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Trémolos du huart à collier

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Faune enclavée

Depuis quelques années déjà, nous entendons parler de corridors écologiques, fauniques, ou à autre appellation. La plus récente campagne de sollicitation de Conservation de la nature Canada (CNC) nous fait imaginer un animal peu connu au Québec et dont la survie serait menacée par l’empiètement de notre habitat sur le territoire forestier. Trois petits lynx s’agitent autour de leur mère étendue de tout son long; tentant inutilement de la réveiller. La perte de ses territoires de chasse, barrés par de nouvelles routes, les constructions, les clôtures et l’exploitation humaine, l’aura réduite à la famine. 

CNC dit travailler, avec ses partenaires, à la protection de corridors fauniques, au Québec comme à l’échelle du Canada. Ce travail a surtout porté sur la sensibilisation des propriétaires fonciers ou des collectivités qui voisinent ces corridors, ainsi que sur l’acquisition de terres pour les créer ou les conserver. Selon leurs observations, «…la création et le maintien de corridors fauniques … permettent au lynx (et à d’autres espèces, comme l’ours noir) de se déplacer entre ses différents territoires de chasse et de reproduction. Ces corridors sont aussi indispensables pour la diversité génétique et le maintien de saines populations.»*

Enclaver l’habitat faunique pour désenclaver le nôtre? La construction de routes est une source majeure de fragmentation de l’habitat. Ainsi, le chemin du Lac-Thurson a coupé en deux un secteur naturel presque aussi vaste que le lac Saint-François-Xavier. Pour la faune, il en a déjà ostensiblement enclavé la moitié. L’autre partie le sera lorsque l’on municipalisera éventuellement et normalisera la voie privée qui relie ce chemin aux habitations du lac Notre-Dame. Avons-nous mesuré l’impact sur cette faune de telles infrastructures?
 
Cette barrière repoussera inversement les tentatives du castor de reprendre possession du lac Thurson; aussi bien que celles du coyote ou du renard de venir l’y chasser. S’il arrive à la franchir, le cerf pourrait s’en servir de rempart face au loup; tandis que les riverains auront aussi moins à craindre des visites de l’ours. Bien sûr, le territoire forestier est encore presque infini au pays. La faune sauvage a encore de quoi vivre; surtout à Wentworth-Nord. Mais ne le grugeons-nous pas systématiquement et à un rythme inquiétant?

Peut-être ignorée dans l’établissement de  la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme du Québec, il y a vingt ans, la reconnaissance de cette connectivité faunique a commencé à apparaître dans les plans d’urbanisme municipaux. On a même développé des protocoles d’identification de tels corridors ou lieux de passage; comme pour le Corridor appalachien, en fonction de l’autoroute 10. On a aussi plusieurs exemples aujourd’hui de corridors routiers, ces tunnels sous les autoroutes qui permettent aux animaux de les franchir. Cette connectivité nous paraît aussi jouer un rôle dans la migration d’espèces venues de plus au sud, ou auprès de notre faune devant migrer vers le nord, en raison du réchauffement climatique.

La Fondation de la faune du Québec vient d’approuver «la réalisation de dix projets pour favoriser la connectivité des habitats dans les cinq zones ciblées par le projet Corridors écologiques : une stratégie d’adaptation aux changements climatiques 2017-2020, pour une enveloppe totale de 382 500.»  «Cette connectivité permet de contrer les effets néfastes de la fragmentation des habitats sur la faune.»

  1. Fondation de la faune du Québec : Communiqué
  2. Les 10 projets

  Deux projets concernent spécifiquement les Laurentides et l’Outaouais, en subventionnant:

  • Pour la zone de connectivité Oka – Tremblant, l’organisme Éco-Corridors Laurentiens; avec son projet : Les corridors écologiques: Une stratégie d'adaptation aux changements climatiques.
  • Pour la zone de connectivité Plaisance – Tremblant, Conservation nature Canada; avec son projet : Maintien des corridors écologiques – Plaisance-Tremblant.

Un peu comme pour le travail d’un organisme tel que Plein air Sainte-Adèle (PASA) dans la conservation, voire la restauration, de pistes de ski de fond ou autre, on tentera «d'identifier les zones critiques à la connectivité, en procédant au démarchage auprès des propriétaires forestiers, ainsi qu'à la formation et au soutien des municipalités et des organismes de conservation de ces zones».

Autres sources:
-       Wildlife corridors vs climate change CBC
-       Corridors in conservation
-       NCC
-       Staying Connected
-       Éco-corridors laurentiens

*(Tiré d’une lettre du PDG : «Allons-nous abandonner le lynx du Canada?»)

Par Carl Chapdelaine

De l’autre côté du miroir (3)

La municipalité de Wentworth-Nord avait invité M. J.-L. Courteau, du Centre d’interprétation des eaux Laurentiennes (CIEL), à reprendre la présentation de ses découvertes au fond de nos lacs, particulièrement au lac des Seize Îles. En ce samedi soir du début d’octobre, une douzaine de résidents, avec une bonne délégation du lac Saint-François-Xavier, allaient partager pour quelque trois heures la passion de ce plongeur.

D’entrée de jeu, M. Courteau précise qu’il n’est ni géologue, ni archéologue, ni autre scientifique ; mais qu’il apprécierait se voir qualifier d'«explorateur». Sa présentation prend forme sur écran, à l’aide des différentes prises de vue et photos captées sous la surface et au fond des lacs. 

Contrairement peut-être à ce que nous avions déjà vu, les formations géologiques, roches diverses, cavernes, etc., qu’il a pu explorer nous semblent ici au premier plan ; mais sans oublier la faune et la flore aquatique, ni la découverte d’objets jonchant les rives habitées.   L’auditoire est fasciné par la richesse de ce qu’il découvre dans les profondeurs du lac des Seize Îles, à l’aide des explications de M. Courteau.

En effet, c’est tout un monde que notre explorateur nous présente. Comme ces microorganismes qui s’accrochent aux roches pour former un biofilm ; en compagnie d’être minuscules, comme les hydres avec leurs tentacules et le venin paralysant qu’elles injectent à leurs proies. Il fait le lien avec les bactéries, en fait des cyanobactéries, qui peuplaient déjà les océans depuis l’aube des temps, et qui, par l'hydrolyse de l'eau, libéraient de l'oxygène. Elles auraient permis, à partir de nouvelles bactéries capables de respirer l'oxygène, la vie telle que nous la connaissons sur notre planète. Futura-sciences 

De même, devant les photos de roches plissées de toutes les manières, il nous explique qu’elles étaient à l’origine amalgamées avec du marbre, dissous jusqu’à disparaître avec le temps ; pour ne laisser souvent que du quartzite. Il y avait donc du calcaire à un moment de la formation de roches que l’on voit maintenant dans ce lac ; comme on en trouve dans le fond des mers. Et comment cela peut-il s’expliquer dans un lac qui, comme tous ceux de nos Laurentides, sont dits d’origine glaciaire ? M. Courteau arrache d’ailleurs de nombreux échantillons qu’il fait parvenir à un géologue de l’université d’Ottawa qui s’intéresse à ses découvertes.

Puis, notre explorateur ne veut pas oublier de nous énumérer les principaux poissons qu’il rencontre, dont les achigans qui semblent s’intéresser de près à ses excursions sous-marines. Il y a aussi les brochets, plutôt timides, les lottes, les dorés et la truite grise, ou touladi. Il nous rappelle sa découverte de truites d’une trentaine de centimètres qu’il voit comme danser à la verticale dans une grotte ; du jamais vu pour les experts ! Une danse nuptiale inconnue ?

Mais il y a aussi le myriophylle à épi ; un terrible envahisseur. Il produit de l’ammoniac qui, à terme, peut tuer la vie dans un lac. Et ces étendues d’algues microscopiques que l’on peut voir comme des nappes, à la surface de ce lac ! Les pratiques de l’homme, avec une surcharge en phosphore, doivent expliquer cette prolifération, conclut-il.

Il ne faut pas oublier l’essentiel : la découverte de ce vase huron que l’on data de 500 ans; le seul jamais trouvé intact. Puis d’un second vase, iroquoien; celui-là en deux morceaux; qui datait de 700 ans et qui devait avoir contenu de la sagamité. Et la pirogue entière découverte en Outaouais ; et dont on connaîtrait même le propriétaire (un certain Samanga ?).

D’autres anecdotes agrémentent aussi le discours de M. Courteau : la sacoche de Nicole Deschamps que l'on a retrouvée, échappée à l’eau 30 ans plus tôt. La bague, remise à celle qui l’avait perdue avec son porte-monnaie. Et la méprise concernant la boîte précieuse recueillie près de la rive …au lac Saint-François-Xavier ; et qui s’avéra être l’urne funéraire de Mme Lucie Beaulieu !

Puis il relate la découverte et l’histoire de la Studebaker 1929, garnie de skis à l’avant et de chaînes à l’arrière et roulant sur la glace du lac avant de s’y enfoncer. Elle précédait une équipe de bûcherons qui rentraient à la maison sur des traîneaux tirés par des chevaux, la veille de Noël. De l’attelage avec son chargement de bois trouvé au fond du lac. Seules des photos et quelques reliques ont cependant pu être repêchées de ces événements.

Il nous rappelle le glissement de terrain au lac des Seize Îles; événement récent, qui a entraîné maisons et autres dans le lac ; tout en causant un petit tsunami jusqu’aux rives voisines.

Le plongeur nous montre aussi des photos de la belle vaisselle et de ces bouteilles de verre dont certaines ont de bien curieuses formes et de mystérieux usages.
Il nous apprend que le bois qui a passé cent ans dans l’eau prend une certaine patine(?) qui en fait parfois une marchandise précieuse pour les connaisseurs.
Il termine sa présentation par la diffusion d’une ode aux lacs remplis de mystères, qui en vante la richesse tout en soulignant la fragilité.

M. Courteau répondra aux questions d'un auditoire enthousiaste.
Quelqu’un lui demande s’il a plongé au lac Saint-François-Xavier. Il répond que oui ; mais que l’eau est noire. Il y a une épaisse couche de sédiments au fond ; il indique une douzaine de centimètres avec son pouce et son index. Elle empêcherait de repérer des artéfacts ou autre petits objets. On a pourtant déjà trouvé des pointes de flèche autour de ce lac, signale-t-il.

Par Carl Chapdelaine

Tournages sous-marins

La présentation de M. Richard Lahaie, plongeur professionnel et réalisateur québécois bien connu à la télé (Passe Partout, Watatatow, Le Monde de Charlotte, etc.), avait lieu dans le cadre du l’édition 2019 des Journées Arts et Culture de Lac-des-Seize-Îles. M. Jean-Louis Courteau, du Centre d’interprétation des eaux laurentiennes (CIEL), à Lac-des-Seize-Îles, coanimait cette présentation.

Il y a quelques années, M. Lahaie avait été approché par M. Courteau qui cherchait un professionnel pour réaliser le film du retrait du maintenant célèbre vase iroquoien. Il avait découvert cet artefact près de l’Île Cook, lors de l’une de ses plongées au lac des Seize-Îles.

M. Lahaie nous parle d’abord, présentation visuelle à l’appui, des merveilles qu’il a pu observer lors de ses multiples plongées au Québec, dans le Saint-Laurent, comme à divers endroits de la planète. Il relate, entre autres, la richesse du fond sous-marin aux Escoumins comme au lac Ontario, sa rencontre avec des tortues géantes, des lions de mer (otarie de Steller?) en Alaska, etc. La biodiversité est grande, nous précise-t-il, le long de la côte de l’Alaska, où l’abondance de plantes marines, de plancton et autres proies amène les représentants des diverses espèces marines à prendre des dimensions plus imposantes qu’ailleurs. Plus tard dans la présentation, les plongeurs nous relateront leurs rencontres avec les achigans, qui les accompagnent. Ces poissons, très territoriaux, respectent une hiérarchie de pouvoir, dont l’un des chefs, maintenant familier pour nos amis, semblait bien leur indiquer qu’ils étaient sur son territoire et qu’il était temps pour eux de déguerpir.

M. Lahaie nous parle de la formation nécessaire du plongeur professionnel et nous présente l’équipement qu’il utilise pour des reportages sous-marins. Ainsi, l’imposante combinaison isothermique en néoprène du plongeur l’enveloppe hermétiquement, le protégeant du contact de la peau avec l’eau froide. Il nous précise que la température au fond d’un lac peut varier énormément de celle près de sa surface. Si cette dernière avoisine par exemple une vingtaine de degrés Celsius, elle peut descendre à 4° ou 5° au fond d’un lac profond. La fosse du lac des Seize-Îles fait 250 pieds indiquera M. Courteau.

Le plongeur doit avoir sur le dos deux lourdes bonbonnes d’air comprimé, par mesure de sécurité déjà. En passant d’une bonbonne à l’autre en plongée, il avale parfois une gorgée d’eau; comme il peut nous arriver en baignade ou à la nage. Or, analysée au microscope, il s’agit bien d’une soupe à base de multiples micro-organismes; dont se nourrit d’ailleurs une partie de la faune marine formant elle-même un lien de la chaîne alimentaire…

Parmi les quatre vidéos réalisées pour CIEL, M. Lahaie nous introduit dans celle intitulée : «Plonger dans l’histoire». Elle relate la découverte du vase huron et de l’iroquoien. L’un des conférenciers nous rappelle que, lors de la trouvaille d’un tel artefact ici, celui-ci doit être remis au Centre de conservation du ministère de la Culture et des Communications, à Québec. Le film relate donc la découverte d’un vase à demi enfoui dans la vase, la vive réaction de l’archéologue, Roland Tremblay, qui identifie tout de suite là un vase iroquoien, artefact de grande valeur, et l’explication probable de sa présence au lac des Seize-Îles. Les Algonquins, ici des Weskarinis, ne fabriquaient pas de tels vases et le plus probable est qu’il ait été obtenu, plus au sud, lors d’échanges entre groupes autochtones. La présence de carbone à sa surface donne à penser qu’il aurait pu éclater en deux morceaux lorsque utilisé sur un feu, avec son contenu de sagamité probablement. Puis les pièces auraient été jetées à l’eau; pratique que l’Européen a perpétuée au lac.

L’exceptionnel petit musée aménagé par M. Courteau, en haut de l’hôtel de ville, au Centre Marcel-Tassé, ne peut garder que des reproductions des deux vases qu’il a trouvés. L’original vase huron serait actuellement en exposition au Musée canadien de l’histoire, nouveau nom du Musée canadien des civilisations depuis 2013, à Gatineau.

Nous avions appris, dans une présentation de M. Courteau à la mi-mars de cette année, à la SHGPH, que ces vases avaient été trouvés près de l’île Cook, au lac des Seize-Îles, et que M. Courteau avait obtenu d’archéologues de ses connaissances que soit réalisée une fouille archéologique sur l’île cet été. De l'autre côté du miroir (1)  Cette dernière aurait eu lieu la semaine dernière; mais elle n’aurait malheureusement pas apporté la découverte tant espérée d’artéfacts. M. Courteau espère que de futures fouilles, qu’il devra chercher à promouvoir, aboutiront enfin à des trouvailles qui amèneront les projecteurs et l’attention des gouvernements sur la recherche rattachée à la préhistoire de notre continent, ici dans les Laurentides. Son intérêt à œuvrer pour une telle cause et à engranger autant d’initiatives talentueuses, tout en s’entourant d’un comité aviseur de professionnels, nous paraît des plus méritoires et des plus judicieux.

M. Lahaie nous apprendra que le plus vieil artefact trouvé au Québec, à Lac-Mégantic, date de 6 000 ans; que la fabrication de céramique par les Premières Nations remonte à 2 000 ans. M. Courteau relate la découverte d’une hache de pierre de 3 000 ans à Nominingue. Il y aurait eu, selon M. Lahaie, 20 millions d’autochtones à l’arrivée des Blancs sur le continent; alors que leur population fut par la suite décimée par les maladies introduites par ces derniers, les guerres ou l’on ne sait quoi. Il nous rappelle que : «Au moment de l'arrivée de Samuel de Champlain et de l'établissement de la ville de Québec en 1608, il n'y avait plus aucune trace des Iroquoiens du Saint-Laurent rencontrés par Jacques Cartier quelque 75 ans auparavant.» https://fr.wikipedia.org/wiki/Iroquoiens_du_Saint-Laurent

Le plongeur professionnel nous confesse qu’il a appris de M. Courteau la vraie façon de faire de la plongée dans un lac. Sous l’eau, les maîtres du CIEL savent observer; comme le ferait un Dr R. Carignan. Vous avez entendu parler du périphyton qui recouvre les pierres submergées en bordure de lac? Mais peut-être pas du biofilm qui aurait pourtant émerveillé M. Courteau. C’est une couche vivante, constituée principalement de microorganismes ou de petite êtres, dont les hydres, qui, avec leurs tentacules, ne mesurent que quelques millimètres et qui, comme les méduses de la même famille, peuvent injecter un venin lorsque leur proies viennent en contact avec elles; pour les paralyser et les dévorer vivantes.

Parmi les scènes des vidéos tournées sous la surface du lac des Seize-Îles, il y a celle sur la Studebaker qui ramenait des bûcherons sur la glace du lac à la veille de Noël et qui s’enfonça sans que l’on puisse la retenir. En mai dernier, c’est un attelage ayant probablement subi le même sort qui fut ainsi découvert. Aussi, tout un chargement de pitoune qui y dort toujours. Il y a des champs de bouteilles vides dans le lac; comme d’ailleurs un mur entier dans le musée du CIEL. Et ces bouteilles, comme les autres objets ou les artefacts, nous livrent souvent une partie de leur et de notre histoire.

