contre les feux de forêt avec une construction ou une rénovation résiliente
2. Préparation aux feux de forêt : Des conseils pratiques pour renforcer la résilience des résidences et des collectivités du Canada
Le Club des Orphelins?
Notre article du 6 décembre dernier, « Rapprocher les citoyens », nous avait été inspiré par le succès du Potluck de Noël de Montfort, initié par Diana Zakaib Jegou. Nous y découvrions l’intérêt des résidents à se réunir dans ce type d’activité et espérions qu’il engendre un mouvement de solidarité. Créer des liens entre les citoyens, développer un sentiment d’appartenance à une collectivité nous semblait devenu réalisable. Mais, nous n’offrions rien de concret pour atteindre de tels buts.
La formule d’activités sociales à Montfort tournait traditionnellement, et encore aujourd’hui, autour d’événements sportifs ou émergeant de l’association du lac, de la paroisse : les Régates, le Marathon de ski, le golf sur glace, avec le Super Bolf day, l’épluchette de blé-d’inde, etc. Elle devait compter sur l’initiative de membres d’une même famille, de celle de citoyens entreprenants ou desdites organisations. Les événements sportifs étaient couronnés par la remise de médailles ou de trophées, et se terminaient en festivités.
Nous avions aussi bien remarqué, depuis notre arrivée au lac Saint-François-Xavier, en 2003, que de petits groupes de marcheurs profitaient du Corridor aérobique pour des randonnées pédestres. Ces randonnées offrent une plus grande proximité que celles à vélo; même si ce dernier est certes à l’honneur sur le Corridor.
Ces groupuscules réunissent peut-être des amis ou voisins qui se connaissent de longue date, qui sont riverains du lac, qui partagent la langue ou quelque autre valeur commune; mais qui ne se soumettent à aucune structure formelle. N’y aurait-il pourtant pas moyen de former des clubs à partir de ces noyaux; d’y inviter tout un chacun, comme le fait le café de Diana? À ce niveau, plus de barrière de langue ou d’allégeance politique.
Saint-Michel a son Cercle de Fermières Saint-Michel/Pine-Hill; son Groupe de la Sagesse Saint-Michel/Pine Hill. Laurel a son Club de l'Étoile du Nord. Mais, c’est aux activités nautiques que l’on retrouve le Club de Canoë/Kayak Viking, emblématique du lac Saint-François-Xavier. Dans de nombreux villages du Québec, les clubs font partie de la vie sociale. Si, venu de la métropole, vous y emménagez et cherchez à vous y intégrer, vous auriez avantage à vous joindre à ces clubs.
La mode des clubs de marche, ou autre activité, semble se répandre à toute vitesse au Québec. Souvent moins exigeants que les clubs d’activité sportive, ils font appels à tous, quoique souvent dédiés à une catégorie d’âge. De tels clubs se retrouvent même fédérés à l’échelle du Québec. C’est le cas du Réseau FADOQ, qui compte plus de huit cents clubs, dont certains dans les Pays-d’en-Haut, comme Les 4 Saisons d'Adolphe, dans la municipalité voisine. La FADOQ peut aider à l’organisation de votre club. On devrait aussi pouvoir compter sur Loisirs Laurentides.
Le Club 50 ans + de Claude-Robillard, qui profite de la collaboration et d'une subvention de la Ville de Montréal et utilise les installations de ce complexe sportif, est ouvert à tout citoyen de la Grande région de Montréal. En plus de privilégier les activités à caractère sportif, un tel club offre des activités sociales à ses membres, qu’il s’agisse de visites à la cabane à sucre, de dîner de Noël ou autre. Fort de ses 700 membres, il s’est doté d’un conseil d’administration.
Les associations de lacs, lorsqu’elles ne s’adressent pas à l’ensemble d’une collectivité, pourraient former des clubs, dont la vocation ne serait plus centrée sur la préservation des cours d’eau, mais sur l’activité sociale.
Des clubs de village s’associeraient à l’échelle d’un secteur, puis à celle de la municipalité. À l’occasion, et avec des moyens plus importants, certaines activités s’adresseraient donc à l’ensemble des clubs de Wentworth-Nord, comme le font les assemblées municipales. Elles permettraient l’émergence d’un sentiment d’appartenance et créeraient un rapprochement salutaire entre les citoyens de tous ses secteurs.
La municipalité, qui vient de « reconnaître » différents regroupements sur son territoire, pour leur offrir quelques avantages, aurait dû donner le coup-de-pouce nécessaire à la mise en place de telles associations. Mais ces dernières auraient leur propre autorité, voire un conseil d’administration autonome.
Par Carl Chapdelaine























