La géologie influe sur cette histoire. S’il y a eu un glissement de terrain au lac dernièrement, c’est que l'Inlandsis laurentidien qui couvrait de son épaisse calotte de glace la majeure partie du Canada actuel, y a laissé des dépôts glaciaires meubles dont les sables et graviers ont fini par se dessouder. Le haut-fond Kelly, qui sert de frayère aux truites, serait aussi le résultat d'un amas de tels sédiments déposés dans une dépression à la surface d'un glacier et formant une colline, un kame, une fois la glace fondue. Et, alors que la fonte de cet inlandsis a ainsi laissé les dernières marques de sa présence dans le paysage, elle provoquait en même temps une montée importante du niveau des eaux qui créa la mer de Champlain. Cette mer lécha jusqu’aux vallées les plus basses de nos Laurentides.

Par ailleurs, la découverte de formations géologiques des plus anciennes dans le lac, par M. Courteau et ses amis de plongée, sous forme de pierres curieusement plissées, suscitent l’intérêt, voire de nouvelles théories sur l'origine du lac. 

À même de l’argile récoltée dans le lac, un projet de CIEL pour 2019 est de demander à des professionnels de recréer un vase comme ceux retrouvés près de l’ile Cook. Enfin, on a aussi imaginé cette année une vidéo à partir d’un «Conte sans fin» autour de la découverte du vase huron. À quoi servira ce vase et que lui arrivera-t-il sans doute? Ce sont les enfants qui donneront la suite au conte. Vous retrouverez les vidéos produites sur le site internet du CIEL. https://artseizeiles.com/la-gouvernance-du-ciel/

Par Carl Chapdelaine

Outaouais en crue

La crue se définit lorsque la hauteur et le débit d’un cours d’eau dépassent leur plage de valeurs normales; on entend alors dire que la rivière sort de son lit. Comme nous pouvons le constater presque à chaque printemps, les crues peuvent résulter de plusieurs facteurs hydrologiques et météorologiques combinés, dont certains vous sont familiers. Parmi ces facteurs, citons l’envergure du bassin hydrographique, la topographie et la dénivellation du lit des cours d’eau, la perméabilité du sol, la couverture de neige ou de glace et sa fonte en fonction de la remontée plus ou moins rapide de la température, l’importance et la violence des précipitations.

Les plus fortes crues auront donc lieu chez nous au  printemps, lorsque les effets négatifs de ces facteurs culmineront ensemble. À la fonte des neiges par exemple, le sol encore gelé des Laurentides est imperméable; de sorte que l’eau de fonte ou de pluie ruisselle rapidement vers les cours d’eau. La dénivellation des rivières est importante, passant des collines du Bouclier canadien à la plaine laurentienne; et elles ont un long parcours. Par ailleurs, sous notre climat, la violence et l’importance des précipitations sont souvent imprévisibles.

L’aménagement de réservoirs, la construction de barrages et de digues, de nature humaine ou résultant de la présence ou de la réintroduction du castor dans le bassin-versant, ainsi que l’existence de zones d’expansion, essentiellement des dépressions naturelles ou artificielles (bassin de rétention*) du terrain qui permettent à l’eau sortie du lit du cours d’eau de s’étaler, apportent un certain contrôle des crues.

Les bassins-versants, comme les cours d’eau qui les sillonnent, forment une hiérarchie. Quelques petits bassins, en amont d’un autre, font partie du grand bassin-versant de ce dernier. Avec ses 1 271 km, l’Outaouais, qui constitue la frontière naturelle entre le Québec et l’Ontario sur la majeure partie de son parcours, jusqu’au Témiscamingue, est la plus longue rivière du Québec  Wikipedia . Son bassin-versant, qui regroupe tous ceux de ses affluents, est plus impressionnant encore. «Les MRC de l’Outaouais et des Laurentides sont totalement (96 % dans le cas des Laurentides) comprises à l’intérieur du bassin versant de la rivière des Outaouais.» «(Il) compte un peu plus de 90 000 lacs… À ces lacs s’ajoute une soixantaine de réservoirs d’une superficie supérieure à 300 km2, dont les réservoirs Cabonga, des Quinze, Baskatong, Témiscamingue et Dozois.» Le bassin-versant de l’Outaouais compte plus de 100 barrages de régularisation de ses différents affluents. Bassin versant de la rivière des Outaouais, mddelcc .

C’est pour beaucoup à l’appui des données hydrologiques et des interventions au niveau de ces réservoirs qui jalonnent la tête du bassin-versant, combiné aux prévisions météorologiques, que la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais tire ses prévisions sur l’évolution de la crue lorsque la rivière débouche dans la plaine du Saint-Laurent, 300 km plus bas. La Commission

Dans la plaine du Saint-Laurent, la Grande Rivière collecte en effet toute cette hiérarchie de bassins-versants qui drainent une part du Bouclier canadien, jusqu’aux confins de l’Abitibi. S’y sont alors ajoutés, entre autres, ceux des rivières Rouge, Petite-Nation, du Lièvre et du Nord. Les inondations les plus importantes que l’on connaisse se situent donc dans cette plaine, le long des parties les plus basses des rives de l’Outaouais, jusqu’au lac des Deux-Montagnes et parfois au-delà.

La régularisation du débit de l’Outaouais, avec ses affluents, pour éviter les inondations ne date donc pas d’hier. Mais l’on peut facilement imaginer l’immensité de la tâche et le travail encore à faire sur le terrain, comme au niveau météorologique, pour mieux traduire dans un modèle prévisionnel la convergence des variables qui va produire les plus fortes crues printanières. Parallèlement, l’établissement et la mise à jour perpétuelle des cartes géographiques automatisées des zones inondables demeurent un défi de taille. De 1976 à 2001, un programme fédéral-provincial de cartographie a permis la production de 500 cartes officielles du risque d’inondation par des crues de récurrence de 20 ans et de 100 ans sur le territoire d’environ 245 municipalités. Mais les normes retenues tiennent-elles toujours devant l’évolution de la situation et dans le contexte des changements climatiques?

«Au Québec, la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme prévoit que les municipalités régionales de comté (MRC) et les municipalités locales doivent déterminer les zones à risque d’inondation sur leur territoire. À ce titre, les MRC et les municipalités doivent intégrer dans leurs documents de planification et leurs règlements d’urbanisme les cotes de crues ou les cartes des zones inondables déterminées par le gouvernement. Elles doivent également régir, voire prohiber, les constructions, les ouvrages et les travaux dans de telles zones.» Zones inondables, MELCC

La plupart des lacs de nos Laurentides probablement n’ont pas à subir les menaces combinées d’autant de facteurs de crues. Ils sont affectés par des conditions naturelles plus localisées. De par sa position à la tête de son propre bassin-versant, le lac Saint-François-Xavier (avec ses quelques petits tributaires) ne subit pas le poids de cette hiérarchie des bassins-versants que nous mentionnions plus haut. Par contre, il contribue aux crues de la rivière à Simon, de la rivière du Nord et parfois, quoique modestement, …aux inondations subies dans la plaine de Montréal!

*On pourrait en imaginer par exemple, si besoin était, le long du Corridor aérobique, là où l’ancienne voie ferrée côtoyant un cours d’eau et surélevée par rapport au terrain environnant a créé une digue isolant des terres basses. Il y a un exemple de tel cas, passé l’entrée Nord-Ouest du Sentier des Orphelins; ou même celui du petit morceau de lac coupé par la rue du Chemin-de-fer. Il serait même facile d’y retenir temporairement l’eau d’une crue par un dispositif de vanne.

                                                                                                                             Par Carl Chapdelaine

Réserve naturelle ruisseau Jackson

Cette nouvelle aire protégée est située à Morin-Heights. Le ruisseau Jackson pour sa part prend sa source au lac Anne, juste à l’extérieur du coin où la municipalité de Wentworth-Nord borde, à la fois, celles de Wentworth et de Morin-Heights. Après avoir alimenté le lac Écho, il se jette dans la rivière à Simon juste à l’est de l’intersection de la route 364 et de la 329(sud). Une réserve naturelle reconnue s’inscrit dans un contexte plus global d’aire protégée. Au Québec, cette dernières définit «Un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l'encadrement juridique et l'administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées». Aires protégées, MELCC.

Ce projet est l’aboutissement d’une entente entre promoteurs privés et la municipalité de Morin-Heights pour protéger une partie du bassin-versant du ruisseau Jackson, de façon à assurer la qualité de l’eau du ruisseau et, par voie de conséquence, des lacs qu’il alimente, ainsi que des sentiers et autres ressources spécifiées dans l’entente. Promoteurs privés et municipalité trouvent chacun leur compte dans cet espace consacré «vert» et où certaines activités sont maintenant réglementées.

Un promoteur privé peut se prévaloir du statut de «Réserve naturelle en milieu privé» du gouvernement du Québec pour ainsi rester propriétaire des terrains désignés; ce qui était un prérequis pour ce projet. La consécration en réserve naturelle peut être perpétuelle ou pour un terme minimal de 25 ans. Tim Watchorn, le maire de Morin-Heights, indique que la «Réserve naturelle ruisseau Jackson est un élément clé d’une série d’espaces verts reliés entre eux qui permet la préservation, pour les générations à venir, du réseau de sentiers et des revenus qu’ils rapportent à la municipalité…»

Voyez le détail de la réalisation de ce projet : Ruisseau-Jackson.

Par Carl Chapdelaine

De L'autre Côté Du Miroir (2)

La présentation de M. Jean-Louis Courteau, organisée par la Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut (SHGPH), fut introduite par celle de M. Luc Lamond, maire de Lac-des-Seize-îles de 2009 à 2013. Qui ne peut être plus au fait de ce que représente le lac des Seize-Îles ou la municipalité du même nom, que son ancien maire, un magistrat au patronyme bien local et qui s’est épris de l’histoire de ces deux entités? Son exposé allait nous replonger dans l’histoire du lac et du village.

Il n’y avait pas grand monde au lac des Seize-Îles au 19e siècle; quelques cabanes en rondins seulement sur ses rives. Il n’était fréquenté que par des pêcheurs et des chasseurs venus de la région de Lachute, voire d’Ottawa. Notre histoire  Mais des Irlandais, de la Grande famine, s’étaient installés au lac Long, aujourd’hui le lac Laurel, et dans lequel se jette le lac des Seize-Îles. Par ailleurs, un couple de Saint-Sauveur, Charles-Adonias Millette et Clémence Moürez, originaire de Besançon, marié en 1859 et qui eut 15 enfants, s’est retrouvé dans le secteur (au nord du lac Argenté). [«Ambroise Rochon et Émerande Godon (qui y habitaient) … font donation de leurs biens, (leurs lots), les bâtiments, les animaux et autres effets mobiliers, à leur neveu Charles-Adonias Millette et à son épouse Clémence Mourez.» (Biographie fournie par M. Fernand Janson.)] Le chemin que l’on emprunte pour aller de Laurel au sud du lac des Seize-Îles a pris le nom de Millette.

M. Joseph C. Rodger, ancien propriétaire d’un moulin à scie à Roxton Falls, dans les Cantons-de-l’Est, et habitant alors à Lachute, venait pêcher au lac des Seize-Îles. Il savait que la «Montfort Colonisation Railway Company» prévoyait prolonger son chemin de fer de colonisation de Montfort vers Huberdeau, où se trouverait la plaque tournante permettant de faire demi-tour, tout en passant au nord du lac, encore inhabité. Devenue la «Montfort and Gatineau…», la compagnie envisageait même de rejoindre la vallée de la Gatineau.* Il s’installa alors là, à la tête du lac, avec des concitoyens de Lachute et développa son projet d’y construire un moulin à scie.

Le train arriva enfin en 1895. Chemin de fer dit «économique», sa voie étroite allait être convertie en voie standard en 1897. Il aurait été autrement impensable de continuer à transborder la marchandise et le bois à la Jonction Montfort qui reliait ce chemin de fer avec celui du Canadian Pacifique montant vers Labelle. (La Jonction fut en même temps déménagée du nord de Shawbridge au sud de Saint-Jérôme.)* En 1901, le pavillon Brunet servit de première gare au nouveau village.

Le moulin à scie fut établi avec l’équipement livré par le train. Il était alimenté par le ruisseau venant du lac Proctor. Comme au lac Saint-François-Xavier, on utilisait le flottage du bois en été; mais ce dernier allait plutôt, ici, remonter le courant. Un bateau à moteur devait donc remorquer les assemblages de bois. En hiver, on passait aux traîneaux tirés par des chevaux. Parmi le bois coupé, le beau chêne équarri était une matière d’exportation vers l’Angleterre; matériau réquisitionné pour la flotte de sa Majesté. D’autres essences dures serviraient de bois de chauffage pour les Montréalais.

Le village connut alors une sorte de boom économique. L’ère était encore à la colonisation; mais la villégiature et le tourisme devenaient aussi à la mode. La terre était pour beaucoup de la moraine glaciaire; rien de propice à l’agriculture. Après l’exploitation du bois, il n’y aurait plus rien. Les carcasses des grumes équarries allaient servir au revêtement des maisons. Hôtels, maisons de chambre et pensions ainsi que divers commerces apparurent au tout début du 20ème siècle.

Il n’y avait, pas plus qu’aujourd’hui, de route longeant le lac; la Verchère et les voiliers servaient de moyen de transport aux villégiateurs qui s’installaient sur ses rives. Il s’était formé un groupe social, appelé le Sixteen Island Lake Fishing Club, qui obtint le contrôle de la pêche dans tout le secteur. C’est ce même Club qui entreprit les démarches légales menant à la création de la Municipalité en 1914. Le Club existe toujours aujourd’hui; mais, en 1976, Québec «annoncera la fin des baux de droits exclusifs de chasse et de pêche» (Le Quotidien) . Il y eut, continua M. Lamond, érection d’un barrage, en 1909, à la décharge du lac dans le lac Long, qui remonta le niveau de l’eau de 18 pouces, tout en assurant la stabilité de ce niveau.

Par Carl Chapdelaine

*Montfort, Premier train à vapeur

De l'autre côté du miroir (1)

La présentation par M. Jean-Louis Courteau, organisée par la Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut (SHGPH), le 9 mars 2019, allait nous révéler ce qu’un adepte de la plongée peut trouver comme objets au fond des lacs de nos Laurentides.

Fouiller le fond du fleuve Saint-Laurent, à l’origine, avait amené un jour cet artiste peintre, blogueur et plongeur, à la recherche d’une épave dans le fleuve Saint-Laurent, plus précisément au lac Saint-Louis, celle du SS Cécilia L. (C’était un bateau à vapeur commercial construit en 1910, qui fit un funeste naufrage et dont la cargaison contenait, entre autres, 100 caisses de gin De Kuyper.) Wikipedia: le SS Cécilia L  En fait, à l’époque, notre conférencier aurait préféré trouver un type de bouteille à fond rond (cintré), comme vous n’en avez jamais vu et qui n’était pas connu pour offrir un tel alcool. Ce genre de bouteille pouvait plutôt contenir des boissons gazeuses; son bouchon de liège devait rester humecté et la bouteille laissée couchée, comme pour le vin.*

Mais quand on demeure à Morin-Heights, pourquoi ne pas regarder à plonger plus près? Le hasard d’une rencontre peut-être allait l’amener à apporter son équipement au grand lac des Seize-Îles. C’est d’ailleurs au hasard que M. Courteau prête le fait que Madame Nicole Deschamps sera la prochaine conférencière à la SHGPH, le 13 avril 2019; personnage de premier plan dans sa propre présentation. Encore par hasard qu’il était jadis tombé sur un vieux livre de poésie intitulé Johnnie Courteau, écrit par William Henry Drummond en 1903 et qui aurait pu lui être destiné. Il accorde aussi au hasard le mérite de plusieurs des découvertes à son crédit qui suivront.

Et heureusement notre conférencier, qui avait l’idée d’exposer les objets sortis du lac, par lui et son groupe de coéquipiers ayant formé le Centre d’Interprétation des Eaux Laurentiennes (CIEL), avait approché le maire de ces années-là (2009-2013), M. Luc Lamond, en ce sens. Centre le ciel , La mission du CIEL M. Lamond, un magistrat au patronyme bien local et qui s’est épris de l’histoire de ces deux entités, ne pouvait refuser et l’on peut maintenant monter au CIEL et à un petit musée des plus intéressants aménagé dans l’ancienne école qui abrite l’hôtel de ville. Visite au CIEL

Qu’est-ce que l’on peut trouver au fond d’un lac comme celui des Seize-Îles? En fait, c’est surtout en bordure de lac et devant les chalets que peuvent s’accumuler le plus d’objets. Pour une raison pratique à l’époque, vu l’absence de chemin, c’est là qu’on jetait quantité de rebus d’usage commun et dont une partie ne se dégrade pas, comme des bouteilles. Plus la rive est pentue, meilleures sont les chances que les objets ne soient pas enfouis dans la vase, et donc qu’ils deviennent accessibles au plongeur.

Devant l’une des résidences, la présence de bouteilles associées à la conservation de liquide révélateur pour la photographie pouvait donc indiquer que son propriétaire exerçait cette profession. C’était bien le cas; la bouteille de marque Geo. Barrat correspondait au nom de ce monsieur. Les objets trouvés ici ou là peuvent donc parfois en dire long sur la vie des personnes ou des événements qui les y ont portés. Quantité de bouteilles de boissons alcooliques ou de lait provenant de Montréal plutôt que des environs, laissait aussi à penser que les villégiateurs apportaient, comme aujourd’hui, leurs biens de consommation courante de leur lieu de résidence permanente.

Avec CIEL on plonge encore dans l’histoire. On a retrouvé la Studebaker Erskine 1929, garnie de skis à l’avant et de chaînes à l’arrière et roulant sur la glace du lac. Elle précédait une équipe de bûcherons qui rentraient à la maison sur des traîneaux tirés par des chevaux, la veille de Noël. L’auto cala lentement sans que les hommes, armés de planches, puissent l’empêcher de couler au fond. C’est M. Rolland Charrette, témoin de l’événement à treize ans, qui raconte cette histoire dans une vidéo mise en ligne par le CIEL.

Certains objets sont également échappés dans le lac. C’était le cas d’une sacoche retrouvée par M. Courteau. Sa propriétaire pouvait être identifiée; il s’agissait d’une Madame Nicole Deschamps. Une photo presque intacte la montrait avec un ami probablement. La dame fut retracée à Philadelphie par Facebook, et le téléphone lui annonçait qu’on avait retrouvé sa sacoche …échappée à l’eau trente ans plus tôt! L’ami sur la photo était depuis devenu son mari et la famille a toujours un chalet au lac. Il est situé sur la pointe Charmette; le nom viendrait du titre d’un poème d’un certain William Henry Drummond, qui y aurait habité… Monsieur Courteau et madame Deschamps allaient se revoir au lac, à la belle saison, et pouvoir ensemble approfondir son histoire. En profondeur, vol. 13, no 4

Les Algonquins Weskarinis avaient occupé les Laurentides avant l’homme blanc; certains y étaient probablement installés au lac des Seize-Îles; ils ne connaissaient pas la bouteille, mais utilisaient des vases. Comme pour les villégiateurs, il arrivait que des vases atterrissent au fond du lac. Près d’une île qui laissait croire à une fréquentation par nos Indiens, M. Courteau, qui n’est pas archéologue, eut l’occasion de retirer de la vase une poterie qui lui sembla d’abord quelconque. Après examen au grand jour, il jugea toutefois que le vase méritait d’être inspecté par un expert. Il s’agissait d’un vase huron que l’on data de 500 ans, le seul jamais trouvé intact. Un second vase, celui-là en deux morceaux, fut bientôt aussi sorti du lac. Il datait de 700 ans et s’avérera être iroquoien du Saint-Laurent. L’analyse en laboratoire a permis de savoir qu’ils avaient servi à contenir de la sagamité, une sorte de bouilli traditionnel à base de poisson, de viande et de maïs.

En territoire algonquin, de telles trouvailles ne pouvaient résulter que d’échanges commerciaux entre ces peuples. Toute trouvaille de cet ordre devant être déclarée au gouvernement, et l’objet lui être remis, le CIEL ne peut que se contenter de copies dans son musée ou pour des exposés à l’extérieur. Mais le profane n’en fait pas la différence. Les originaux peuvent, par la suite, être parfois empruntés; mais ils risquent autrement de dormir à l’abri des regards, dans la capitale. Au début du 20e siècle, des Indiens venaient encore en canot, chargés de paniers tressés qu’ils vendaient aux gens de la place.

Un rêve de M. Courteau et de son groupe semble pouvoir se réaliser cet été au lac. L’île, près d’où fut trouvé le vase iroquoien, fera l’objet de fouilles archéologiques. Cette initiative, normalement coûteuse, ne sera pas le fruit d’une assistance du gouvernement, mais celui de l’intérêt d’un groupe composé d’archéologues. M. Courteau déplore le manque d’appui public à de telles recherches et il espère qu’un éventuel succès de ces fouilles inaugurera une nouvelle ère à ce sujet. Le fait que lui-même ne soit pas plus autorisé que vous ou moi à entreprendre des fouilles archéologiques ne l’aide en rien à se consacrer à une tâche patrimoniale aussi méritoire. Il doit même mettre la main à la pâte pour générer les fonds nécessaire à son entreprise. Ainsi, l’artiste-peintre a produit deux toiles en utilisant, entre autres, de l’ocre rouge ainsi que du noir obtenu à partir d’une pierre que recèle le lac, comme le faisaient les autochtones. Elles sont mises à l’encan sur la page Facebook du CIEL et sur le site de peinture de M. Courteau. L’encan se terminera au solstice d’été, le 21 juin 2019. Centre le CIEL, FacebookPeinture,Délires et Autres Nécessités... 

En 2017, un plongeur a trouvé une pirogue encore en un seul morceau, en Outaouais; la seule trouvée dans cet état au Québec. La pirogue était plus résistante que le canot; mais trop lourde pour le portage. Elle devenait essentielle pour le passage de certains rapides. On les y laissait pour les prochains voyageurs.

Il n’y a pas que des découvertes archéologiques au palmarès de CIEL; des trouvailles géologiques, sous la forme de pierres de formation ancienne étonnantes, bouleversent aujourd’hui la notion même de la formation de nos lacs, présumée glaciaire. Géo-Outaouais

Trouvailles biologiques également; puisque M. Courteau a pu observer des truites grises dansant à la verticale dans une grotte sous-marine du lac, pratiquant probablement une danse nuptiale dont on n’avait jamais entendu parler.

Par Carl Chapdelaine

*«Les bouteilles des premières boissons gazéifiées sont fermées par des bouchons de liège maintenus fermement par des fils métalliques. Comme il faut les entreposer la tête vers le bas pour que le bouchon ne sèche pas et pour éviter les fuites de gaz, elles ont le fond cintré.» L'Encyclopédie canadienne

Note: L'article en entier devrait être publié dans le prochain numéro de La Mémoire, de la SHGPH.

De l'autre côté du miroir

[Thème de la conférence :
Cette conférence est animée par Jean-Louis Courteau, qui démontre le potentiel historique que recèlent nos plans d’eau et les trésors des siècles passés qu’il y a découvert. Il est d’ailleurs l’un des fondateurs du Centre d’interprétation des eaux laurentiennes (CIEL).
Peintre amateur et passionné de nature et d’aventures sous-marines, Jean-Louis Courteau nous transmet sa ferveur pour la plongée, l’archéologie, la géologie et la biologie, le tout illustré de vidéos et de photos qui vous immergeront dans ce monde étrange et méconnu.

"En bas, dans le monde du silence et des ombres, des trésors dorment, rêvant de siècles et de millénaires". Cette conférence traite des mystères et des merveilles du monde sous-marin des lacs et rivières, dont d’importants vestiges autochtones.] Source: SHGPH.

La villégiature à W-N et dans les Pays-d’en-Haut

Selon le Recensement de 20161, sur 1 989 logements privés à Wentworth-Nord, ceux non occupés par des résidents habituels (donc des villégiateurs) est de 1 248, i.e. 63% (9 025 sur 29 723 dans la MRC des Pays-d'en-Haut, i.e. 30%). En 20112, sur 1958 de ces mêmes logements privés à W-N, il y en avait 1214 de villégiateurs, soit 34 de moins. L'ensemble des ménages étaient composés à 78% de deux personnes, pour une moyenne totale de 2,3 personnes par ménage; mais la MRC estime plutôt à 3 le nombre de personnes par logement de villégiature, ce qui nous donnerait 3 744 villégiateurs en 2016 pour Wentworth-Nord. Dans son Profil socio-économique des Pays-d’en-Haut de 20153 et en se basant sur les rôles d’évaluation, la MRC calcule aussi que le Recensement sous-estime légèrement le nombre de logements de villégiature sur son territoire.

Dans son Mot de l’économiste d’avril 20184, la FCIQ, la Fédération des chambres immobilières du Québec, affirme qu’il y a eu un record de vente de propriétés de villégiature au Québec, en 2017, avec 5% d’augmentation sur 2016 pour le territoire étudié. C’était pour une quatrième année de suite et un peu plus que pour les propriétés courantes. Mais sa définition d’une propriété de villégiature est celle d’une maison habitable à l’année (sur le bord d’un lac, etc.), que le propriétaire y réside de manière permanente ou qu’il l’utilise comme résidence secondaire. Dans la région administrative des Laurentides (des Hautes-Laurentides jusqu’au bord de la rivière des Mille Îles), leurs ventes auraient bondi de 11%. Leur prix est légèrement plus élevé que celui des propriétés courantes; ce qui indique qu’elles représentent une valeur ajoutée aux yeux des preneurs. Et la tendance est bonne; le Mot remarque ainsi que «…des baby-boomers, au moment où leur lien avec le travail s’atténue, troquent leur unifamiliale en banlieue pour une propriété dans un lieu de villégiature.»

On peut voir que l’avenir socio-économique de Wentworth-Nord sera étroitement lié à la présence et au développement de la villégiature; si près de la région métropolitaine, il ne saurait en être autrement. Les 63% des logements privés qu’elle représente ne devraient, à notre avis, cesser de croître. Comme pour l’ensemble des MRC concernées et devant les défis de la protection de l’environnement ou du milieu de vie entre autres, la planification de ce futur est essentielle. Dans le plan d’urbanisme de la Municipalité, de 20105. On pouvait lire : «L’économie de la MRC des Pays-d’en-Haut et de la région laurentienne est fortement axée sur les activités reliées au récréotourisme et à la villégiature. Wentworth-Nord propose d’ailleurs une représentation sans équivoque des atouts qu’offre la région à cet égard.» «Avec ses lacs et ses nombreuses forêts, elle contribue fortement au caractère de villégiature et de plein air de la région.»

L’idée de cet article était de dépeindre plutôt les traits, les sentiments, les activités ou les obligations d’un villégiateur face à l’existence de son deuxième milieu de vie; ce sera pour une autre occasion… La corvée et le stress rattachés à l’ouverture et à la fermeture annuelle du chalet d’été n’étaient pas étrangers à la naissance de cette idée. À l’origine, le rêve de la villégiature commande la recherche de ce type de propriété et d’environnement; avec l’âge, certains finissent par devoir choisir entre la fermeture du chalet et celle de la résidence principale.

1. Profil du recensement 2011

2. Profil du recensement 2016
3. Profil socio-économique des Pays-d’en-Haut, 2015
4. Mot de l’économiste
5. Plan d’urbanisme, 2010
L’industrie du tourisme MRC des Laurentides
Le tourisme au Québec en bref 2016 


Note : Signaler toute erreur svp. 

Par Carl Chapdelaine

Faune : survivre à l’hiver

Nous voyons les minuscules mésanges toujours actives en hiver; mais comment font-elles? Pour survivre à cette saison glaciale, elles doivent se gaver de nourriture grasse, comme les graines de tournesol. Ici Radio-Canada  Le naturaliste Brian Keating explique : « Pendant les nuits les plus glaciales, quand il y a du givre, elles entrent en hypothermie. La température de leur corps baisse et elles le tolèrent. » Certaines peuvent même trouver refuge sous la neige. Grâce à une circulation appropriée du sang, les bernaches et oiseaux semblables peuvent éviter de geler sur la glace. Le minuscule sizerin blanchâtre, une petite fournaise ambulante, fréquente même la toundra. C’est souvent, en fait, une transformation corporelle saisonnière qui s’opère chez cette faune ailée; avec parfois l’hypertrophie de certains organes.

Certains de ces oiseaux ont également des techniques appropriées pour trouver leur nourriture, voire jeûner au besoin. Le dindon sauvage niche dans les conifères pour se protéger en hiver. «Les arbres et arbustes qui conservent leurs fruits sont des sources essentielles de nourriture pour le dindon.» Héritage faune

Le chroniqueur Pierre Gingras, féru d’ornithologie, résume en indiquant que l’oie, le merle d’Amérique, le grand héron et plusieurs autres peuvent survivre à nos hivers, entre autres avec une couche de duvet ou en changeant leur température corporelle. oiseaux-resistent-froid-pierre-gingras Il est à espérer que l’adaptabilité de la mésange et autres animaux à leur environnement puisse leur permettre d’affronter les changements climatiques qui nous menacent.

La chute de la température, la modification de l’habitat terrestre comme aquatique en hiver, le manque de nourriture sont des facteurs qui peuvent décider du sort des espèces et qui constituent donc un facteur de l’évolution, aussi bien de la faune que de la flore, démontre le texte très exhaustif d’Annie Langlois : «Faune et flore du pays - La faune en hiver», Fédération canadienne de la faune. On y lit que les invertébrés, comme les vers de terre et les papillons, qui ne peuvent produire leur propre chaleur ou/et qui ne peuvent trouver à se nourrir, entrent en état de dormance ou migrent vers des lieux plus chauds. La dormance, un ralentissement extrême parfois du métabolisme, peut signifier pour certains de ne pas être définitivement transformé en morceau de glace grâce à une sorte d’antigel naturel. Pour d’autres, elle implique la recherche d’un abri sous la terre, l’écorce des arbres ou l’eau libre pour les espèces aquatiques.

Les poissons profitent aussi de l’eau libre pour survivre à l’hiver. Comme pour les invertébrés, leur corps prend la température de l’eau; avec son refroidissement, leur métabolisme ralentit et ils entrent aussi dans une sorte de dormance, mentionne Annie Langlois. Rappelons que, en hiver et contrairement à ce qui se passe en été, l’eau des lacs est plus froide en surface, sous la glace, qu’en profondeur. En fait, la température de l’eau au fond des lacs serait plus constante à l’année longue, ce qui conviendrait mieux à plusieurs espèces de poissons, comprenons-nous. rappel.qc.ca/lac/plantes-aquatiques La glace empêche aussi la formation de vagues et les échanges gazeux. Un manque d’oxygène dissous, souvent en rapport avec la mauvaise qualité de l’eau, pourrait alors amener la mort des poissons pendant cette saison. crelaurentides/troussedeslacs

Certains mammifères hibernent alors que leur métabolisme ralentit; le cas de la marmotte est bien connu. Le tamia rayé (suisse) ou la chauve-souris font de même; l’écureuil n’hiberne qu’entre mi-novembre et mi-février (Wikipédia). Le raton-laveur demeure inactif mais n’hiberne pas. L’ours, comme la moufette, hiberne à moitié.

Lièvres, renards, cerfs de Virginie et orignaux, pékans (Acces,31_10_2018,page/10), carcajous, martres et hermines, loups et coyotes, etc., n’hibernent pas; ils doivent donc chercher végétaux ou proies et carcasses pour s’alimenter et profiter d’une épaisse fourrure pour supporter l’hiver. «Les mulots (campagnol des champs) se fabriquent un nid d'herbe à la fin de l’automne pour passer l'hiver.» Pour se nourrir, ils grignotent la base des petits arbres sous la neige; c'est à moins qu’ils n’aient squatté votre chalet... (Ressources naturelles Canada) Le castor n’hiberne pas; tel un igloo, sa hutte de branches et de boue gelée peut maintenir une température confortable et le met à l’abri des prédateurs. https://castorcanadien.wordpress.com/son-habitat/ 

Par Carl Chapdelaine

Ps. Signaler toute erreur.

Gestion des matières résiduelles

Gérer, voire recycler les matières résiduelles n’a pas toujours été la priorité des entreprises. Gérer ces matières, en ajoutant la recherche de leur disposition écologique, voire de leur récupération, c’est déjà ici pouvoir évaluer la quantité et les possibilités de recyclage de ces rejets. Mais cette évaluation n’a jamais été faite. «Développement durable Rivière-du-Nord (DDRDN), la MRC de la Rivière-du-Nord et le Conseil régional de l’environnement des Laurentides (CRE Laurentides) ont joint leurs efforts dans un projet commun pour aider les institutions, commerces et industries (ICI) du territoire à améliorer la gestion de leurs matières résiduelles.»

Sur une période de 18 mois, le projet s’est d’abord affairé à dresser le portrait de la situation en enquêtant auprès d’entreprises. La méconnaissance et l’absence de données en la matière se sont avérées effarantes. Et aucune politique à l’échelle d’un territoire ne peut être raisonnablement élaborée sans les éclaircissements à apporter à cet état de fait. Selon l’approche qu’on lui connaît, le CRE-Laurentides, en partenariat, a «accompagné» sept entreprises dans une démarche d’évaluation de la situation.

On lit dans le communiqué que chez l’un des «accompagnés», Soucy-Baron, on «souhaitait structurer la démarche de l’entreprise afin de poser des actions concrètes et efficaces», d’abord par la «réalisation d’un audit de notre système de gestion des matières résiduelles». À l’école l’Orée des bois, l’exercice a créé tout un choc : «En apprenant que 80 % de nos déchets pourraient être déviés des sites d’enfouissement, j’ai compris qu’il fallait penser autrement», avoua le directeur.

Et bien sûr, CRE et partenaires ont élaboré un plan d’action adapté. «Le plan d’action pour la gestion des matières résiduelles des ICI accompagnés comporte un portrait, incluant les résultats d’une caractérisation qui a permis d’évaluer les quantités annuelles générées, détournées et enfouies de différentes matières, ainsi qu’une série de recommandations.»

*CRE-Laurentides

Par Carl Chapdelaine

Arbres menaçants

Plantez des arbres; on vous les donne! Oui, mais à Newaygo vous habitez déjà facilement en pleine forêt; tellement que bien des chalets sont pratiquement invisibles du lac ou de la route, lorsqu’il y en a une. Des arbres, d’autant plus imposants que vous êtes au pied d’un escarpement, peuvent surplomber votre résidence ou votre chalet. Pins, pruches, cèdres, érables, faux-trembles, etc.; que savez-vous de leur état et du danger potentiel qu’ils représentent? Comment, ces géants parfois, peuvent-ils s’accrocher assez solidement sur de la roche? Certains sont peut-être morts et n’attendent qu’un bon coup de vent pour atterrir sur votre toiture, vos fils électriques, votre embarcation… Serez-vous à l’origine d’une panne de courant de secteur?

Et puis, si l’on ne vous voit pas, peut-être ne voyez, vous-mêmes, plus que des arbres. Certains mériteraient bien de disparaître, pensez-vous. En dessous de 10 cm, il semble maintenant que vous puissiez en disposer sans trop de cérémonie; pourvu que ce ne soit pas dans la bande riveraine, j’imagine. Vous êtes écolos et responsables, vous allez suivre les règles.

Vous êtes enfin décidé. Dans la plupart des cas, vous devrez faire appel à un entrepreneur spécialisé en abattage et émondage d’arbre. Il sera accrédité et aura une police d’assurance en cas de pépin. Vaudrait mieux demander pour une facture et payer la taxe… Et vous devrez aussi, le cas échéant, obtenir un permis des services d’urbanisme de la Municipalité. On vous demandera de vous être assuré que votre entrepreneur aura désigné les arbres à abattre au moyen d’un ruban ou d’une marque de peinture, car une inspection pourrait être effectuée. Vous aurez à indiquer sur un plan de votre terrain l’emplacement de ces arbres, à ajouter des photos de préférence et à indiquer la raison de l’abattage. La description de votre terrain doit permettre au service de saisir la situation. Si les arbres sont en bordure du lac, ils devront être attachés pour ne pas se retrouver à l’eau, et les souches devront rester en place. De 10 à 30 arbres, il vous faudra sortir un cinquante; en bas de ça, pas un sou.

Avec les forts vents qui avaient causé des pannes plus tôt cette semaine, et les tornades dans l’Outaouais le mois précédent, de Montréal, le villégiateur pouvait s’inquiéter de la situation à son chalet. La décision était prise; le moment d’agir était venu. Vous aviez déjà trouvé un arbre couché sur le fil électrique lors d’un automne pas si lointain, et là votre vieux cabanon venait de s’effoirer sous le poids d’un petit arbre déraciné. Grâce à la diligence des services d’urbanisme, vous aurez réussi à passer rapidement à travers la procédure de demande d’autorisation. Vous y êtes même arrivé entièrement par téléphone et internet.

Mais finalement, de la bonne douzaine d’arbres que vous jugiez menaçants, votre entrepreneur n’en a retenu qu’un seul, un immense pin mort depuis six ans au moins et que le précédent spécialiste n’avait pas jugé nécessaire de jeter à terre. Et puis deux autres, siamois et plus petits mais aussi morts, et qui seront mieux hors de votre vue. Bon, la facture sera moins salée; sans compter que, sans accès routier, vous trouvez les arbres debout moins encombrants que laissés couchés, à pourrir. «Ils sont encore bien solides vos arbres et mieux enracinés que vous ne le pensez. Je n’aime pas abattre inutilement un arbre.» Voilà qui est rassurant pour votre portefeuille. Vous aurez peut-être même droit à quelques conseils. «Inspectez vos arbres; si un conifère coule, il est peut-être en mauvais état. Sortez par temps très venteux pour voir si certains arbres ne bougeraient pas un peu trop. (Qui veut sortir par très mauvais temps?) Frappez contre le tronc pour identifier le son d’un arbre creux qui serait mort.»

Par Carl Chapdelaine

Le dindon de la farce.

1 oignon, du céleri, ½ tasse de pain, du foie de dinde ou autre, de la chair à saucisse ou du porc haché, de la sarriette, du sel et du poivre; un peu de liquide au besoin. Faire revenir et hacher le tout. Emballer le mélange dans du coton à fromage et le fourrer dans la dinde au début de la cuisson au four. C’est la recette de ma mère et je l’ai déjà réussie. Ça l’air bio. Ne reste qu’à attraper le gallinacé… La dinde venait de chez Métro, deux fois plus grosse que la commande et quatre fois plus que nos besoins. Elle était juste bien cuite; les invités ont aimé, mais il a fallu manger les restes pendant tout le mois de janvier.

Une dizaine de dindons sont passés à la queue leu leu derrière mon chalet, une semaine avant leur fête, l’Action de grâces. Surpris avec un outil à la main, je n’ai eu le temps que d’apprécier la parade! En fait j’avais plutôt songé à courir chercher mon appareil-photo, car je n’avais jamais eu l’occasion d’en voir avant et que j’aurais voulu appuyer mes dires par la suite. En empruntant le sentier qui me relie à la civilisation, au fond de la baie, j’avais à plusieurs reprises entendu, à mon approche, de bruyantes tentatives d’envol de tels oiseaux; mais sans jamais les voir. Sur consultation de mon guide, je calculais qu’il devait s’agir de gélinottes huppées ou de tétras du Canada, nos «fausses» perdrix; en fait, le saurai-je jamais? Ce sont tous des gallinacés de la famille des Phasianidés. La dinde de ma mère est la femelle du dindon. Mais, selon l’Épicerie, les producteurs auraient préféré le terme dindon, qui donne l’idée d’un plus petit oiseau (un dindonneau peut-être), plus tendre et plus facile à commercialiser à l’année. En fait, le mâle est, au contraire, plus gros que la femelle. 

Alain Demers écrivait en 2014 : «À peu près absent dans nos forêts il y a une trentaine d’années, le dindon sauvage est maintenant abondant dans le sud du Québec, en plus de se répandre graduellement un peu plus au nord. Si bien qu’on en pratique maintenant la chasse, comme aux États-Unis où c’est une tradition.»1 Au printemps précédent, la sixième saison de chasse pour ce gros volatile au Québec, 8 000 chasseurs avaient abattu 3 000 dindons, note-t-il.

Mais l’on ne s’improvise pas chasseur de dindon sauvage, et on le dit rusé. «Seul le dindon porteur d'une barbe (plumes à la base de la poitrine) peut être chassé». (Donc, en théorie, le mâle? Que l’on devrait alors plutôt différencier de la femelle par ses caroncules rouges sur la gorge, comme le coq, nous semble-t-il.) En plus du permis de chasse à cet oiseau, il est obligatoire ici de suivre un cours pour devenir titulaire de l’attestation requise et pouvoir abattre un maximum de deux dindons par an. Cela ne s’applique pas aux non-résidents.2 La capture est permise dans la plupart des zones de chasse du Sud du Québec, dont les Laurentides. Il faut enregistrer ses prises.

Dans son blogue, Alain Demers explique que la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, assistée de bénévoles, a contribué à leur introduction de l’Ontario en  Outaouais, puis en Mauricie, au cours de la décennie qu’a duré le programme dédié à cet effet. C’est à même les rejetons des premiers contingents et leur capture que la relocalisation de centaines de dindons a pu être réalisée. En 2017, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, 7565 dindons sauvages ont été abattus, soit une récolte de 29% supérieure à celle de 2016. On peut donc croire que leur population est toujours en forte expansion. Et, ont-ils de sérieux prédateurs dans nos zones semi-habitées, autres que les chasseurs?

Le «coq d’Inde», selon Christophe Colomb, une espèce propre à l’Amérique du Nord, y aurait existé par millions avant l’arrivée des colonisateurs européens. Ce sont les autochtones qui auraient domestiqué l’animal que l’on retrouve sur nos tables. Devenu rare au début du XXe siècle, le dindon sauvage a joui d’un programme très bien réussi de réinsertion aux États-Unis. C’est d’ailleurs de là qu’ont dû venir ceux que l’on aperçoit maintenant en Montérégie.3 

1. Le monde forestier
2. Ministère des Forêts, Faune et Parcs

3. Huffpost

Carl Chapdelaine

Atlas des aléas climatiques

Zones vulnérables à la météo
Vulnérabilité aux aléas hydrométéorologiques (atlas) Note: Les données ne couvrent pas tout le Québec. Sur le site, vous cliquez sur les icônes au coin supérieur gauche de la carte pour choisir la donnée (couche  ) qui vous intéresse, ou lire la légende .  

Cascade trophique*

Il s’agit d’un terme d’écologie qui indique l’effet en cascade résultant d’un déséquilibre créé principalement entre les prédateurs et leurs proies. Ainsi, la raréfaction de la présence des loups en bordure des zones habitées, comme dans nos Pays-d’en-Haut, favorise la multiplication des cerfs de Virginie, des ratons-laveurs, des castors, etc. Et cela d’autant plus, on l’imagine, que la chasse ou la trappe ne compensent plus pour cette perte de prédation.

Dans le cas du chevreuil, une «espèce commune», bien visible maintenant en bordure de nos banlieues et de moins en moins farouche, la situation doit même être aggravée par la complaisance des humains qui lui offrent à manger. «La quantité de nourriture disponible dans le milieu de vie influe sur le déroulement de la reproduction des espèces animales et permet d’expliquer les variations du nombre d’individus d’une espèce dans un milieu.»1 Certains prédateurs par contre, comme le coyote, s’adaptent mieux à la présence humaine. Ce dernier profite de la disparition du loup qu’il n’a plus à craindre et qui s’attaque souvent aux mêmes proies que lui. Depuis le début du XXe siècle, le coyote, parfois coyloup, a considérablement accru son aire de répartition en Amérique du Nord.2

L’exemple souvent cité de nos jours est celui de l’élimination des loups dans le parc Yellowstone, au début des années 1900, puis de sa plus récente réintroduction. On explique, entre autres et pour montrer probablement l’imprévisibilité des effets de la disparition d’une espèce commune, que la surabondance d’orignaux qui en résulterait avait amené la raréfaction des saules et peupliers le long des rivières, par broutage des pousses. Vous savez bien que la végétation riveraine protège les cours d’eau, non seulement de l’apport de sédiments chargés de matières diverses mais aussi du réchauffement. L’eau, devenue moins froide et moins claire a vu la population de truites diminuer. La réintroduction du loup aurait, en bout de ligne, permis la revégétalisation des rives, la réapparition d’une eau froide et limpide et le retour de la truite.

«Conservation de la nature Canada» ajoute deux notions voisines à ce concept de cascade trophique et à celui d’espèce commune : les espèces clés, comme le castor qui a une influence majeure sur les bassins-versants du Canada, et les espèces indicatrices, comme la grenouille qui respire par la peau et qui peut aussi absorber ainsi les polluants. La disparition de cette dernière devient donc un bio-indicateur d’une source existante de pollution.3

Vous voyez que ces notions ne sont pas si loin des préoccupations que nous devrions avoir face à notre présence et notre action, puisque notre habitat côtoie, ceinture ou traverse celui de notre faune sauvage. Nos mammifères : ours, cerfs de Virginie, castors, renards, coyotes; nos volatiles : oiseaux migrateurs, dindons sauvages, canards, etc.; nos batraciens, nos poissons doivent s’adapter ou disparaître. Et il en est de même au niveau de la flore.

Mais ne serait-ce pas dans les lacs ceinturés par nos habitations que l’impact de l’homme aurait été majeur? Par la pêche excessive des espèces recherchées, par l’ensemencement en poissons non-indigènes, par l’apport de sédiments, de nutriants et de polluants accélérant l’eutrophisation de ces cours d’eau, il est à parier que l’écosystème n’y a plus rien à voir avec l’équilibre original de la faune et de la flore qu’ils abritent. Mais avons-nous les données suffisantes sur la présence et les exigences de cette nature à Wentworth-Nord, et la préoccupation nécessaire au maintien, ou plutôt au rétablissement de son équilibre écologique?

Les espèces menacées ou en voie d’extinction, lorsqu’il n’est pas déjà trop tard, nécessitent bien sûr notre priorité d’intervention; mais le sort que nous infligeons à nos espèces communes devrait également monopoliser toute notre attention. Nos collectivités croissent rapidement, ici comme à l’échelle de la planète; mais ne devrions-nous pas nous assurer que ce développement respecte l’équilibre de la nature essentiel à notre propre survie. Nous devrions collectivement et individuellement faire l’effort de mieux connaître et de neutraliser l’impact de nos interventions quotidiennes sur notre environnement.

Le changement climatique ajoute à l’incertitude de l’équilibre de notre écosystème. «(Il) exerce déjà un impact sur tous les types de faune sauvage. Dans le monde entier, des espèces changent d’aire de répartition, migrent plus tôt et mettent bas plus tôt que par le passé. Le merle d’Amérique et le carouge à épaulettes arrivent fréquemment à leur lieu de reproduction des semaines plus tôt que d’habitude.»

«Aujourd’hui, les variations de température, de saisons et de météo se produisent si vite que la faune a parfois peu de chances de s’adapter à ce qui se passe dans les principaux éléments de son habitat : la nourriture, l’eau, les abris et l’espace. ... Certaines (espèces) pourront proliférer à la suite du changement climatique, mais les plantes et animaux sauvages qui ne pourront s’adapter risquent l’extinction.»4

1. Maxicours: Ressources alimentaires et reproduction
2. Faune et flore du pays; le coyote
3. Nature Canada; Espèces communes 101
4. Fédération canadienne de la faune; faune et flore du pays; les changements climatiques

*Du grec «nourrissant» (Wiktionnaire).

Carl Chapdelaine

pour un développement économique et territorial

La consultation

A-t-on évalué, par comparaison probablement avec des expériences semblables tentées ailleurs, si l’appel de commentaires, mémoires et participation à l’assemblée de consultation du 17 avril était le seul et le meilleur moyen d’obtenir les réponses et idées recherchées? Une autre façon d’obtenir cette information est de programmer une tournée de rencontres individuelles ou de groupes avec un échantillonnage suffisant d’acteurs des différents champs d’activité à considérer.

On peut ainsi approcher des industriels du secteur touristique, de la restauration, de l’hébergement, de l’alimentation, de la construction, du commerce de gros et de détail, de l’immobilier; des représentants du milieu municipal, des organismes à but non lucratif, etc. Eux doivent avoir une bonne idée de ce qui peut marcher, des appuis gouvernementaux nécessaires, de l’avenir probable de leur secteur. Dès lors qu’ils acceptent d’être consultés directement, on peut croire qu’ils confieront le fruit d’au moins une partie de leur expérience.
Les résultats d’une telle consultation, accessoire à celle faisant actuellement appel à tous, ajouteraient à l’évaluation des besoins et des appuis nécessaires pour y répondre; le tout débouchant au mieux sur la précision des avenues de développement économique et territorial de la MRC.


Profiter des ressources de financement

Comme la MRC, les gouvernements supérieurs mettent en place des programmes d’aide pour des initiatives dans différents domaines. Ceux qui ne font jamais appel à ces programmes se privent d’aide et de sources de revenus comme de création d’emplois qui seront accordées à d’autres. Les services économiques de la MRC pourraient peut-être faire mieux connaître aux intéressés potentiels les programmes dont ils pourraient bénéficier, tout en leur proposant une aide pour y faire appel.

Développement durable et environnement

L’existence d’un trafic automobile en croissance perpétuelle dans les Laurentides est la contrepartie d’un développement principalement basé, dans le passé comme dans l’avenir peut-être, sur le tourisme en général et la villégiature en particulier. La présence de parcs linéaires semble être un atout récréotouristique enviable,  mais la disparition du train dont il résulte peut aujourd’hui être vue comme une catastrophe environnementale. Quelles sont les avenues envisagées dans cet exercice d’identification des priorités de développement économique et territorial pour freiner, voire modifier ce triste corollaire? Comment la MRC des Pays-d’en-Haut pourrait-elle s’impliquer davantage dans un développement nuisible à son environnement? Peut-elle privilégier le premier aux dépens du second?

Les villégiateurs préfèrent souvent les secteurs les plus près de la nature, comme les lacs les moins urbanisés. Ce faisant, ils jouent contre la densification de l’habitat et donc pour un étalement sur le territoire qui appelle lui aussi l’utilisation accrue du véhicule et sur de plus longues distances.

Dans la Métropole, le citoyen conscient de l’impact environnemental s’astreint à utiliser le transport en commun. Devant la congestion des artères montréalaises, il y trouve même parfois des avantages insoupçonnés. Rien de comparable dans nos régions probablement. S’il semble impensable à court ou moyen terme de canaliser une partie majeure des allers-retours entre l’agglomération montréalaise et celle de Saint-Jérôme vers la voie ferrée; et impossible de les prolonger vers les Pays-d’en-Haut, ne faudra-t-il pas miser sur un autre jeu? Avec les avancées technologiques toujours plus prometteuses, le véhicule électrique, à hydrogène ou mixte pourra éventuellement affronter le problème. Ne faudrait-il pas songer à offrir des avantages à leurs propriétaires, multiplier les bornes de recharge; prévoir, à plus long terme, que nos villes, villages et stations touristiques des Pays-d’en-Haut soient, à ce chapitre, des centres à l’avant-garde du développement durable?

Développer les mentalités

Les programmes de la MRC dans la recherche d’un développement durable ne semblent pas initier les initiatives individuelles et faire le poids dans le changement des comportements face à ce but premier, sauf par l’imposition de réglementations, comme dans le cas du recyclage ménager. Conséquemment, un accent ne devrait-il pas être mis sur une plus grande sensibilisation et participation des citoyens dans l’atteinte de certains objectifs du développement durable?

On pourrait cibler des clientèles par thème; une clientèle ciblée n’est-elle pas plus susceptibles de répondre à la sollicitation? Les villégiateurs sauraient être l’une de ces cibles; tandis que les résidents permanents se prêteraient mieux à d’autres.

Ne serait-il pas possible, par exemple, d’inciter à la formation d’organismes sans but lucratif capables de regrouper, par voie électronique, les résidents de la MRC prêts à s’impliquer, à des degrés divers, dans l’atteinte de certaines cibles de développement durable? Il pourrait s’agir du covoiturage, de l’utilisation du transport en commun, de magasinage en ligne auprès des commerces des villes et villages de la région pour les secteurs isolés comme à Wentworth-Nord, etc. On chercherait d’abord à mettre sur pied un organisme régional; puis, on inviterait à la formation d’associations locales qui s’affilieraient à cet organisme régional. À titre incitatif, la MRC contribuerait modestement au financement du budget de ces entités.

Une offre touristique écologique

Sous le chapeautage de la MRC, les municipalités pourraient inciter et contribuer à la création et l’offre de forfaits touristiques ou récréatifs écologiques s’adressant aux visiteurs de la région métropolitaine. On offrirait ainsi un forfait, doublé d’horaires, voire un «passeport» de saison, combinant le transport par train et/ou autobus, le week-end, et l’accès à des services à prix avantageux. Saint-Sauveur, Sainte-Adèle ou autre seraient mis à contribution, conjointement ou pas, et avec les fournisseurs de services, compagnies d’autobus au long cours, privées ou publiques, restaurateurs, hébergeurs (hôtels, gîtes, chalets à louer, campings, etc.), commerces, centres de plein air (avec location d’équipement : skis, vélos, canots, etc.), parcs régionaux, pistes du P’tit train du Nord et du Corridor aérobique, musées, lieux d’expositions.

Ici encore, on viserait des clientèles cibles, comme les retraités, les personnes seules, les cyclistes ou les skieurs. Ce forfait serait disponible pour achat en ligne. Arrivé à destination, le visiteur aurait la possibilité de choisir la circulation à pied, la location de vélo, aussi accessible dans le forfait, etc. Tout en augmentant le volume de visiteurs, on contribuerait ainsi à désengorger non seulement l’autoroute mais aussi les accès et les centres-villes de ces destinations. On ne laisserait pas de côté pour autant la promotion de l’usage du train de banlieue ou/et de l’autobus chez la main-d’œuvre devant faire quotidiennement l’aller-retour avec la région métropolitaine.

La MRC ne pourrait-elle pas s’inspirer de l’exemple de la Norvège, où le tourisme durable est devenu une priorité; ou confier la recherche d’une solution adaptée au «Réseau de veille en tourisme»? Le curé Labelle avait inauguré l’ère du train, puis l’auto a pris la relève. N’est-il pas temps d’écouter un Hubert Reeves, homme de science, penseur et écologiste, qui craint que notre terre ne soit lancée vers une sixième extinction planétaire des espèces, et de tenter d’initier ici une nouvelle ère?

Carl Chapdelaine

Les délices de notre faune

Malgré les documentaires sur les ours, les chevreuils, les castors, les petits rongeurs et plusieurs autres animaux de nos forêts, les connaissances du citadin sur la faune qui y habite restent limitées. Cependant, lorsque les ratons-laveurs s’installent en ville ou que les coyotes commencent à y rôder, cette nature sauvage lui devient plus tangible. Mais une nouvelle série de reportages sur la faune va peut-être voir le jour, profitant entre autres des recherches de plus en plus pointues sur la vie de ces animaux.


Que trouvent-ils au sol, ces rongeurs ou ces cerfs? Eh bien, leur alimentation est peut-être plus variée que vous ne l’auriez imaginé. Un reportage de l’émission La semaine verte, du 17 mars dernier1, rapporte l’expérience d’une biologiste s’intéressant aux animaux mycophages, c’est-à-dire mangeurs de champignons. Elle a recueilli des crottes d’écureuil et autres petits mammifères de la forêt, en les attirant avec des aliments dont on sait qu’ils sont friands. Leur analyse a pu montrer qu’il y avait eu un certain pourcentage de divers champignons dans leurs précédents repas. Puis, avec des caméras-témoins, elle a pu les filmer mangeant les espèces de champignons déjà identifiées dans leurs excréments; ce qui rendait également possible l’évaluation des quantités ingérées. 

Un autre chercheur a réalisé une expérience semblable avec les cerfs, également grands amateurs de champignons; un autre avec les caribous en Ontario, une caméra suspendue au cou de l’animal lui permettant de le voir en action. Et surprise, certaines espèces de champignons non-comestibles pour l’humain pouvaient l’être pour ces bêtes, et elles savaient bien les identifier. Et tandis que le chevreuil se délecte de nos chanterelles préférées, quand il ne profite pas, comme l’écureuil, de l’effet hallucinogène d’autres espèces, ce dernier ne crache pas sur la terrible amanite phalloïde (mortelle pour l'Homme).2


Vous voulez une histoire de chouette, de petits mammifères mycophages, avec un parfum d’intervention humaine dans l’équilibre écologique? Les compagnies forestières cherchent parfois aujourd’hui à remplacer les arbres fauchés par des espèces à croissance plus rapides ou répondant à un meilleur marché. Suite à une coupe à blanc, on avait ainsi remplacé des pins indigènes par une autre sorte de pins poussant plus rapidement. Or, les premiers étaient associés à l’existence d’un champignon d’une espèce voisine de la truffe et enfoui sous le sol. Les petits mammifères, comme peut-être ailleurs les sangliers, savaient les trouver, les déterrer et s’en nourrir. C’était par ce seul moyen que le champignon pouvait se reproduire, ses spores se retrouvant disséminés par les crottes de ces animaux. Cette espèce de champignon disparut avec le remplacement des pins avec lesquels elle était associée. Les rongeurs et autres petits quadrupèdes avaient également perdu une importante source de leur alimentation et avaient grandement diminué en nombre. Le sort de leur prédateur, la chouette tacheté du Nord, ne fut pas meilleur. Il avait fallu que l’on suspende la coupe des arbres, déclenchant de violentes manifestations des communautés qui en dépendaient, et que les chercheurs se grattent longtemps la tête pour sauver la chouette et résoudre l’énigme de la rupture de cet équilibre écologique.


Force est de s’interroger sur les tragiques expériences du passé dans le traitement que nous avons imposé à nos forêts, à nos sols agricoles, à nos cours d’eau, à l’équilibre de nos écosystèmes en général, ou même sur les expériences en cours. La nature, avec sa flore, sa faune et toutes ses interrelations, s’avère encore plus complexe que ce que nos connaissances ont pu en apprendre à ce jour. Alors, avec la pression qu’exerce le développement de notre habitat et la pollution inévitable qui l’accompagne, et malgré le respect par nos urbanistes de la réglementation environnementale, avons-nous l’assurance de ne pas être en train de perdre la bataille dans le maintien de l’équilibre de notre écosystème?

1. La semaine verte
2. Ces animaux mycophages

Carl Chapdelaine

L’inlandsis se retire

Il y a environ 12 000 ans, l’inlandsis Laurentidien a déjà libéré la basse vallée du Saint-Laurent; une île est apparue dans la région de Montréal: c’est le mont Royal. 1 000 ans plus tard, le front de glace n’est plus qu’à la hauteur du piedmont des Laurentides.1 L’océan Atlantique, devenu ici la mer de Champlain, a simultanément conquis l’immense zone affaissée. Bientôt, la vallée de la Rouge et celle de la rivière du Nord deviennent d’étroits fjords qui s’enfoncent encore plus au nord; mais avec une eau de moins en moins saline en raison de l’apport de l’eau de fonte. La mer y aurait atteint environ 230 m d'altitude. Il y a 10 000 ans, avec le rehaussement isostatique, la mer de Champlain est coupée de l’Atlantique et devient un immense lac appelé Lampsilis et qui se déverse dans l’océan par le fleuve Saint-Laurent.2


La calotte glaciaire, avec son centre à l’actuelle baie d’Hudson, a laissé les marques de son passage et de son retrait, dont celles de la dernière déglaciation sont les plus visibles. Les fronts morainiques et autres dépôts glaciaires, les innombrables marques sur la roche-mère, comme les moyens de datation modernes de divers éléments, nous permettent aujourd’hui de mieux retracer le parcours et le retrait de l’inlandsis. Et le glacier devenait aussi un moyen de transport singulier; ainsi, le géologue Gilbert Prichonnet a récemment découvert à Saint-Constant, sur la Rive sud du Saint-Laurent, un bloc erratique de 67 tonnes, arraché à la roche mère quelque part entre Saint-Jérôme et Rawdon.3


Des rivières glaciaires circulaient sur cet inlandsis ou s’étaient creusés des tunnels sous la glace en mouvement et maintenant en train de fondre. Elles transportaient sables et graviers, collectés par l’abrasion qu’exerçait cette dernière, et qui se déposaient au fond de ces sillons ou tunnels. Elles sont encore souvent bien identifiables aujourd’hui, non plus sous forme de sillons dans le paysage mais au contraire de crêtes, nommés eskers, laissées par les dépôts abandonnés par ces cours d’eau et qui serpentent à travers nos monts et vallées. Les compagnies forestières les empruntent parfois pour se frayer des chemins forestiers à bon compte; à l’occasion, elles forment aussi une assise naturelle pour des sentiers. La Zec Lavigne, dans la région de Lanaudière, permet de les admirer à souhait.4 On peut aussi voir le profil d’eskers à certains endroits, coupés par les routes entre Saint-Jérôme et Mont-Tremblant. Il nous a même semblé que le Corridor aérobique en sectionne un sur le chemin de Lac-des-Seize-Îles. (Nous irons y voir de plus près cet été.)


Moraines de glacier et terrasses de sable fin truffées de coquillages laissées par le retrait éventuel de la mer de Champlain n’ont pas fait de ces terres une zone bien fertile. Les conifères allaient s’en accommoder, d’autant plus qu’ils étaient mieux adaptés au climat froid voisinant encore la calotte de glace en retrait. Au contraire, les glaises, organismes marins et autres dépôts organiques accumulés sur le fond de ces étendues d’eau amèneraient fertilité à la plaine du Saint-Laurent comme à la vallée de la Rouge, du côté d’Arundel entre autres.


Il y a environ 10 000 ans dans les Laurentides, après la toundra herbacée puis arbustive et avec le réchauffement graduel, les feuillus les moins exigeants sous ce rapport, comme les peupliers faux-trembles, côtoieraient les mélèzes, les épinettes noires et les autres confères, tous sous une forme probablement rabougrie au début. Mais des variations subséquentes du climat au cours de quelques millénaires ont pu parallèlement remanier cet arrangement.5 La faune a bien sûr suivi le peuplement végétal, suivie des Paléoindiens nomades qui profiteraient surtout de la chasse aux caribous d’abord, puis aux autres cervidés, et de la pêche.6 Le touladi ou l’omble de fontaine, entre autres espèces, avaient colonisé les nombreux lacs laissés par le retrait de l’inlandsis.


Nous ne le remarquons peut-être pas, mais en quittant Montréal et sa plaine en direction de Saint-Jérôme aujourd’hui, on laisse une zone propre aux feuillus pour une zone mixte où les conifères trônent bientôt aux milieux des premiers. On peut voir que l’action de l’inlandsis et de la mer de Champlain ont fortement influencé cette répartition. Les facteurs climatiques actuels, auxquels s’ajoutent «la nature du sol, le relief et les perturbations, comme les feux de forêt, les épidémies et les coupes», affectent la distribution de la végétation. «En fait, ce sont ces facteurs qui déterminent la répartition des groupements végétaux sur les différentes composantes du paysage (sommets des collines, milieux et bas de pentes, etc.) dans un domaine bioclimatique donné.»7


Sous le rapport de la végétation, les Pays-d’en-Haut sont aujourd’hui inclus dans l’une des trois zones identifiées au Québec, la «zone tempérée nordique», dominée par des peuplements de feuillus et mélangés. Ils sont dans la sous-zone de la forêt décidue, et plus spécifiquement dans «le domaine bioclimatique de l'érablière à bouleau jaune»* qui «couvre les coteaux et les collines qui bordent le sud du plateau laurentidien» … «Le bouleau jaune (y) est l'une des principales essences compagnes de l'érable à sucre. Le hêtre à grandes feuilles, le chêne rouge et la pruche du Canada croissent aussi dans ce domaine, mais ils deviennent très rares au-delà de sa limite septentrionale.»7


*D’après lecture de la carte interactive des zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec, du MFFP.7


1. La déglaciation de la vallée du Saint-Laurent et l’invasion marine contemporaine (figure 6)
2. Histoire géologique récente de la région de Montréal
3. Le fabuleux voyage du bloc erratique
4. Les eskers de la zec Lavigne
5. Histoire postglaciaire de la végétation
6. La préhistoire du Québec
7. MFFP, zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec

Carl Chapdelaine

L’inlandsis Laurentidien

Nous avons pour la plupart appris qu’une épaisse calotte de glace recouvrait l’hémisphère nord de notre planète au cours de la dernière période glaciaire et jusqu’à il y a encore moins de 10 000 ans. Des cycles d’avancée et de recul de cette calotte ont ponctué son retrait définitif de notre continent. C’est en identifiant la localisation et l’âge des dernières moraines frontales laissées par les bords de cette calotte, à chaque épisode marquant de son retrait, que les chercheurs ont pu reconstituer son historique. Les plus anciens dépôts risquent évidemment d’avoir été effacés ou remodelés par les plus récentes allées et venues des glaciers.


Les dépôts de sable et graviers ou les affleurements rocheux souvent fissurés que nous observons tout autour de nous reflètent précisément le travail d’érosion, de transport ou de compaction effectué pendant des dizaines de millénaires par cette calotte glaciaire. C’est à moins que nos explorations soient déjà sous le niveau de l’ancienne mer de Champlain dont il ne reste aujourd’hui que le fleuve Saint-Laurent ainsi que les Grands Lacs. Elle allait laisser, en se retirant, ses propres terrasses de dépôts jusqu’à Mont-Rolland dans le bassin de la rivière du Nord. (Ces sédiments abandonnés par une eau salée sont aujourd’hui parfois propices aux glissements de terrain, car le sel qui les liait finit par être lessivé par l’infiltration des eaux de pluie.)


Cette mer, qui s’ajoutait aux océans déjà existants, profitait de la fonte des glaciers et de l’enfoncement du sol, la lithosphère, qu’ils avaient provoqué. Le niveau des océans de la planète était aussi simultanément rehaussé par la fonte de glaciers du continent Antarctique. L’inlandsis Laurentidien recouvrait, avec celui de la Cordillère, la totalité du Canada actuel et pouvait atteindre 5 km d’épaisseur à la hauteur de la Baie d'Hudson. (Entre ces deux inlandsis existait un passage libre de glace qu’auraient pu emprunter les premiers hommes venus d’Asie.) Suite au retrait des glaces, la surface de cette parcelle du Bouclier canadien avait entrepris une remontée isostatique qui se poursuit encore. Le manteau terrestre jouit en effet d’une certaine plasticité, comme les glaciers, et peut donc se déformer lors d’une variation du poids de la croûte terrestre. Cette remontée, de plusieurs mètres par siècle au début, est actuellement de 2 mm par an pour la section qui correspond à nos Laurentides; cela fait déjà 20 cm pour le siècle dernier. Mais comme toute la croûte terrestre environnante remonte, nous ne pourrions guère en constater visuellement le mouvement. Le paysage actuel de la partie la plus basse des Laurentides, encore plus récent, avait donc émergé tranquillement de la mer de Champlain pour n’en laisser que quelques lambeaux au creux de la vaste plaine du Saint-Laurent.


Si notre environnement a été sérieusement marqué par le travail de l’inlandsis Laurentidien et des glaciations qui ont précédé la dernière, il ne résulte pourtant qu’en une infime partie de ces épisodes. Il a fallu bien plus que des centaines de millions d’années pour que de jeunes montagnes pouvant ressembler aux Rocheuses ou aux Alpes, avec volcans même, puissent être érodées au point de devenir les monts et collines que nous connaissons aujourd’hui. Cette roche date en effet du Précambrien et donc de milliards d’années.


Quel ne serait pas l’intérêt d’ouvrir un kiosque, un petit musée ou même d’élaborer un site d’habitat préhistorique dans notre région, comme l’on en trouve en Europe? Ce ne serait pas le Village de Séraphin, mais l’on pourrait y reprendre des thèmes présentés au Musée canadien de l'histoire ou au Musée de la civilisation de Québec sur les Amérindiens, par exemple, et de la faune comme de la flore existante. On y adjoindrait, entre autres, une brève description de la formation géomorphologique des Laurentides. Les spécialistes de cette science pourraient y faire revivre, sur maquette ou support virtuel, le dernier passage des glaciers par l’analyse des empreintes et autre indices qu’ils nous ont laissés. Les résultats de maintes observations faites sur l’environnement à la Station de biologie des Laurentides, de Saint‐Hippolyte, ou de celles effectués au parc de la Mauricie et ailleurs pourraient faire partie de la présentation.


Le quaternaire
Main Street, février 2018

Carl Chapdelaine

Une architecture locale?

En ce 2 février, la marmotte saura nous indiquer quand arrivera le printemps. Mais vous n’avez peut-être pas attendu son verdict pour élaborer des projets de réfection de votre chalet ou de votre maison. Le parement de celui-ci ou de celle-là est trop abîmé pour songer à le réparer; il vous faut le remplacer. Votre vieille propriété a hérité d’un style classique à son époque; qu’allez-vous en faire aujourd’hui? Vous étiez peut-être isolé dans un secteur sans accès routier, et seuls les moyens du bord vous permettaient quelque entretien mineur qui n’allait pas modifier son style. Mais une route vient peut-être de vous rattacher à la civilisation et les possibilités sont maintenant infinies; c’est pour autant que votre budget n’en ait pas été trop affecté...


Pour un nouveau parement de mur, l’offre du marché vous propose autant des produits soi-disant garantis à vie et sans entretien que d’autres plus classiques et convenant probablement davantage à l’architecture des propriétés de votre secteur. Vous n’êtes pas insensible à l’importance du patrimoine mais n’avez peut-être pas fait le lien avec le choix que vous vous apprêtez à faire. Malheureusement sans doute, le patrimoine architectural ne résiste pas aux valeurs du libre choix qui prévaut sur notre continent, combiné à l’appétit des manufacturiers qui ont tout autre critère de choix dans leur offre de produits pour la construction domiciliaire. Selon la niche qu’ils ont choisie, votre parement devra être en bois reconstitué, en vinyle, en fibrociment, etc. Mais la gamme des produits en bois véritable, ceux qui respecteront probablement au mieux le caractère traditionnel de votre propriété, demeure non négligeable.


Le villégiateur plus âgé, qui a sa résidence permanente en ville et qui est le moindrement sensibilisé à la conservation du patrimoine, a pu voir comment des quartiers entiers de la ville ont, au cours des ans, perdu leur cachet d’antan sous l’assaut de tous les promoteurs qui leur vantaient leurs produits. À Montréal, quelques pans de quartier anciens ont pu échapper à l’installation de portes et fenêtres, de balcons, d’escaliers, de clôtures, voire de parements, qui n’avaient rien à voir avec l’architecture de leur maison, ni avec leurs matériaux de base. Ils offrent toujours l’ensemble architectural qu’ils arboraient déjà lors de leur édification et font aujourd’hui la fierté de leurs habitants comme l’envie de bien d’autres.


Bon, vous allez tenter d’en tenir compte; mais qu’est-ce qui pourrait caractériser les chalets et maisons de ces lacs qui tiennent sur leur pilotis ou fondations depuis un demi-siècle ou beaucoup plus? Il y aurait là un beau cas de recherche et d’inventaire à soumettre au programme ‘Fonds culture et patrimoine’ de la MRC, actuellement en appel de projets. Il faudrait certes chercher jusque dans l’histoire de la colonisation de ces lieux pour y découvrir d’où sont venus les styles qui ont pu s’y imposer. Le Canadien d’origine française, anglaise ou irlandaise apportait avec lui un peu de ses conceptions architecturales; lorsqu’il n’empruntait pas celles de ses voisins. Au lac Saint-François-Xavier, des facteurs particuliers allaient influencer son choix. On peut penser au changement dans l’implantation historique des habitants ou villégiateurs. D’abord village de colons francophones soumis à la vision du curé Labelle, puis lieu de villégiateurs surtout anglophones venus de la métropole ou d’ailleurs. La présence du train allait en même temps dicter la voie à suivre : d’abord moyen d’acheminement des matériaux, son abandon et la présence d’une quantité infinie de dormants de chemin de fer ajouteraient aux particularités locales de construction.


On ne peut être contre l’architecture moderne, l’expression de la liberté architecturale, la construction modulaire, la recherche de matériaux plus performants et sans entretien. Certains projets immobiliers bien pensés peuvent, malgré les craintes suscitées sur le plan environnemental par exemple, offrir un ensemble, architectural entre autres, adapté à la région et qui, sans être à caractère patrimonial, mérite aussi la considération. Mais, en même temps, ne faut-il pas, dans les secteurs plus anciens, voir à la conservation d’un style qui rappellerait le patrimoine que l’on cherche à préserver? Comme ailleurs, il a beaucoup souffert dans nos Pays-d’en-Haut, et il n’y a qu’à ouvrir l’œil pour le constater.

À défaut d’imposer des critères architecturaux, les autorités municipales ne devraient-elles pas au moins, si ce n’est déjà le cas, établir, diffuser et promouvoir des traits de style, des matériaux de recouvrement, des couleurs en harmonie avec le paysage à privilégier dans certains secteurs? Toute l’attention portée à l’obtention de fleurons dans le cadre de l’aménagement paysager ne mérite-t-elle pas sa parallèle sur l’objet principal que vient encadrer cet aménagement, la maison?


Carl Chapdelaine

Règlement sur le Comité consultatif d'urbanisme

MUNICIPALITÉ DE WENTWORTH-NORD
Règlement établissant les règles de régie interne du Comité consultatif d’urbanisme numéro 2010-275

Amendement : règlement 2015-275-1 adopté par la résolution 2015-11-314

Septembre 2010
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE I DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES ET INTERPRÉTATIVES I-1
SECTION I DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES I-1
ARTICLE 1 TITRE DU RÈGLEMENT I-1
ARTICLE 2 RÈGLEMENT REMPLACÉ I-1
ARTICLE 3 PORTÉE DU RÈGLEMENT I-1
ARTICLE 4 TERRITOIRE ASSUJETTI I-1
ARTICLE 5 ANNEXES I-1
ARTICLE 6 CONCURRENCE AVEC D’AUTRES RÈGLEMENTS OU AVEC DES LOIS I-1
ARTICLE 7 ADOPTION PAR PARTIE I-1
SECTION II DISPOSITIONS INTERPRÉTATIVES I-2
ARTICLE 8 STRUCTURE DU RÈGLEMENT I-2
ARTICLE 9 INTERPRÉTATION DU TEXTE I-2
ARTICLE 10 TERMINOLOGIE I-2
CHAPITRE II DISPOSITIONS RELATIVES À LA CRÉATION DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME II-1
SECTION I RÔLE ET COMPOSITION DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME II-1
ARTICLE 11 CONSTITUTION D’UN COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME II-1
ARTICLE 12 CHAMP DE COMPÉTENCE II-1
ARTICLE 13 COMPOSITION DU COMITÉ II-2
ARTICLE 14 RECRUTEMENT DES MEMBRES RÉSIDANTS II-2
ARTICLE 15 NOMINATION II-2
ARTICLE 16 CODE DE DÉOTOLOGIE II-2
ARTICLE 17 DURÉE DU MANDAT II-2
ARTICLE 18 SIÈGE VACANT II-3
ARTICLE 19 PRÉSIDENT ET VICE-PRÉSIDENT DU COMITÉ II-3
ARTICLE 20 ABSENCES II-3
SECTION II PERSONNES RESSOURCES II-3
ARTICLE 21 NOMINATION D’UN SECRÉTAIRE II-3
ARTICLE 22 RÔLE DU SECRÉTAIRE II-4
ARTICLE 24 DÉSIGNATION D’UNE PERSONNE RESSOURCE II-4
SECTION III RÉGIE DU COMITÉ II-4
ARTICLE 25 QUORUM II-4
ARTICLE 26 RÉMUNÉRATION II-4
ARTICLE 27 PROTECTION JURIDIQUE II-4
ARTICLE 28 SÉANCE II-5
ARTICLE 29 HUIS CLOS II-5
ARTICLE 30 CONVOCATION PAR LE CONSEIL MUNICIPAL II-5
ARTICLE 31 VOTES II-5
ARTICLE 32 DÉCISIONS II-6
ARTICLE 33 DÉCISIONS JUSTIFIÉES II-6
ARTICLE 34 INTÉRÊT PERSONNEL II-6
ARTICLE 35 PROCÈS-VERBAUX II-6
ARTICLE 36 ENTRÉE EN VIGUEUR II-6


CHAPITRE I DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES ET INTERPRÉTATIVES

SECTION I DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES

ARTICLE 1 TITRE DU RÈGLEMENT

Le présent règlement est intitulé «Règlement établissant les règles de régie interne du Comité consultatif d’urbanisme de la Municipalité de Wentworth-Nord.».

ARTICLE 2 RÈGLEMENT REMPLACÉ

Est abrogé par le présent règlement le règlement relatif à la création du Comité consultatif d’urbanisme numéro 87 de la Municipalité de Wentworth-Nord ainsi que tous ses amendements à ce jour.

ARTICLE 3 PORTÉE DU RÈGLEMENT

Les dispositions du présent règlement prescrivent la forme, la composition, le mandat et les règles de base de fonctionnement du Comité consultatif d'urbanisme.

ARTICLE 4 TERRITOIRE ASSUJETTI

Le présent règlement s’applique à l’ensemble du territoire de la Municipalité de Wentworth-Nord.

ARTICLE 5 ANNEXES

Toutes les annexes jointes au présent règlement en font partie intégrante.

ARTICLE 6 CONCURRENCE AVEC D’AUTRES RÈGLEMENTS OU AVEC DES LOIS

Le fait de se conformer au présent règlement ne soustrait pas à l’obligation de se conformer à toute autre loi ou tout autre règlement applicable en l’espèce, et notamment au Code civil du Québec. La disposition la plus restrictive ou prohibitive doit s’appliquer.

ARTICLE 7 ADOPTION PAR PARTIE

Le Conseil municipal déclare par la présente qu’il adopte le présent règlement partie par partie, de façon à ce que si une partie du présent règlement venait à être déclarée nulle et sans effet par un tribunal, une telle décision n’aurait aucun effet sur les autres parties du présent règlement.

SECTION II DISPOSITIONS INTERPRÉTATIVES

ARTICLE 8 STRUCTURE DU RÈGLEMENT

Un système de numérotation uniforme a été utilisé pour l'ensemble du règlement. Le règlement est divisé en chapitres identifiés par des chiffres romains. Un chapitre peut être divisé en sections identifiées par des numéros commençant à I au début de chaque chapitre. Une section peut être divisée en sous sections identifiées par des numéros commençant à 1 au début de chaque section. L'unité fondamentale de la structure du règlement est l'article identifié par des numéros de 1 à l'infini pour l'ensemble du règlement. Un article peut être divisé en alinéas, lesquels ne sont précédés par aucun numéro ou aucune lettre d’ordre. Un alinéa peut être divisé en paragraphes, identifiés par des chiffres arabes suivis du « o » supérieur. Un paragraphe peut être divisé en sous-paragraphes, identifiés par des lettres minuscules suivies d'une parenthèse fermante.

ARTICLE 9 INTERPRÉTATION DU TEXTE

De façon générale, l’interprétation doit respecter les règles suivantes :

1° les titres contenus dans ce règlement en font partie intégrante. En cas de contradiction entre le texte et le titre, le texte prévaut;

2° l’emploi des verbes au présent inclut le futur;

3° les mots écrits au singulier comprennent le pluriel et le pluriel comprend le singulier, chaque fois que le contexte se prête à cette extension;

4° le genre masculin comprend le genre féminin à moins que le contexte n’indique le contraire;

5° toute disposition spécifique du présent règlement prévaut sur une disposition générale contradictoire;

6° chaque fois qu’il est prescrit qu’une chose doit être faite, l’obligation de l’accomplir est absolue; mais s’il est dit qu’une chose peut être faite, il est facultatif de l’accomplir ou non;

7° l’autorisation de faire une chose comporte tous les pouvoirs nécessaires à cette fin.

ARTICLE 10 TERMINOLOGIE

Les expressions, termes et mots utilisés dans le présent règlement ont le sens et l'application qui leur sont attribués au chapitre portant sur la terminologie du règlement de zonage numéro 2008-271, en vigueur, de la Municipalité de Wentworth-Nord.

CHAPITRE II DISPOSITIONS RELATIVES À LA CRÉATION DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME

SECTION I RÔLE ET COMPOSITION DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME

ARTICLE 11 CONSTITUTION D’UN COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME

Le Conseil municipal de la Municipalité de Wentworth-Nord détermine le rôle et les pouvoirs du Comité consultatif d’urbanisme.

ARTICLE 12 CHAMP DE COMPÉTENCE

Le Comité consultatif d'urbanisme étudie les questions relatives à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, soumises par le Conseil municipal ou des dossiers référés en vertu des règlements d’urbanisme en vigueur.

Le Comité consultatif d'urbanisme formule des recommandations au Conseil municipal à l’égard des questions et dossiers qui lui sont soumis.

Le Comité consultatif d’urbanisme doit également:

1° assister le Conseil dans l’élaboration de sa politique d’urbanisme notamment :

a) en analysant le contenu du plan d’urbanisme et des règlements d’urbanisme en vigueur dans la municipalité en rapport avec l’évaluation des besoins dans la municipalité et d’en proposer la modification lorsque nécessaire;

b) en faisant rapport au Conseil municipal de ses observations et recommandations en vue du développement viable à long terme et de l’utilisation la plus rationnelle du territoire de la municipalité.

2° étudier les projets de lotissement et formuler les recommandations appropriées au Conseil;

3° étudier les demandes de dérogation mineure et formuler des recommandations au Conseil;

4° étudier toute demande relative aux plans d’aménagement d’ensemble (P.A.E.) et aux plans d’implantation et d’intégration architecturale (P.I.I.A), formuler des recommandations concernant leur approbation et suggérer des modifications, s’il y a lieu ;


ARTICLE 13 COMPOSITION DU COMITÉ

Le Comité est composé de 7 membres, soit :

1° 1 membre du Conseil;

2° 6 personnes résidant sur le territoire de la Municipalité de Wentworth-Nord et qui ne sont pas membres du Conseil municipal.

De plus, le maire et le directeur général sont membres d’office, mais sans droit de vote et peuvent assister aux réunions, s’il le désire.

ARTICLE 14 RECRUTEMENT DES MEMBRES RÉSIDANTS

Le recrutement des membres résidants se fera par appel au public, soit par le journal municipal ou autrement, et ce à chaque fois qu’un mandat vient à terme.

Les critères de sélection des membres du Comité consultatifs d’urbanisme sont :

- Disponibilité et intérêt pour les questions d’urbanisme;
- Impartialité;
- Absence de conflit d’intérêt ou d’apparence de conflit d’intérêt avec les sujets abordés lors des séances du Comité;
- Favoriser la représentativité des trois secteurs du territoire (St-Michel, Monfort, Laurel);
- À candidatures équivalentes, favoriser l’accession des femmes au Comité;

ARTICLE 15 NOMINATION

Les membres du Comité sont nommés par résolution du Conseil municipal.

ARTICLE 16 CODE D’ÉTHIQUE ET DE DÉOTOLOGIE

Les membres résidant sont assujettis au Code d’éthique et de déontologie annexé au présent règlement à l’ANNEXE I, lequel ils sont tenus de signer avant la première réunion à laquelle ils doivent assister.

Le non-respect du Code d’éthique et de déontologie peut entraîner une révocation du mandat du membre fautif par le Conseil.

ARTICLE 17 DURÉE DU MANDAT

La durée du mandat des membres résidants nommés en vertu du présent règlement est de 24 mois.

Ce délai court à partir de la date indiquée dans la résolution du Conseil nommant la personne comme membre du Comité ou, à défaut, de la date d’adoption de cette résolution.

Lorsqu’il prend fin, le mandat des membres résidents nommés en vertu du présent règlement peut être renouvelé, par résolution, pour une durée de 24 mois.

Le mandat d’un conseiller municipal nommé en vertu du présent règlement prend fin dès qu’il cesse d’être membre du Conseil ou lorsqu’il est remplacé par le Conseil.

Le Conseil peut, en tout temps, révoquer le mandat d’un membre et lui trouver un substitut dans le but de terminer le mandat.

ARTICLE 18 SIÈGE VACANT

Le Conseil municipal doit, par résolution, combler tout siège vacant au sein du Comité suivant le départ ou la démission d’un membre. Dans ce cas, la durée du mandat du nouveau membre est égale à la période inexpirée du mandat du membre remplacé.

ARTICLE 19 PRÉSIDENT ET VICE-PRÉSIDENT DU COMITÉ

Le président et le vice-président du Comité sont désignés parmi les membres résidants et sont élus par l’ensemble des membres du Comité, incluant le représentant du Conseil, et ce nonobstant l’article 31.

Le mandat du président et du vice-président est d’une durée de 12 mois.

Le président et le vice-président ne peuvent se représenter à l’un de ces deux postes à la fin de leur mandat. Ils doivent laisser passer au moins un mandat avant de resoumettre leur candidature.

ARTICLE 20 ABSENCES

Lorsqu’un membre du Comité est absent, sans motifs valables à 3 séances régulières consécutives, cela constitue un motif de destitution par le Conseil municipal.

SECTION II PERSONNES RESSOURCES

ARTICLE 21 SECRÉTAIRE

Le poste de secrétaire d’assemblée est assumé par le directeur du service de l’urbanisme ou un représentant autorisé par celui-ci ou par la direction générale.

Le secrétaire d’assemblée n’a pas droit de vote.

ARTICLE 22 RÔLE DU SECRÉTAIRE

Le secrétaire procède à l'envoi de l’ordre du jour, des avis de convocation, rédige les procès-verbaux, achemine au Conseil les recommandations du Comité, fait apposer, lorsque requis, les signatures appropriées sur un document du Comité et sur le livre des délibérations et assure la garde du livre des délibérations du Comité qu’il doit déposer aux archives de la Municipalité.

De plus, le secrétaire soumet mensuellement au Conseil un rapport quantitatif des permis de construction émis.

ARTICLE 23 abrogé


ARTICLE 24 DÉSIGNATION D’UNE PERSONNE RESSOURCE

Peuvent assister aux réunions du Comité et participer à ses travaux, mais sans droit de vote, toutes personnes ressources désignées par résolution du Conseil ou invitée par le Comité.

SECTION III RÉGIE DU COMITÉ

ARTICLE 25 QUORUM

Le Comité a quorum lorsqu’au moins 4 membres sont présents.

ARTICLE 26 RÉMUNÉRATION

Les membres du Comité fournissent leurs services gratuitement. Cependant, le Conseil pourra, par résolution, leur attribuer une allocation sous la forme d’un jeton de présence dont la valeur est déterminée par le Conseil.

ARTICLE 27 PROTECTION JURIDIQUE

Advenant une poursuite intentée contre le Comité consultatif d’urbanisme ou un de ses membres, tous les frais encourus pour la défense dudit Comité ou de l’un de ses membres sont assumés par la Municipalité de Wentworth-Nord.

ARTICLE 28 SÉANCE

Le Comité siège en séance selon les besoins, au jour qu'il fixe par résolution, sur ordre du président ou, en son absence, du vice-président.

Le Comité siège en séance au jour et à l’heure fixée par résolution du Conseil.

Le Comité peut faire relâche au besoin, mais cette relâche ne doit pas être pour plus d’une séance consécutive.

Le secrétaire peut convoquer les membres du comité à une séance spéciale du Comité lorsque nécessaire.

Lorsqu’une assemblée spéciale est requise en sus des réunions régulières, un avis de convocation est transmis aux membres au moins cinq (5) jours à l’avance.

ARTICLE 29 HUIS CLOS

Les séances du Comité ont lieu à huis clos. Le Comité peut toutefois inviter un requérant ou son mandataire à présenter un projet ou une demande.

Dans ces cas, les membres du CCU se limiteront aux questions d’information en présence des principaux intéressés. Toute délibération se fera suite au départ du requérant.


ARTICLE 30 CONVOCATION PAR LE CONSEIL MUNICIPAL

En plus des réunions prévues et convoquées par le Comité, le Conseil municipal peut aussi convoquer les membres du Comité en donnant préalablement un avis écrit, avec un délai de 3 à 5 jours, par courrier ordinaire. Ce délai peut être réduit à 2 jours si l'avis est signifié à domicile ou au travail. L'avis doit comprendre les sujets sur lesquels le Conseil municipal demande un avis et tout document pertinent.

ARTICLE 31 VOTES

Chaque membre résident possède un vote.

Le membre représentant le Conseil n’a pas le droit de vote.

Le président, ou le vice-président en son absence, a le droit de voter aux assemblées, mais n'est pas tenu de le faire. Il est toutefois tenu de voter en cas d'égalité des voix.


ARTICLE 32 DÉCISIONS

Toutes les décisions du Comité sont prises à la majorité des voix des membres présents.

ARTICLE 33 DÉCISIONS JUSTIFIÉES

La recommandation par laquelle le Comité se prononce favorablement ou défavorablement à l’égard d’une demande de dérogation mineure, d’une demande d’usage conditionnel, d’une demande d’approbation d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale ou d’une demande d’approbation d’un plan d’aménagement d’ensemble doit fournir les motifs appuyant la décision du Comité.

ARTICLE 34 INTÉRÊT PERSONNEL

Un membre du Comité ne peut prendre part à une délibération dans laquelle il a un intérêt personnel. Il doit quitter le lieu de la réunion jusqu’à ce que le Comité ait statué sur le dossier ou la question en cause.

Le secrétaire du Comité doit inscrire la déclaration d’intérêt au procès-verbal de la réunion et indiquer que le membre concerné a quitté le lieu de la réunion pour toute la durée des discussions sur le dossier ou la question en cause.

ARTICLE 35 PROCÈS-VERBAUX

Une copie des procès-verbaux adoptés par le Comité doivent être transmis au greffier de la Municipalité pour faire partie des archives de la Municipalité.

ARTICLE 36 ENTRÉE EN VIGUEUR

Le présent règlement entre en vigueur conformément aux dispositions de la Loi.








André Genest Sophie Bélanger
Maire Directrice générale
et secrétaire-trésorière


Avis de motion donné le :
Adoption du projet de règlement le :
Avis d’entrée en vigueur :











ANNEXE I

CODE D’ÉTHIQUE ET DE DÉONTOLOGIE DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME

CHAPITRE I DISPOSITIONS GÉNÉRALES

1.1 DÉFINITIONS

Dans le présent code, les termes suivants signifient :

Comité : Comité consultatif d’urbanisme, tel que constitué par le règlement municipal;

Membre : un membre du Comité, qu’il soit membre du conseil municipal ou membre résident;

1.2 VALEURS

Le comité souscrit à des valeurs qui misent sur le respect, l’honnêteté, l’intégrité, l’objectivité, l’impartialité et la saine gestion dans une perspective d’intérêt public pour l’exercice des fonctions de ses membres.

1.3 PORTÉE CONCURRENTE

Le présent code n’a pas pour effet de soustraire un membre de l’obéissance à toute loi ou règlement qui le concerne personnellement ou en sa qualité officielle.

CHAPITRE II DÉONTOLOGIE

SECTION I DEVOIRS ENVERS LA MUNICIPALITÉ ET LA POPULATION
2.1 INTÉRÊT PUBLIC

Le membre du Comité exécute ses fonctions dans l’intérêt public et prend toutes les mesures nécessaires pour faire valoir cet intérêt public.

2.2 RESPECT DES LOIS ET RÉGLEMENTS

Le membre assume fidèlement ses fonctions en conformité avec les législations applicables, incluant la réglementation en vigueur dans la municipalité.

2.3 INTÉGRITÉ

Le membre s’acquitte de ses fonctions et de ses responsabilités avec intégrité, dignité et impartialité.

2.4 CONFLIT D’INTÉRÊTS

Le membre s’abstient de toute activité incompatible avec ses fonctions, évite tout conflit d’intérêts et prévient toute situation susceptible de mettre en doute son objectivité ou son impartialité.



2.5 CHARGE ET CONTRAT

Le membre s’abstient de solliciter ou de détenir pour lui-même, pour un proche ou pour une personne morale dans laquelle il possède un intérêt substantiel, une charge ou un contrat avec la municipalité en rapport avec ses tâches au sein du Comité ou avec les informations privilégiées auxquelles il a accès.


SECTION II DEVOIRS ENVERS LE COMITÉ ET LE CONSEIL

3.1 RÉPUTATION DU COMITÉ

Le membre contribue au maintien et à la défense de la bonne réputation du Comité et du Conseil municipal.

3.2 COLLABORATION

Le membre fait preuve de disponibilité et de diligence raisonnable et il assure sa collaboration à la réalisation des mandats confiés au Comité.

3.3 RESPECT DES MEMBRES

Le membre fait preuve de respect et de courtoisie dans ses relations avec les autres personnes.

3.4 RESPECT DE LA PROCÉDURE

Le membre observe les règles légales et administratives gouvernant le processus de prise de décisions.

3.5 EXAMEN DE DOSSIER

Le membre refuse de prendre connaissance d’un dossier et de participer aux discussions avec les autres membres dans un dossier lorsqu’il existe un motif justifiant son abstention, notamment un conflit d’intérêts.

3.6 DIVULAGATION DE CONFLIT D’INTÉRETS

Le membre doit, dès qu’il constate qu’il est dans une situation de conflit d’intérêts, en aviser le président du Comité, ou le vice-président en son absence.


CHAPITRE III ACTES DÉROGATOIRES

Sont dérogatoire à la dignité d’un membre les actes suivants :

Détournement : l’utilisation ou l’emploi, pour des fins autres que celles autorisées, de deniers, valeurs ou biens confiés au Comité ou à un membre dans l’exercice de ses fonctions;

Confidentialité : le fait de divulguer ou de commenter toute information ou document en provenance du Comité, à moins que cette information ou ce document ait été rendu public par l’autorité compétente;

Acte illégal : le fait, dans l’exercice de ses fonctions de membre de commettre ou de participer à la commission d’un acte illégal ou frauduleux;

Favoritisme : le fait de défavoriser ou de favoriser indûment un projet ou une demande autrement qu’en raison de ses avantages, inconvénients ou impacts sur la municipalité;

Conflit d’intérêts : le fait de participer à l’examen d’un dossier dans lequel il sait être en conflit d’intérêts.


ANNEXE AU CODE D’ÉTHIQUE ET DE DÉONTOLOGIE DU COMITÉ CONSULTATIF D’URBANISME

ENGAGEMENT SOLENNEL

Je, _____________________________, désigné (e) par le conseil municipal, pour être membre du Comité consultatif d’urbanisme, affirme solennellement que j’ai pris connaissance du code d’éthique et de déontologie du Comité consultatif d’urbanisme et je m’engage à faire preuve de discrétion et à respecter fidèlement ses dispositions dans le meilleur intérêt de la municipalité.

Signé ce ___________________________

___________________________________________________________
Signature

Dernière consultation sur le Plan d'urbanisme

Cette dernière assemblée de consultation avant l’adoption du Plan, le 2 octobre prochain, porta essentiellement sur les réponses données aux «demandes de modifications aux projets de règlements d’urbanisme». (Se référer aux document qui présentent ces 32 demandes et les réponses apportées: Dernières modifications)

Le directeur des services d’urbanisme de la municipalité, M. Emmanuel Farmer, allait expliquer plus en détails les motifs de l’acceptation ou du rejet de chaque demande. Il compléterait aussi les réponses laissées ouvertes sur le document ou les décisions à venir.  Le directeur inviterait également les personnes de l’audience à poser toute question au fur et à mesure de sa présentation, si elles le désiraient.

La demande (2) de ne pas faire perdre, comme proposé dans la révision du Plan, un droit acquis après 6 mois pour location de chalet à court terme fut ainsi acceptée. L’article 423 du zonage fut donc modifié et la «fermeture saisonnière ne serait cependant pas considérée conne une cessation ou un abandon (jurisprudence)».

Certaines demandes ne trouvaient aucune application et il n’y avait donc rien à changer.

D’autres demandes ne tombaient pas sous la juridiction des autorités municipales, telle celle de permettre sur certains lacs d’interdire les accès communs (5,6 et 7), comme au lac Notre-Dame. «Le littoral appartient au gouvernement du Québec. L’eau est une ressource commune. La navigation (incluant les accès aux voies navigables) est de compétence fédérale.» M. Farmer rappela d’ailleurs le cas d’annulation d’une telle interdiction par la municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard.

Enfin, des demandes furent rejetées, comme celle (4) de réduire la pente maximale pour une construction, qui est actuellement à 30°, car «cette norme est assez restrictive et raisonnable».

On apprenait de la bouche du directeur, au cours de la session, que le projet du promoteur Napée au lac Pelletier était toujours sur la table. Une intervenante, convaincue que la Municipalité faisait fausse route, clamait qu’il ne fallait pas de critères savants pour comprendre que plus de cent habitations autour d’un (petit) lac en affecterait l’environnement. 

Par ailleurs, M. Farmer, en réponse à notre question, nous apprit que la date de la signature du registre statuant sur la tenue d’un référendum ultérieur sur l’adoption du règlement d’urbanisme, n’était pas encore fixée. La clause d’une période maximum de 45 jours devait cependant s’appliquer. La demande de référendum portera sur l’ensemble du projet, c’est-à-dire du Plan, précisera le Maire Genest lors de la séance du Conseil qui suivra.

Note : Nos observations sur ces points de la séance de consultation ne sont que le reflet de notre compréhension. Le lecteur devra se référer aux autorités municipales pour toute interprétation et avant toute utilisation.

 Carl Chapdelaine

Le plan d'urbanisme de Wentworth-Nord

                                                                                                                             (Observations)

Le règlement de révision du plan d’urbanisme de la Municipalité est à un jet de pierre d’être adopté. Il nous apparaît que son élaboration ait demandé une somme importante de travail, doublé d’un effort de vulgarisation et d’un processus de consultation.  Ces étapes, telles que nous venons de les vivre à Wentworth-Nord, sont prescrites par la loi qui régit ce service administratif municipal particulier. «C’est la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU) qui établit les bases en matière d’information et de consultation publique permettant d’associer les citoyens à la prise de décision et à la gestion de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme.»*  

Mais cette éventuelle adoption du règlement et de la réglementation attenante (zonage, lotissement, permis de construction, etc.) le 2 octobre prochain, à la condition que la population ne s’y objecte pas par référendum ultérieur comprenons-nous, fait aussi maintenant objet de la présente campagne électorale. L’adoption du règlement le 2 octobre, suite à l’adoption antérieure des projets dudit règlement; puis la possibilité de la tenue ultérieure d’un référendum pour valider ou non cette adoption, nous semble conforme au processus normal voulu par la loi. 


«Le plan d’urbanisme constitue le document officiel le plus important de la municipalité en matière de planification de l’aménagement de son territoire. Il contient les politiques d’urbanisme arrêtées par le conseil municipal qui guideront sa prise de décision dans le futur.»* Voilà en quels termes le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire définit son utilité. La MRC a également un droit de regard sur ce plan qui devrait cadrer dans son propre schéma de développement. Ainsi, la municipalité est partie prenante aux grandes orientations d’aménagement du territoire de la MRC, telle sa politique de protection et d’accès aux sentiers, «issue d’une démarche qui visait à garantir un accès public aux espaces naturels et récréatifs à tous les résidents de son territoire». 


Nous voyons un tel exercice et un tel document comme étant un peu sur le modèle du budget que tout ménage devrait élaborer et suivre, ne serait-ce qu’intuitivement. Sans un tel plan, comme sans budget familial, les décisions administratives concernant le développement du territoire de la municipalité risquent de n’être pas toujours appropriées, soit à la situation réelle, soit au budget de cette dernière. Pour autant que les élus adoptent un tel plan et s’engagent à le respecter dans leurs décisions administratives, il nous apparaît donc que la municipalité ne pourra que mieux s’en porter et que ses citoyens n’en verront que mieux ce vers quoi on les dirige.


On a bien pu sentir, par exemple et lors des exercices récents de consultation sur ce projet de révision à Montfort, que le développement de projets résidentiels, récréotouristiques, commerciaux, etc., confrontés aux désirs des résidents, à ceux des promoteurs, à ceux des environnementalistes, à la diversité des secteurs d‘habitation et autres intérêts, parfois extérieurs; ou mis en parallèle avec la réalité financière de la municipalité, interrogeait les résidents. Ceux-ci pouvaient, par ailleurs, ne plus être en mesure de saisir toutes les implications en découlant.


Parmi ces implications, le coût des multiples objectifs identifiés dans le plan et leur traduction en une myriade d’actions ne nous semble nulle part indiqué. Comment pourront donc s’orienter les élus sans cette donnée? Ne faudra-t-il pas, dans une nouvelle étape, voir quelles pointes de la maigre tarte du budget y seront consacrées? Nous pouvons ainsi applaudir à l’objectif de «respecter la capacité de support des lacs»; mais pour définir cette capacité de support, ne faudra-t-il pas d’abord pouvoir compter sur le travail des associations de protection de lac; puis trouver le bon protocole d’analyse et financer des études très élaborées? Le document du MAMOT indique : «…il faut s’assurer que le plan soit axé sur la mise en œuvre de solutions pratiques, qu’il prenne en considération la réalité financière et les moyens de gestion locaux et qu’il soit accompagné de documents qui faciliteront son actualisation (p. ex., fiches projets, monitoring). … Arrimé à la gestion financière, le plan permet de s’ajuster rapidement si un projet ne peut se réaliser ou si de nouvelles priorités surgissent.»*


Obtenir, par référendum, le report de l’adoption du projet de révision et de la réglementation attenante après les élections municipales du 5 novembre pour permettre, selon l’argumentation soutenue par un groupe d’opposants à l’administration actuelle, une analyse plus approfondie par la population de ses multiples facettes, est-elle alors la voie à suivre?

Pour ceux qui veulent un changement notable de politique dans l’administration de la municipalité sous l’angle de son développement et de son aménagement du territoire, voire même l’élection de porte-paroles prônant une telle approche, la réponse est évidente. Mais pour cela, il faudra une très forte mobilisation dans la population. De plus, comme le week-end de l’Action de Grâce (9 oct.) et donc le départ de la plupart des villégiateurs saisonniers suit immédiatement l’adoption du règlement, il est peu probable que le nombre minimum (370? **) de signataires du registre nécessaire pour forcer la tenue du référendum soit atteint…  Un tel référendum ne pourrait avoir lieu avant les élections municipales.  Pour ceux qui croient plutôt que la démarche de l’administration sortante est probablement fondée et suffisamment rigoureuse; que cette dernière a donné suite adéquate à la consultation; le choix sera différent. 

Quels sont par ailleurs les risques du rejet de l’adoption prochaine de la révision du plan et des règlements attenants? Il ne devrait pas, à notre avis, y avoir de nouvelle consultation digne de ce nom auprès de l’ensemble des résidents et villégiateurs avant la prochaine saison estivale; ce serait ignorer l’opinion d’une partie de la population concernée. Le plan devrait alors être préalablement revu, sous l’œil d’un conseil municipal remanié. Puis il y aurait donc théoriquement cette nouvelle série de consultations et de modifications. Cela causerait donc un sérieux retard à l’adoption d’un plan d’urbanisme à jour et aurait aussi un prix.


Note : Les opinions exprimées ici ne sont nullement celles d’un expert en urbanisme ou d’un maître à penser; le lecteur devra questionner qui de droit. La séance de consultation ultime du 29 septembre, à Laurel, vaudrait peut-être alors le déplacement.

Carl Chapdelaine


*L'utilité du plan d'urbanisme

**Pour une municipalité de la taille de W-N : PHV/10 + 10,5  (PHV = personnes habiles à voter).

Consultation sur le Plan, compte-rendu

Compte-rendu de la consultation sur la révision du Plan d’urbanisme

Assemblée publique du 2 septembre au Pavillon Montfort, présidée par le Maire André Genest. Présentation par M. Emmanuel Farmer, Directeur du service de l’urbanisme.


Note :
- Contrairement à ce qui semblait être prévu, l’assemblée se déroulera sans interruption jusqu’en début d’après-midi. Il n’y eut pas formation de groupes de discussion, comme à l’assemblée de janvier dernier, mais simplement une période de questions.
- À main levée, une grande majorité de la foule qui remplit totalement la salle du Pavillon indique être du secteur de Montfort; une délégation du secteur de Laurel et quelques participants de celui de Saint-Michel complètent l’auditoire.
- Des cartes sur le zonage proposé des différents secteurs de la Municipalité sont affichées sur les murs. Chaque couleur représente un type d’affectation de zone.
- Une feuille, «Présentation et résumé des modifications à la réglementation d’urbanisme», ainsi qu’un tableau-synthèse des grandes orientations d’aménagement du territoire, avec leur application pour chacun des trois secteurs de la Municipalité sont placés pour distribution à l’entrée du Pavillon.
- L’essentiel de la présentation s’appuiera sur un Power Point préparé par le service d’urbanisme.
- L’auditoire aura le loisir de poser quelques demandes de précision tout au long de la présentation. La Période de questions permettra par la suite l’expression plus générale des questions, préoccupations ou commentaires des résidents, ainsi que des réponses apportées par le Directeur et le Maire.


Un résident demandera pourquoi cette révision doit être adoptée avant les élections municipales. M. le maire répondra qu’il faudrait, entre autres, repartir de loin si l’on attendait la constitution du nouveau Conseil municipal.


M. Farmer
- Salue la contribution des membres du Comité consultatif d’urbanisme (CCU).
- Il s’agit d’un travail l’un an et demi, avec consultations publiques en 2016 et en janvier 2017. Nous en sommes donc à la troisième et dernière étape avant l’adoption.
- Les résidents auront encore l’occasion de dire leur mot le 29 septembre et le Plan révisé sera adopté à la séance régulière du Conseil, tenue le 2 octobre prochain en ce même Pavillon de Montfort.
- Un référendum (ultérieur?) sur l’adoption globale(?) du Plan et des règlements inhérents, lors de la séance du 2 octobre, aura lieu uniquement si 370 résidents (villégiateurs compris), à l’échelle de la Municipalité, apposent leur signature à cet effet dans le registre.
- Il précisera qu’il est là pour présenter les propositions, répondre aux questions et noter les commentaires, suggestions ou opinions; mais non pour en débattre.


Vision d’aménagement
- Cf. le RÉVISION DU PLAN D’URBANISME ET DE LA RÉGLEMENTATION D’URBANISME


Grandes orientations
- M. Farmer donne un tableau des grandes orientations d’aménagement du territoire.


Résumé des modifications au règlement de zonage
- Une part de la présentation et des demandes de précision portera sur la revue de ce résumé, point par point. Résumé des modifications au règlement de zonage
- Le directeur du service de l’urbanisme soulignera la volonté de réorganisation complète de la réglementation, avec comme buts, entre autres, une réduction considérable des articles et une meilleure adaptation aux réalités du territoire.
- Une question portera sur l’autorisation de développement du côté du lac Thurs(t)on, alors que la consécration en parcs de la plupart des terrains municipaux autour du bassin Newaygo du lac Saint-François-Xavier aura été maintes fois soulignée dans la présentation.


Période de questions
- Il y aura de multiples questions en rapport avec l’un ou l’autre point abordé dans la présentation.
- Des modifications de la réglementation relativement à la location de chalets feront l’objet de plusieurs échanges.
- L’exemple de la consultation sur le projet de développement au Lac Pelletier sera parmi les sujets abordés.

- Face à la modification de certains articles de la réglementation, la question des droits acquis suscita quelques interventions.
- Des remarques sur la constitution du CCU(?), où siègent des entrepreneurs, soulèveront aussi des réactions dans la salle.

- Relevant que la question du développement récréotouristique était sous-jacente à certains articles du Plan, le soussigné a proposé l’idée de développer un statut spécial pour un cours d’eau comme le lac Saint-François-Xavier ou plus globalement pour un secteur tel celui de Montfort/Newaygo. Un tel statut, comme à l’exemple (boiteux) des «pourvoiries avec droits exclusifs» ou des zecs du Québec, régirait certaines activités récréotouristiques au lac (quotas d’embarcations, vitesse des vélos, etc.) et, par conséquent, leur promotion auprès de la clientèle extérieure. Cette avenue lui semblait préférable à la confrontation entre une promotion libre de ces activités de la part des autorités régionales et son rejet par nombre de résidents locaux.
Mais le Directeur du service de l'urbanisme, tout en soulignant, en aparté, que le projet de révision du Plan proposait justement une réponse à ce dilemme, ne voyait pas comment il pourrait élaborer un tel statut.
Pour sa part, le maire Genest rappelait que, au point de départ, les résidents du secteur de Montfort pouvaient se plaindre de l’insuffisance des ressources récréatives, mais que l’opinion semblait s’être retournée devant le développement récent de ces ressources. Il soulignait, en se basant sur des statistiques applicables à l’ensemble de la région, que les équipements actuels devaient majoritairement y être utilisés et appréciés par les résidents eux-mêmes.

- Enfin, mentionnons une demande, présentée par le porte-parole du Groupe de travail conjoint – secteur Montfort qui s’est donné pour mission de garder à l’œil l’élaboration ainsi que l’application du plan d’urbanisme. La requête, reprise par plusieurs intervenants, possiblement en concertation, prônait le report de l’adoption du Plan d’urbanisme révisé après l’élection d’un nouveau conseil municipal. Le motif invoqué était de pouvoir donner plus de temps aux citoyens d’en apprécier les modalités avant de se prononcer. Cette proposition a obtenu un appui manifeste de l’assemblée.


Note : Le lecteur est prié de se reporter aux documents officiels disponibles et à venir, ou à d’autres rapporteurs, pour avoir l’heure juste sur cette assemblée de consultation; le soussigné n’ayant pu tout noter ou même saisir de nombreuses interventions.


Carl Chapdelaine

Le plan d’urbanisme municipal

Dernière chance de donner votre avis!
Aucun Possibilité d'obtenir un référendum à l'échelle de la Municipalité et sur le plan d'ensemble uniquement; 370 signatures requises ne sera autorisé!
Parlez maintenant; ne manquez pas cette réunion!
(2 septembre 2017, Pavillon de Montfort).


Le samedi de la fin de semaine de la Fête du travail, une assemblée publique de consultation à l’échelle de la Municipalité aura lieu toute la journée au Pavillon de Montfort. Le village a été choisi parce que les consultations antérieures sur une version préliminaire du plan y ont attiré le plus grand nombre de résidents.


De telles séances de consultation devraient tous vous intéresser. Le Projet de révision du plan d’urbanisme pourrait contribuer à déterminer l’évolution de votre milieu à moyen et à plus long terme. Visiblement, les souhaits exprimés par les résidents ayant participé aux premières consultations de juillet 2016 ont été retenus dans les modifications ou ajustements maintenant proposés par l’équipe du directeur du service d’urbanisme, M. E. Farmer. Par ailleurs, un Conseil passablement renouvelé siégera bientôt à l’hôtel de ville, et le plan d’urbanisme pourrait bien être un enjeu important de la présente campagne électorale. Ce Conseil décidera en effet du sort et de l’application éventuelle du règlement. Vous avez donc cette année une double occasion de faire valoir votre idée sur l’évolution de votre milieu et vous êtes peut-être le mieux placé pour la faire connaitre aux futures autorités municipales.


On nous annonce une séance qui s’étalera sur l’avant et l’après-midi; la matinée se prêtera à la présentation du plan qui comportera, forcément, quelques explications techniques d’application. Vous en apprendrez peut-être beaucoup sur les enjeux de ce projet de réorientation importante et longuement préparé d’urbanisme à Wentworth-Nord; un plan assurément essentiel à l’administration planifiée de la municipalité. L’après-midi vous permettra de poser vos questions, d’émettre vos opinions et de suivre le débat. Si la formule employée le 14 janvier dernier refait son apparition, des groupes de discussions seront alors formés et se choisiront éventuellement chacun un porte-parole pour énoncer les idées dont le groupe aura discuté, ainsi que leur conclusions et leurs recommandations s’il y a lieu. Rapport sur la consultation du 14 janvier 2017

Quels sont plus précisément les enjeux de cette opération d’urbanisme? Consultez déjà le résumé du Plan. La vision d’aménagement énoncée s’articule naturellement sur la croissance de la municipalité, avec un développement résidentiel et économique indispensable à l’augmentation des services requis. Ce développement doit cependant tenir compte du maintien de la qualité de l’environnement et éviter «la multiplication et la sous-utilisation des infrastructures».


Cette vision se reflète dans les «grandes orientations proposées» et différenciées selon les trois secteurs de la municipalité. Cependant l’avenue du développement d’un «secteur villageois» avec services commerciaux et connexes, en plus des activités récréotouristiques par exemple, plus acceptable aux résidents de Laurel qu’à ceux de Montfort, ne correspond pas à l’accessibilité géographique respective de ces deux villages. Concrètement, dans le plan, ces orientations doivent s’inscrire dans les affectations du sol à être déterminées par le zonage. Elles seront de même mises en application par les règlements d’urbanisme proposés.


Vous pourriez déjà avoir une présentation détaillée et bien faite de la municipalité de Wentworth-Nord, sous ses aspects historiques, sa géographie, sa démographie, etc., en consultant le document de travail du Projet de révision du plan d’urbanisme tel qu’indiqué au deuxième paragraphe ci-haut. Vous êtes par ailleurs invité «à soumettre vos commentaires et vos questions par courriel dès maintenant au directeur du service de l’urbanisme à : urbanisme@wentworth-nord.ca». Des réponses bien ciblées pourraient alors vous être présentées lors de l’assemblée du 2 septembre.


Carl Chapdelaine

Table de concertation locale?

Une telle table, à laquelle seraient assis la municipalité d’une part et les résidents ou leurs porte-paroles d’autre part, aurait pu exister au lac Saint-François-Xavier. Impensable jadis, la démocratisation de l’administration municipale fait de plus en plus tendance au Québec; mais l’on imagine qu’elle puisse parallèlement devenir très contraignante pour les autorités. Le processus, passant de l’information à la consultation puis à la concertation, s’échelonne aussi entre une opération limitée à des groupes du milieu, jusqu’à celle impliquant le simple résident. Elle peut porter sur un ou plusieurs domaines; que l’on pense à l’aménagement du territoire, au tourisme, aux loisirs, etc. La concertation implique que les partis cherchent à se mettre d’accord sur les enjeux et les actions envisagées. Elle respecte l’autorité administrative; mais cette dernière doit, en retour, tenir compte des interventions du milieu.
 
En fait, le Comité sur les Terrains orphelins jadis semblait être l’élément précurseur d’une telle table de concertation. M. Serge Larochelle, alors directeur du service d’urbanisme, en était le secrétaire, et il était présidé par M. André Soucy, devenu conseiller municipal du district après avoir été président de l’ALSFX. Il regroupait des porte-parole d’organismes et d’entrepreneurs du milieu tout en assurant à tous les conseillers municipaux d’y être membre d’office. Mais ce comité était plutôt à l’image de celui des comités consultatifs actuels de la municipalité, encadrés par des mandats bien définis et parfois plus près des préoccupations municipales que des enjeux mis de l’avant par la collectivité. Il permettait toutefois à ses membres issus du milieu d’avoir un accès privilégié à de l’information pertinente sur les sujets abordés.  Une table de concertation autonome et vouée à une cause en particulier, à l’exemple de celle sur les arts et la culture à Wentworth-Nord, est également porteuse de réalisations (circuit patrimonial,  micro-bibliothèques et bientôt marché artisan).
Pour s’assurer, au futur, que le lancement de projets comme le chemin Thurs(t)on, le Sentier des Orphelins, la création d'un quai public au pied du Pavillon, la promotion du tourisme et du loisir récréatif régional à Montfort-Newaygo par la municipalité et la MRC, etc., ne soit pas en contradiction avec les attentes de la collectivité, un mécanisme de concertation avec les résidents tel que celui instauré sur l’application du plan d’urbanisme, ne serait-il pas bienvenu?
 
Les membres de cette table ne seraient pas systématiquement tenus au secret et les résidents auraient, par quelque moyen, accès à leurs délibérations. On supposerait donc une participation ouverte et représentative des résidents et organismes existants du secteur aux côtés des représentants municipaux. La municipalité aurait toutefois la charge de fournir l’appui administratif et logistique à une telle table de concertation. Le Comité environnemental des Associations de lacs/Municipalité, jadis présidé par Mme Julie Brown et repris par l’actuelle directrice du Service de l’environnement sous forme de réunions tenues deux fois par année, se rapprocherait de ce projet. L’initiative de la création d’un groupe local de surveillance de l’élaboration du schéma de développement de la municipalité par son service d’urbanisme, s’inscrit également dans une démarche parallèle.
 
La table pourrait regrouper toutes les collectivités du secteur est de la municipalité ou se limiter à celles de Montfort. La municipalité, la MRC peut-être, et les organisations y seraient membres d’office. On peut imaginer que, pour assurer une participation représentative des résidents, tout groupe formel ou informel formé de quatre ou cinq membres, ainsi qu’un délégué des quelques entrepreneurs locaux, auraient droit d’être représentés à cette table.
Les règles de son fonctionnement demanderaient certes un travail d’élaboration et auraient avantage à être copiées sur quelque modèle déjà existant. Parmi ces règles, l’idée que toute proposition supportée par un pourcentage à déterminer des membres soit mise à l’ordre du jour d’une réunion de la table nous paraît porteuse. La date des réunions de la table devrait probablement être fixée comme l’est celle des séances municipales, et la fréquence de ces réunions pré-évaluée en fonction des disponibilités et du nombre de sujets à traiter.
 
Si donc le plan d’urbanisme préparé par la municipalité est soumis à la consultation, pourquoi ne pas privilégier une approche semblable dans d’autres domaines où la collectivité demande à être consultée et où parfois les faux pas des expériences passées semblent justifier leur aspirations? Le tout devant toutefois être formulé de manière à ne pas provoquer la paralysie dans l’action des dirigeants que la population a élus pour voir au bon fonctionnement de la municipalité et de la MRC. La proposition n’est donc pas à être appliquée sans évaluation préalable.
 
La proximité des élections municipales ne serait-elle pas l’occasion appropriée pour demander aux éventuels aspirants aux postes de préfet, maire et conseillers de se prononcer sur un tel projet, ou toute initiative semblable de démocratisation de l’administration?

                                                                                                                                             Carl Chapdelaine

Quoi recycler?

Vous le faisiez déjà bien? Mais regardiez-vous bien dans le fond des bouchons de bouteille pour y relever le code approprié?

Terrains orphelins

La municipalité de Wentworth-Nord a créé le Comité des terrains orphelins dans le but de déterminer la vocation de ces lots abandonnés par leurs propriétaires et qu'elle a récupérés grâce à la loi 212. Le comité est un organisme consultatif. M. André Soucy, qui représentait l'association sur ce comité, y siège maintenant plutôt en tant que conseiller du district et il en est le président.
Au lac Saint-François-Xavier, les «terrains orphelins» qui font ici l'objet de l'attention du comité, sont situés principalement autour de la partie ouest de la section Newaygo du lac, non accessible par route.
Parmi les objectifs sur lesquels se penche le comité, il y a :
-Permettre, s'il y a lieu et si possible, de faire correspondre la superficie des terrains bâtis à «l'espace viable» requis selon les normes d'aujourd'hui.
-Donner un accès par voie terrestre à chacune de ces mêmes propriétés; mais sans que ce dernier ne débouche sur le corridor aérobique. Construction de voies d'accès donc; mais pas nécessairement sur l'emplacement des rues projetées sur l'ancien cadastre.
-Conserver la majeure partie des terrains, non utilisés pour les deux objectifs précédents, en espaces verts.
La disponibilité nouvelle des terrains orphelins serait une occasion unique de procéder au désenclavement des propriétés. Elle pourrait permettre aux résidents de rendre leurs installations d'évacuation des eaux usées conformes à la réglementation. Ces derniers se verraient aussi assurés de l'accès aux services publics et privés dont jouissent déjà les autres résidents.

Face au projet de voies d'accès ou autre, l'ALSFX a-t-elle déjà fait son choix? Elle peut en tout cas rappeler sa mission de voir à la protection du lac Saint-François-Xavier. Mais quelle est l'évaluation du bilan global de ces projets en rapport avec leurs objectifs?

La construction de voies d'accès, de bretelles individuelles de raccordement et d'autant d'aires de stationnement pourrait causer un accroissement ponctuel de la sédimentation destinée au lac ainsi que des effets permanents dans le même sens. La MRC des Pays-d'en-Haut rappelle que la mauvaise gestion de l'érosion causée par ce type de réalisations est l'une des principales causes de l'eutrophisation des lacs au Québec.
Carl Chapdelaine